ALIEN INVASION (异兽觉醒) de Yun Xiang Lin (2020)

ALIEN INVASION

Titre original : Yi Shou Juexing – 异兽觉醒
2020 – Chine
Genre : Fantastique
Durée : 1h27
Réalisation : Yun Xiang Lin
Musique : –
Scénario : Chen Yanhong et Liu Yuan

Avec Zheng Xitong, Wang Yiqi, Shiu Hung Hui, Felix Lok, Lin Yuyan, Wu Fei et Ying Kwan Lok

Synopsis : Le détective privé Xu Siwei accepte une affaire qui semble bien compliquée, puisqu’il doit retrouver le père de Yang lin, disparu depuis 15 ans, avec pour seule indice une photo et un mystérieux chiffre, qui s’avère être des coordonnées. Mais sur place, ils découvrent un laboratoire secret abandonné qui semble avoir réussi à créer un portail vers une autre dimension, vers une horreur cosmique.

Tiens tiens tiens, voir ce que les Chinois sont capables de faire en s’inspirant très fortement de l’œuvre du grand H.P. Lovecraft, voilà qui rend curieux, même si le film est inconnu, n’a aucun avis sur imdb et donc aucune moyenne (au moins il a une page), que les infos sont rares, et qu’il n’est disponible que sur le plateforme de streaming chinoise iqiyl, dont j’ignorais l’existence il y a encore quelques jours. Une plateforme blindée de contenu, et qui, à l’opposé de Netflix, même si encore une fois, aucune sortie en physique, propose son catalogue complètement gratuit à tous, et avec des sous titres anglais pour beaucoup de films, parfois corrects (pour le film qui nous intéresse aujourd’hui), parfois à la ramasse et désynchronisés. Oui, du streaming, gratuit, avec du nouveau contenu toutes les semaines. Il faudra passer à la caisse uniquement si vous voulez du 1080p, sinon, en 720p (ce qui est déjà bien en soit), c’est gratuit. Voilà pour la petite histoire. Maintenant, il faut aussi avouer que la Chine et l’horreur, ce n’est pas trop ça, et que la Chine et les CGI non plus. C’est donc curieux mais craintif que je me suis lancé dans ce film de Yun Xiang Lin. Craintif et un peu déboussolé par ce logo du site planté sur l’image malgré le format 2.35, car oui, pour virer le logo, 1080p, et donc, passage à la caisse. Mais bref. Alien Invasion, malgré son titre sentant bon la série Z, commence bien. Un laboratoire secret, une direction artistique qui fait plutôt le job, une caméra passant d’une personnage à l’autre avec élégance. Ok, on est loin d’avoir une équipe technique incompétente, c’est un bon point. Et là, un passage, un portail vers une autre dimension, un monstre tout gluant et pas trop mal fichu apparaît et bouffe l’intégralité de l’équipe. Une mise en bouche sympathique qui met en confiance, avant que l’intrigue ne passe quelques temps plus tard et nous présente nos deux héros principaux, le détective Xu Siwei (joué par Zheng Xitong) et la jeune Yang Lin (jouée par Wang Yiqi), qui l’embauche pour retrouver son père disparu depuis 15 ans.

