ARLINGTON ROAD de Mark Pellington (1999)

ARLINGTON ROAD

Titre original : Arlington Road
1999 – Etats Unis
Genre : Thriller
Durée : 1h57
Réalisation : Mark Pellington
Musique : Angelo Badalamenti
Scénario : Ehren Kruger

Avec Jeff Bridges, Tim Robbins, Joan Cusack, Hope Davis, Robert Gossett, Spencer Treat Clark, Mason Gamble et Stanley Anderson

Synopsis : Arlington Road est une rue tranquille de la banlieue résidentielle de Washington. Très ébranlé par la mort brutale de son épouse survenue dans le cadre de son travail au FBI, Michael Faraday, professeur d’histoire à l’université George Washington et spécialiste du terrorisme international, tente tant bien que mal d’y reconstruire sa vie. Brooke Wolfe, sa nouvelle compagne, l’aide du mieux qu’elle peut à élever son fils de neuf ans, Grant. Un jour, Faraday sauve la vie d’un jeune garçon, Brady Lang, grièvement blessé en jouant avec des feux d’artifice. À la suite de cet événement, il se lie d’amitié avec ses nouveaux voisins, Oliver et Cheryl Lang, des gens charmants, parents de trois jeunes enfants. Cependant, l’expert qui sommeille en lui se réveille quand il découvre qu’Oliver Lang lui a menti sur quelques détails de sa vie. Les Lang sont-ils vraiment les braves gens qu’ils semblent être ?

Aujourd’hui, parlons de ce film aujourd’hui oublié de tous, voir inconnu de tous, à savoir Arlington Road, un film que j’avais acheté au début des années 2000 en DVD, à l’époque où j’achetais les DVD par paquet de 10 à 90 centimes sur Priceminister, aujourd’hui renommé Rakuten. Un film qui sur le papier n’est pas bien original, dont le nom du scénariste fait bien peur, mais dont le casting fait bien envie. Oui, j’aurais bien mis 20 ans avant de le voir, mais qu’importe, aujourd’hui je l’ai vu, et si j’ai décidé de vous en parler, c’est que ça vaut le coup, clairement. Alors, évacuons de suite ce qui fait peur. Moi en tout cas, quand j’ai vu le nom de Ehren Kruger au scénario, j’ai eu peur. Alors oui, le monsieur signait ici son premier scénario pour un film de cinéma, et à ce niveau, chapeau. Mais quand on se penche sur la suite de sa carrière, on a tout de suite plus peur. Arlington Road, écart de conduite. Ah ça, sans doute, puisqu’après, on lui doit Scream 3, Le Cercle 1 et 2, Transformers 2, 3 et 4, Ghost in the Shell, Dumbo et le Top Gun devant sortir cette année. Le jour et la nuit entre des débuts nobles et intéressants et une suite plus commerciale et fainéante. Mais parlons d’Arlington Road donc, qui se veut être un thriller paranoïaque, un duel avant tout entre deux personnages, et donc, deux acteurs. Le premier c’est Jeff Bridges, acteur que j’adore, jouant un professeur dont le cours parle de terrorisme, et qui vit plutôt mal, avec son fils de 9 ans, la mort de sa femme deux ans plus tôt, ancien agent du FBI morte sur le terrain à cause d’une erreur de la part de ses collègues. Un personnage ultra intéressant donc, tiraillé par son passé, qui déborde donc sur son travail, n’arrive plus à gérer sa vie de famille, entre son fils toujours en deuil et renfermé sur lui-même et sa nouvelle copine.

Après un triste évènement qui a lieu dés la scène d’ouverture, à savoir la découverte en pleine rue d’un enfant gravement brûlé à la main, notre super Jeff, Michael donc, fait la connaissance de son voisin, Oliver Lang, joué par Tim Robbins. Un homme bien sous tout rapport, architecte, père de famille, marié, sourire sympathique. Le genre de voisin que l’on retrouve après une dure journée de boulot pour boire une bière dans le jardin. Sauf que Michael, il doute de tout, et il suffit de quelques minuscules détails pour mettre une idée dans sa tête : Olivier n’est pas celui qu’il semble être. Un postulat de base très simple, sur lequel le film va jouer durant toute la première heure voir un peu plus, et qui tient toutes ces promesses. Très bien filmé par Mark Pellington (I Melt With You que j’avais beaucoup aimé), excellemment bien interprété par les acteurs, le scénario pose ses cartes, doucement, et le film intéresse. Michael va petit à petit douter de plus en plus, enquêter sur son voisin, découvrir petit à petit son passé, ses petits mensonges. Mais le film pose une petite question plutôt bien vue. Nous mentons tous, des petits mensonges, parfois pour cacher son passé, protéger nos proches, ou tout simplement pour poursuivre sereinement sa vie, tant on sait que certains événements de notre passé peuvent bloquer notre futur, que ce soit niveau personnel, professionnel, recherche d’emploi, interactions sociales. Autour de Michael forcément, le doute est là, on lui dit qu’il en fait trop, que son passé à lui vient le rendre paranoïaque, que même sa défunte femme ne cautionnerait pas ses actes, ses recherches.

