BE MY SLAVE de Kamei Tôru


BE MY SLAVE

Titre original : Watashi no Dorei ni Narinasai – 私の奴隷になりなさい
2012 – Japon
Genre : Drame Érotique
Réalisation : Kamei Tôru
Musique : Nonaka Yûichi Masa
Scénario : Minato Takehiko d’après le roman de Satami Shû

Avec Dan Mitsu, Mayama Akihiro, Itao Itsuji, Saijyo Misaki, Michie, Nahana, Sugimoto Aya et Kaito Ken

Synopsis : Kana vit seule à Tokyo. Un jeune homme, fraichement arrivé dans la même entreprise, va jeter son dévolu sur elle. Mais il ne sait pas encore qu’autour des courbes de la belle Kana rode un individu bien mystérieux…

Oui, j’arrive après la bataille, mais il était temps que je m’intéresse quelque peu à la carrière de la charmante Dan Mitsu, et donc du premier métrage qui l’aura lancé sur le devant de la scène en 2012, à savoir Be My Slave de Kamei Tôru. Un drame érotique à tendance SM. Que voulez-vous, il en faut pour tous les goûts, même si ce ne sont pas les miens ! Par contre, on peut clairement conseiller le film à l’écrivain de 50 Nuances de Grey, cela la ramènera à la réalité des choses ! Bref, Be My Slave ! Qu’avons nous là ? L’histoire de Kana, une trentenaire jouée donc par Dan Mitsu, employée de bureau tout ce qu’il y a de plus classique, et du petit nouveau qui arrive dans la boite, et qui jette immédiatement son regard, ses envies, son dévolu, tout ce que vous voulez sur la jeune femme. Jeune femme au départ froide et distante, refusant ses avances, jusqu’au jour où il reçoit un sms aussi simple que « couchons ensembles ce soir ». Forcément, notre jeune héros (qui n’a d’ailleurs pas de nom) est surpris, crois d’abord à une blague, mais non, le soir même, voilà qu’ils se retrouvent et que la jeune femme lui offre ce qu’elle a promis, en échange qu’il filme l’intégralement de leurs ébats. Choix étrange, mais notre héros ne se pose pas plus de questions, après tout, il l’a voulait la Kana, et bien il l’a. Sauf qu’il va vite comprendre que le tout est bien plus compliqué que ce que les apparences laissent penser. Kana est en effet l’esclave d’un riche, son Sensei (son prof), et si elle a acceptée enfin de coucher avec lui, c’est parce que son Sensei lui a demandé. Et oui, la vie ce n’est pas toujours bien sympa.

Dans les faits, on pourrait dire que Be My Slave est un simple Pinku, un film érotique donc. Mais attention, pas un Pinku tourné à l’arrache non, là déjà, il y a un vrai réalisateur derrière, qui a un style, des idées, qui sait filmer, et donne de l’ampleur et ses scènes, qui cherche parfois le beau plan même lors des scènes de sexe (nombreuses). Un excellent point donc, qui donne de la personnalité à l’œuvre, et un certain cachet visuel. Les rues de nuit sous la pluie et les néons oranges, les scènes au bureau, filmées froidement, en plans fixes et souvent avec une certaine distance, ces éclairages doux jouant sur les contrastes lors des scènes de sexe, et parfois également un côté beaucoup plus rude lors des scènes filmées par les personnages au caméscope, c’est en tout cas du bon travail. Mais Be My Slave n’est pas qu’un Pinku, c’est avant tout un drame, avec forcément la relation compliquée entre le maître et l’élève, le maître et l’esclave, le maître et la soumise. Mais pas que, puisqu’avec de longues explications mi-parcours (qui auraient pu vite tomber à l’eau mais fonctionnent en fait plutôt bien), on se rend compte que Be My Slave dresse également un portrait plutôt alarmant d’une société Japonaise, celle qui pousse les maris à toujours travailler, à vivre pour le travail et subvenir aux besoins de leurs familles, quitte à, comme le mari de Kana que l’on ne verra qu’en photo dans le métrage, à devoir accepter un poste loin de chez eux et de ne rentrer que le weekend, ou pire, une fois par mois. Ces épouses qui se retrouvent alors dans de grandes maisons, seules, dans un monde silencieux, sans contact, sans amour, sans rien en fait, et qui craque.

