THE UNTOLD STORY de Herman Yau


THE UNTOLD STORY

 
Titre original : Bat sin fan dim ji yan yuk cha siu bau – 八仙饭店之人肉叉烧包
1993 – Hong Kong
Genre : Thriller – Cat III
Réalisation : Herman Yau
Musique : Jonathan Wong
Scénario : Law Kam-fai et Sammy Lau

Avec Anthony Wong, Danny Lee, Lau Siu-Ming, Emily Kwan, Shing Fui-on, Eric Kei, King Kong Lam et Parkman Wong

Synopsis : Wong, un petit escroc spécialiste du mahjong, s’exile à Macao après avoir assassiné un homme. Il devient serveur dans un restaurant et reprend ses activités d’escroc notamment en trichant et forçant son patron lui céder en gage son enseigne. Mais depuis quelques mois, personne n’a de nouvelles du patron et de sa famille et, comble du hasard, des restes appartenant à l’un des membres de la famille sont retrouvés par les autorités. L’officier Lee et son équipe sont sur l’affaire…

Vous connaissez le vieux dicton Chinois disant qu’un film commençant par Anthony Wong qui brûle un homme encore vivant est forcément un bon film ? Non… Bon il faudra peut-être l’inventer. Amis du bon goût, aujourd’hui nous allons parler de The Untold Story, soit un des films les plus réputés de la Cat III avec Ebola Syndrome, qui est d’ailleurs dans le fond une relecture de la même histoire, le tout toujours réalisé par Herman Yau, et toujours avec ce bon vieux Anthony Wong dans le rôle du psychopathe. Tout ou presque… non en fait, tout a déjà été dit sur The Untold Story. Celle de ce brave Anthony Wong, escroc et tricheur au Mahjong, qui pousse souvent des colères noires dés que sa tricherie est démasquée. Et quand je dis grosse colère noire, je veux bien entendu parler d’homicide volontaire. L’introduction met dans le bain lors d’une scène se déroulant dans les années 70, avant de reprendre des années plus tard à Macao. Et Cat III oblige, notre brave Wong ne va pas s’arrêter en si bon chemin, même si quand on le retrouve, il est « gérant », entre très gros guillemets, d’un petit restaurant vendant des petites brioches fourrées à la viande… humaine cela va de soit. Cat III oblige donc encore une fois, le métrage aborde une véritable liberté de ton, et surtout n’hésite pas à toujours, et je dis bien toujours, aller plus loin dans le glauque, la sauvagerie, le tout porté par Anthony Wong, qui une fois n’est pas coutume, est presque comme habité par son rôle. Alors forcément, pour son film, Herman Yau ne fait pas les choses à moitié, foutant un peu tout et n’importe quoi dedans. Humour noir, boucheries, viols, urologie, massacres de famille entière, enfants en bonus, passage à tabac, le tout en s’inspirant bien entendu d’une histoire vraie, pour renforcer l’aspect glauque de son histoire.

Là où le film gagne clairement à avoir Herman Yau à la mise en scène, c’est que si le programme proposé par le métrage n’a rien de nouveau pour l’amateur, il va à 100 à l’heure et sait se renouveler constamment. On est loin par exemple d’un Daughter of Darkness avec toujours Anthony Wong, qui séparait ses divers éléments quitte à se répéter et à multiplier les sévices, mais en ayant donc un aspect un peu stagnant. Pas de ça ici. Le tout évolue, le tout est fluide, et on peut même dire la même chose de la mise en scène, plutôt travaillée, avec une caméra à l’épaule stable, une photographie et des décors allant dans le sens du film : crades, peu reluisants, avec un montage fluide et quelques plans qui ont même de la gueule. D’un côté, nous suivons Anthony Wong dans sa folie, que l’on n’arrête pas. Enfin si, mais ça c’est dans la seconde partie du métrage. Un doute, quelqu’un qui l’énerve, ou quelqu’un mettant sa petite entreprise en péril, et le voilà qui sort le couteau. Dans le fond, vu ses pratiques, on peut le remercier, il créé assez souvent de l’emploi, vu qu’il doit embaucher régulièrement. Bon, ce ne sont que de courts CDD, mais on vous le promet, ceux qui viennent travailler pour lui ne reviennent plus jamais pointer à pôle emploi. On ne les revois d’ailleurs jamais, puisqu’ils sont découpés en morceaux, que la chair sert à faire de délicieuses boules fourrées à la viande, et que le reste est jeté à la poubelle. Et oui, bien entendu, Cat III oblige, quand Anthony Wong s’en prend à une femme, elle finit nue et souvent avec un objet qui fait mal… là où ça fait mal. Et à côté, forcément, nous avons des flics, et ce n’est pas nouveau, le genre aime bien se moquer ouvertement de la police. Ici, ils passent leur temps à ne rien glander, chacun se renvoyant les tâches à faire, préférant aller mater de la jolie femme.