Arlington Road est un film qui joue avant tout sur ses personnages pour poser une tension, un doute, et ça fonctionne. Certains le trouveront sans doute un peu lent pour un concept aussi simple, mais c’est aussi sa simplicité parfaitement huilée qui font de Arlington Road un film passionnant et un film tendu. Maintenant, me voilà place à un dilemme, c’est que le meilleur dans ce métrage, ce sont ces retournements de situations, la tension qui augmente au fur et à mesure, quand finalement les pièces du puzzle s’emboitent, mais en dire un tant soit peu sur tout ça vous gâchera la surprise, et cette surprise, elle est excellente. Ce qui est certain, c’est que Arlington Road est un film osé, un film intéressant, un film traitant parfaitement bien ses personnages, et parlant de sujets qui ne sont pas démodés aujourd’hui. Le deuil, le doute, la paranoïa, ce qui peut se cacher (ou pas) dans la petite banlieue américaine tranquille, le terrorisme avec les nombreux cours et le côté radical de la vision de Michael sur le sujet, sur comment le gouvernement gère la situation. Passionnant, bien fichu, tendu, très bien joué, un thriller paranoïaque et injustement méconnu.

Les plus

Jeff Bridges et Tim Robbins
Un thriller bien fichu qui tient en haleine
Un propos toujours d’actualité
La dernière partie

Les moins

Oui, c’est un thriller lent qui prend son temps

En bref : Arlington Road est une excellente surprise. Assez tendu, bénéficiant d’un bon casting et d’un réalisateur qui ne fait pas d’esbroufe visuelle et laisse son casting d’exprimer, on se prend clairement au jeu et le film parvient même à nous surprendre.

4 réflexions sur « ARLINGTON ROAD de Mark Pellington (1999) »

  1. Tout pareil ! Je l’ai découvert sur le tard (l’an passé je crois) sous l’insistance de ma femme, et j’ai beaucoup aimé. Un film qui a l’air classique mais qui rebat certaines cartes et codes du genre. Et puis super cast… Que du bon !

    1. Comme moi, toujours (ou presque) écouter les femmes de notre entourage, de très bons conseils peuvent se cacher là. Bizarre qu’on soit tous passés à côté à l’époque n’empêche, je veux dire, un thriller, avec un tel casting, ça attire en général.

  2. Super intéressant cet avis (qui par un prompt renfort se voit étayé par celui d’Oli). J’ai bien vu ce titre circuler dans les bacs il y a fort longtemps mais jamais vu.
    Le côté parano, façon « mon voisin le tueur » était très en vogue à cette époque, une manière de faire entrer le danger dans les banlieues résidentielles tranquilles (on a même vu des vampires y déménager durant la décennie précédente). Tim Robbins, Jeff Bridges (et une certaine Joan Cusack, un rapport avec l’acteur de Never Grow Old?), il n’en faut pas plus pour me donner envie !

    1. Voilà qui fait plaisir pour le coup que tu ne l’ai pas vu, et que je puisse te le conseiller. Le genre de petite pépite facilement oubliée de nos jours. (et oui, avec Oli, on a découvert le film tout récemment, et ça fonctionne toujours).
      C’est vrai que le genre était en vogue dans les années 90 et début 2000, mais déjà dans les années 80 (BLUE VELVET et son égratignage du rêve Américain, l’original FRIGHT NIGHT et son voisin vampire en effet).

      Et oui, tu fais bien d’en parler, car je m’étais renseigné mais pas pris le temps (ou juste oublié, chut) de le souligner dans l’article, mais John Cusack est donc son frère 😉

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