X-MEN 2 (X2: X-Men United) de Bryan Singer (2003)

X-MEN 2

Titre original : X2 : X-Men United
2003 – Etats Unis
Genre : Super Héros
Durée : 2h14
Réalisation : Bryan Singer
Musique : Michael Kamen
Scénario : Michael Dougherty, Dan Harris et David Hayter

Avec Hugh Jackman, Patrick Stewart, Ian McKellen, Halle Berry, Famke Janssen, James Marsden, Anna Paquin, Rebecca Romijn, Brian Cox et Alan Cumming

Synopsis : Toujours considérés comme des monstres par une société qui les rejette, les mutants sont une nouvelle fois au centre des débats alors qu’un crime effroyable commis par l’un d’eux relance la polémique autour de l’Acte d’Enregistrement des Mutants et le mouvement anti- mutants, dirigé par l’ancien militaire William Stryker. Quand ce dernier lance une attaque contre l’école de mutants du Professeur Charles Xavier, les X-Men se préparent à une guerre sans merci pour leur survie, aidés de Magnéto, récemment évadé de sa cellule de plastique. Parallèlement, Wolverine enquête sur son mystérieux passé, auquel Stryker, dont on dit qu’il a mené de nombreuses expériences sur les mutants, ne serait pas étranger…

En 2000, X-Men avait été un succès surprise, puisque depuis quelques années, les super héros n’avaient plus franchement la côte, merci Batman & Robin. Tel le phénix, X-Men a redonné vie au genre, et c’est ainsi que Spider- Man débarque sur les écrans en 2002, réveillant l’envie de Sony depuis des années de porter l’homme araignée sur grand écran, et peu de temps après, c’est la Warner qui se dit que l’on pourrait donner une seconde chance à Batman, et faire revenir Superman, qui nous avait quitté dans les années 80 à cause (ou grâce) à la Cannon Films et Superman 4. Mais voilà. X-Men a été un gros succès, surtout que pour le genre, son budget était plutôt limité, mais il prouvait qu’en traitant son sujet avec sérieux, quelque chose de bon peut arriver. Du coup, la Fox, pas bête, décide qu’il faut une suite. Le budget monte à 110 millions de dollars, ce qui n’est pas rien, Bryan Singer rempile à la mise en scène, le casting revient intégralement avec quelques nouveaux venus, la durée monte, passant de 1h40 à 2h14, et le scénario est écrit à trois, par des connaisseurs et fans. Dan Harris, qui avait déjà bossé sur le premier opus, David Hayter (et pas David Hayter de Suicide Squad, ouf) aussi, en plus de signer par la suite le scénario de l’apprécié de presque tous (pas moi)Watchmen, et Michael Dougherty, qui faisait ses débuts, avant de signer aussi les scénarios de Superman Returns et les grandes lignes d’X-Men Apocalypse, avant de devenir réalisateur, signant Krampus ou Godzilla II, et bientôt une série Hellraiser. X-Men 2 donc, meilleur que le précédent ? Et bien oui, le film, bénéficiant d’un budget plus confortable, et d’une production sans doute plus sereine après le succès du premier film et donc du genre, bat à pleine couture le premier métrage sur pas mal de points. Et sans surprises, en particulier sur les effets spéciaux. Pourtant, X-Men 2 garde la même structure, les mêmes choix que le premier film, à savoir, mettre son propos en avant, au lieu d’en mettre constamment plein la vue.

Ce qui ne signifie pas qu’X-Men 2 n’en met pas plein la vue, d’ailleurs, sa scène d’ouverture, cette attaque de la maison blanche par un mutant (joué par Alan Cumming) en met déjà plein la vue et s’annonçait comme une des séquences les plus cultes de toute la saga. Ce qu’elle est assurément, puisqu’encore aujourd’hui, quiconque pensant à X-Men 2 parlera dans ses premiers arguments de cette scène. Mais oui, X-Men 2 est une suite respectant son film original, et donc, ayant un propos et tentant de le mettre en avant. Il y a l’école du professeur Xavier, ce gouvernement qui a toujours peur des mutants, de la différence, Magneto est retenu prisonnier, tandis que Mystique se fait depuis le temps passer pour le sénateur Kelly, mort durant le premier film, ce qui permet de limiter les dégâts. Wolverine quand à lui continue sa quête d’identité, tandis que Rogue essaye de s’adapter au monde qui l’entoure. De nouveaux personnages importants rejoignent le récit, comme Stryker (Brian Cox) au niveau des humains, faisant office d’antagoniste principal, mais surtout, d’élément clé du passé de Wolverine. Les mutants sont également plus nombreux, avec l’arrivée de Nightcrawler (Alan Cumming donc) et de Lady Deathstrike (Kelly Hu), ayant elle aussi droit à une scène mémorable bien plus tard. X-Men 2 fait donc bien les choses, même si encore une fois, on sent que le film cherche assez souvent à mettre en avant Wolverine plutôt qu’à être le vrai film d’équipe qu’il devrait être. Enfin, il l’est parfois, mais rapidement, la direction mettant en avant Wolverine reprend le dessus. Car encore une fois, et malgré une durée bien plus longue, on peut être triste de voir des personnages forts, et surtout déjà introduits dans le premier film, rester en arrière plan. Si Jean Grey (Famke Janssen) a un peu plus de temps à l’écran et montre des pouvoirs plus grands, elle reste malgré tout en retrait, mais ce n’est rien face à Storm (Halle Berry), qui outre le fait d’utiliser ses pouvoirs pour sauver la mise aux personnages à plusieurs reprises, n’a toujours absolument aucun développement ni arc narratif.