On pourra toujours reprocher au métrage de jouer la facilité à ce niveau. Non, se lancer dans une relation SM n’est pas forcément le bon choix pour remettre du piment dans sa vie, mais bon, là n’est pas le débat, et sans ça, pas de film. Surtout que Be My Slave fonctionne vraiment bien sur pas mal d’aspects. Il est très bien filmé, les scènes de sexe sont parfois jolies, et parfois plus dures (ça, ça a du être du tournage relativement complexe et pas forcément agréable pour l’actrice), les acteurs justement sont convaincants, en particulier Dan Mitsu totalement investie et Itao Itsuji dans le rôle du maître, comme souvent dans le bon ton. J’aurais plus de réserves sur Mayama Akihiro, notre jeune héros, un peu terne par moment. Rien de vraiment dommageable, car si Be My Slave commence à priori sur notre héros, sa libido et son nouveau boulot, ne vous y trompez pas, le métrage parle de Kana avant tout. La belle et dénudée Kana. Son budget costume n’a pas du être bien élevé, c’est certain. Non, finalement, ma plus grande déception face à Be My Slave, c’est sa durée, sans doute du au fait que je me suis lancé dans la version Director’s Cut, plus longue de 15 minutes environ. Un poil trop long malgré un bon sujet et une maitrise de la part du réalisateur, c’est ce qui ressort de ma vision. Un très bon voir excellent film sur le sujet malgré tout. Maintenant, plus qu’à me lancer dans le second film du genre de la dame, même s’il paraît que c’est beaucoup moins bon !

Les plus

Très bien filmé
Le casting tient la route
Le texte de fond, intéressant et plutôt pertinent
Dan Mitsu, la définition de l’actrice qui donne de sa personne

Les moins

Un poil trop long dans sa version longue

En bref : Be My Slave, c’est un drame, mais aussi et surtout un Pinku, avec un vrai fond, une actrice plus qu’investie et un réalisateur qui sait ce qu’il veut, ce qui change pas mal de choses. Intéressant, même si pour le coup, un peu trop long dans sa version Director’s Cut de 1h52.

6 commentaires

  1. Un film très intéressant. Mais plutôt qu’à la carrière de Dan Mitsu, je te conseillerais de t’attarder sur celle de Kamei Tôru. ^^

    1. Alors rassurez-vous jeune homme, en fouinant ma collection, j’ai trouvé un autre film du monsieur que j’ai mais point vu encore : HECTOPASCAL (si je ne me goure pas dans le titre…). Dan Mitsu, j’ai malgré tout un autre film de la dame, dans le même style. Mais allant apparemment bien plus loin, du coup pas sûr que ça serve vraiment le propos, on verra bien.
      (et avant qu’on ne se jette sur moi, oui, j’ai vu 38 DAYS hier soir, et oui, ça m’a rassuré sur mes propres compétences de réalisateur haha).

      1. Pour Mitsu, je pense que tu parles de AMAI MUCHI. Le film aurait pu être intéressant mais… j’ai trouvé le propos scabreux, pour ne pas dire nauséabond. J’attends ton avis !
        HECTOPASCAL, j’adore. Vive Kamei Tôru !

      2. Tu sais me donner envie de voir le film toi…. C’est en effet ce film là. Bon je crois qu’à la place, je me referais WHITE LILY de Nakata pour enfin écrire dessus, pas revu alors que j’ai le Blu-Ray français, une honte mon bon monsieur !
        Je prend note, je rajoute HECTOPASCAL dans mes priorités (déjà énormes). Il faut aussi que je continue de voir les HONTO NI ATTA KOWAI HANASHI, vu les « épisodes » de 2014 et 2018, bien aimé, j’en ai d’autres, ça se voit bien vu que les histoires sont courtes.

    1. Je le conseille franchement, à condition bien entendu de savoir dans quoi tu mets les pieds, mais bon, au vu du texte et des captures, je pense que c’est bon 😉 Dans le genre drame érotique, voir clairement Pinku, et à destination des salles (pas du DTV torchés, ça j’y reviendrais dans quelques chroniques…), c’est carré, hyper bien filmé, travaillé. Dés le plan d’ouverture tu sens le réalisateur compétent derrière en fait. Et je découvrais du coup Dan Mitsu avec ce film. Convaincante, elle n’en fait pas trop, elle donne clairement de sa personne, et pour ça, elle a tout mon respect.

      La pochette…. je dois bien être d’accord, alors que je trouve que généralement au Japon ils font des pochettes sublimes (j’ai bien du V-Cinema tout pourris en dvd car les pochettes sont sublimes…. et pas du tout représentatives du produit finit !).

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