Le seul indice, une photo reçue il y a peu, avec derrière un chiffre qu’il faut décoder. Ce qui sera fait en quelques minutes, notre détective ayant de la ressource, et parce que bon, ça dure 1h27 et il faut faire avancer l’intrigue vite vu qu’elle se veut ambitieuse. Nos deux compagnons vont donc se rendre aux coordonnées trouvées avec le code, et trouver le super laboratoire, forcément vide, avec des cadavres partout, et surtout, notre portail dimensionnel qui ne demande qu’à être ouvert. À partir de là, le connaisseur de Lovecraft sera en terrain connu, pour le meilleur, et pour le pire. Car Alien Invasion (quel titre débile en passant) est, attention les yeux, sympathique. Mais totalement imparfait et bancal. En tout cas, le fan de Lovecraft y trouvera nombre d’éléments qu’il aime. Un portail vers une horreur cosmique, des créatures tentaculaires, une horreur qui rend les gens fous, une secte secrète gardant le secret, un docteur un peu fou. Le film respecte l’univers dit Lovecraftien jusqu’à ses personnages, avec forcément un détective avec un fort niveau de déduction. Pareil pour les lieux visités par nos personnages, avec un village reculé plongé dans la brume, un asile où les patients sont fous, ou bien peut-être finalement juste conscients de ce qu’il se passe vraiment, un laboratoire, un rapide passage dans un autre monde. En terme de background, c’est travaillé, et ça fait plaisir. L’univers est intéressant, il y a eu un grand soin visuel apporté au film, si bien que même les rapides passages dans une autre dimension sont même convaincants. D’ailleurs, les CGI, quand il s’agît des décors, ont plutôt de la gueule. Le casting, sans être grandiose, fait également plutôt bien le boulot, et l’ensemble avec sa courte durée se suit très bien. Alors où est-ce que ça coince ? Bon, par où commencer ?

Si le film semble comprendre que pour rendre l’horreur made in Lovecraft intéressante à l’écran, il ne faut pas abuser des apparitions de créatures, il y a néanmoins à redire à ce niveau. Les CGI sur les créatures allant du sympathique (la scène d’ouverture) au risible et jamais convaincant (la créature poursuivant la voiture). Et si l’idée de contaminer et rendre fou les personnages, leur faisant voir des créatures étranges à la place des humains, est louable, le résultat à l’écran, avec des humains portant des pseudos masques d’aliens en caoutchouc, est risible. Encore heureux que ces passages sont rares et souvent courts. Mais ils sont là, ils sont ratés. Fait plus surprenant, notamment sur le final, c’est que si jusque là le métrage montrait un grand respect envers la mythologie, tout à coup, le tout change et on a vraiment l’impression de voir l’univers de Lovecraft transposé en Chine, avec bien entendu ce que cela implique de personnage qui nous sort une arme quelconque et se met à mettre KO une tripotée d’assaillants tout seul. Je dois admettre que ça m’a quelque peu sorti du film. Des petits défauts et faux pas comme ça, le film en a, pleins. Mais pourtant, si l’on aime Lovecraft, ses mystères, ses monstres indescriptibles, on ne peut s’empêcher de trouver un gros capital sympathie au métrage. C’est rythmé, bien filmé, parfois intéressant, ça déborde d’idées et de clin d’œil. Ça ne sait pas toujours quoi en faire, mais c’est généreux, et finalement, sympathique. Et pour du Lovecraft made in China, peut-être que ça tient même du miracle.

Les plus

Belle mise en scène et photographie
Du Lovecraft, partout
De l’horreur cosmique, un culte, des monstres, la folie
Quelques CGI ont de la gueule

Les moins

Mais d’autres CGI sont risibles
Quelques passages ridicules
Des raccourcis scénaristiques parfois énormes

En bref : Alien Invasion, sous son titre international un brin ridicule, est finalement un hommage à Lovecraft plutôt réussi malgré ses gros faux pas et quelques CGI qui piquent les yeux. C’est respectueux du mythe, intéressant, court et plaisant.

2 réflexions sur « ALIEN INVASION (异兽觉醒) de Yun Xiang Lin (2020) »

    1. C’est pour ça que le film m’a immédiatement attiré, et le seul avis non chinois que j’ai trouvé parlait d’un film finalement potable et très éloigné de ce que le titre laisse présager.
      Bon par contre, prendre des captures depuis un navigateur (donc captures écran), devoir les redimensionner et recadrer une par une…. je ferais pas ça tous les jours.
      Lovecraft a encore de beaux jours devant lui, je pense même que ce n’est pas prêt de s’arrêter. Et vu la qualité des récents efforts (pas de réel mauvais film), tant mieux.

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