Et il y a Danny Lee, qui après quelques passages chez John Woo le temps de Just Heroes et The Killer, se fait un plaisir de jouer aussi dans pas mal de Cat III (Dr Lamb, Run and Kill). D’ailleurs, autant sur Dr Lamb que sur ce The Untold Story, il coréalise paraît-il. Et produit. Il produira d’ailleurs les deux suites de ce film. Alors, lui, en tant que bon chef, il passe son temps à venir au bureau, toujours au bras d’une prostituée différente, pour voir comment son équipe travaille, avant de repartir. Non parce que vous comprenez, travailler, c’est fatiguant, il faut bien se relaxer. Mais forcément, la « piste » de la police va les mener sur les traces d’Anthony Wong, et comme il faudra des preuves, le film enfonce le clou avec une police qui tabasse, torture, ou n’hésite pas à jeter son suspect en prison en cellules avec des individus qui ont forcément une grosse dent contre lui. Ce qui amène forcément au final, le point culminant du métrage qui fait tant parler de lui, si bien que tout le monde le connaît, à base de décapitations d’enfants et j’en passe. Ah, qu’elle est belle la vie dans un film de Cat III. Un final qui repousse les limites pour prouver s’il était encore nécessaire de le faire que rien ni personne n’est épargné dans ce genre de métrages. Du coup, le cahier de charge est accompli, entre la violence, le sexe, l’humour, la police qui en prend pour son grade et un Anthony Wong magistral et parfois bien flippant. Que demander de plus ? De ne pas regarder le film en famille (ce texte est écrit le jour de l’anniversaire de ma grand-mère, je ne lui ferais pas une projection privée pour elle).

 

Les plus

Anthony Wong, flippant et habité
Ça fait parfois très mal
Le cahier de charge de la Cat III, présent, et bien gonflé
Herman Yau sait ce qu’il fait avec sa caméra

Les moins

Éloignez vos enfants et vos grands parents

 

En bref : Fleuron de la Cat III, et donc, de l’horreur, du politiquement incorrect, de l’humour noir, du sexe et du gore, The Untold Story n’a pas volé sa réputation et reste un des meilleurs représentants du genre, tout en étant solide techniquement et porté par deux acteurs que l’on aime.

2 commentaires

  1. Revu EBOLA SYNDROM il y a peu (2 ou 3 ans ?). Il faudrait aussi que je relance celui-là. Deux films de cul-te inoubliables !

    Anthony Wong forever !

    1. Ça fait bien 15 ans que je ne l’ai pas revu celui-là, et incapable de retrouver mon zone 3 de l’époque, sans doute resté dans un carton.
      Par contre, alors peut-être que le fait d’avoir vu celui-ci en HD (je l’ai découvert en fait, jamais vu avant), mais je le trouve techniquement plus propre qu’EBOLA SYNDROME. Après comme dit, à revoir pour confirmer mon ressenti. Herman Yau n’était de toute façon pas un manchot.

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