Il faut faire des choix, et la production a sans doute malgré tout compris que le préféré du public et des fans, c’était Wolverine, donc il faut miser dessus. Alors dans le fond, tant mieux, ça évite aussi au film d’être blindé d’informations, de background et tout dans tous les coins, ça permet également de resserrer des moments d’intrigues et certains développements, mais dommage. Même si Wolverine, lorsqu’il doit affronter quelques militaires ou Lady Deathstrike, nous en donne pour notre argent. Des moments forts, que Singer maitrise à la mise en scène, toujours en refusant d’en faire trop, mais en maitrisant l’ensemble, et en espaçant assez les moments de bravoures pour les rendre marquants. Du bon boulot donc. La suite parfaite ? Non par contre. Car autant X-Men 2 corrige certains défauts du premier film, et a enfin les moyens de ses couteuses ambitions, autant son scénario s’attarde parfois sur quelques moments qui mériteraient clairement d’être raccourcis, comme lorsque Charles Xavier, perdu dans son esprit, manipulé, déambule pendant de trop longues minutes dans son école, un peu comme s’il se préparait à nous faire une visite guidée. Alors que le message, le côté dangereux et manipulateur de son ennemi, le public l’a déjà pleinement compris, et que le film aurait clairement gagné à se voir élagué de quelques minutes dans ces moments là. Plus polémique, un des moments clés du final fait dans la facilité, concernant Jean Grey. Oui, le fan sait très bien où tout cela amène, et le film suivant ne ment pas là-dessus, même si en terme de qualité, c’est une autre histoire, mais finalement, la scène en question fait dans la facilité scénaristique, puisque les événements auraient très facilement pu être évités. En faisant par exemple exactement la même chose, à l’intérieur du jet au lieu d’être à l’extérieur. Et on va encore me dire que je cherche la petite bête, et c’est le cas, mais pourtant, cet élément me dérangeait déjà à l’époque lorsque j’avais découvert le film, non pas au cinéma, mais en DVD (X-Men, je m’y suis mis tardivement, mon aversion habituelle du genre super héros). Tout cela est dommage à mes yeux oui. Mais pourtant, X-Men 2 reste un bon film, voir un excellent divertissement, et il faudra attendre un changement de casting et un réalisateur compétent pour voir la saga revenir à un tel niveau, voir le dépasser, avec First Class.

Les plus

Une poignée de scènes incroyablement réussies
Un propos toujours intéressant
Des CGI d’un bien meilleur niveau
Gros casting

Les moins

Quelques petites longueurs et facilités
Certains personnages toujours délaissés

En bref : Suite au succès du premier film, Bryan Singer revient avec X- Men 2, livrant un film plus long, plus complet, mieux finalisé dans ses effets, avec son lot de scènes cultes et de moments forts. Toujours pas parfait, avec un Wolverine en avant, des petites longueurs pour le coup, mais dans le haut du panier de la saga.

5 commentaires

  1. « Tel le phénix, X-Men a redonné vie au genre », voilà une phrase particulièrelent inspirée dis moi. 😉
    Je te rejoins en tous points (sauf sur les pinailleries) a propos de ce deuxième volet qui enfoncé un peu plus le clous sur le discours sur la différence. Inspiré de « Dieu crée, l’homme detruit » de Chris Claremont, sans doute un des récits Marvel les plus importants jamais écrits, le est tenu par une base solide. Et le talent de Singer fait le reste.
    Chouette chronique que tu nous a servi là Professeur Rick.

    1. Merci chef, ça fait toujours plaisir ce genre de compliments, surtout quand je ne connais rien du tout à l’univers Marvel en comics.
      J’espère que tu ne croyais pas que j’allais me dégonfler, sachant que vient ensuite le Ratner 😀

        1. Étant donné que je croule sous les articles en attente, malheureusement, le Ratner attendra minimum mi-Juillet pour être en ligne. mais entre temps, je te promets de la SF, de l’art martial HK et Japonais, du nanar HK, du Dupieux, du Russe, des nouveautés toutes récentes, du culte, et même de la série ! (oui j’ai planifié sur mon blog un mois à l’avance, je prévois que je vais devoir le faire en fin d’année haha).
          Mais bon, plus que le Ratner, le plus important, c’est qu’après, il y a le Vaughn !

          1. Joli programme !
            Moi c’est le contraire, grosse flemme. Je n’arrive plus à voir de films et surtout à écrire dessus. J’en ai quelques uns en réserve mais ma plume est en panne. 😒

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