KENSHIN : LA FIN DE LA LÉGENDE (るろうに剣心 伝説の最期編) de Ôtomo Keishi (2014)

KENSHIN : LA FIN DE LA LÉGENDE

Titre original : るろうに剣心 伝説の最期編 – Rurōni Kenshin: Densetsu no Saigo-hen
2014 – Japon
Genre : Chanbara
Durée : 2h14
Réalisation : Ôtomo Keishi
Musique : Satô Naoki
Scénario : Ôtomo Keishi et Fujii Kiyomi

Avec Satô Takeru, Takei Emi, Fujiwara Tatsuya, Eguchi Yôsuke, Iseya Yûsuke, Aoki Munetaka, Aoi Yû, Kamiki Ryûnosuke, Tsuchiya Tao, Tanaka Min et Ôyagi Kaito

Synopsis : À la tête d’une armée de mercenaires, le redoutable Shishio est prêt à tout pour renverser le nouveau gouvernement. Kenshin part alors en quête de son ancien maître pour parfaire son apprentissage et tenter de mettre fin au déchainement de violence qui s’est emparé du pays.

Le 1er Août 2014 sortait au Japon Kenshin : Kyoto Inferno, second opus d’une trilogie improvisée trilogie en cours de route. Car le premier opus en 2012 se suffisait à lui-même, c’était solide, il y avait un début, une fin. Mais c’était un grand succès, et d’ailleurs une des meilleures adaptations live d’un manga. Ce film unique a donc droit non pas à une, mais deux suites (sans compter les deux opus sortant en 2021), tournées en même temps pour 30 millions de budget. Mais plus que de former une trilogie, ces deux nouveaux opus sont en réalité un seul et même film, une seule et même histoire de 4h30, découpée en deux métrages. Heureusement, l’attente ne fut pas longue, puisqu’entre le second film débarquant sur les écrans le 1er Août, le dernier le 13 Septembre de la même année. Oui, juste un mois et demi d’attente, et ça, c’est bien ! Surtout que Kyoto Inferno s’achevait sur un cliffhanger, et que le grand méchant, Shishio (joué par Fujiwara Tatsuya) préparait son assaut, sa prise de pouvoir sur le gouvernement actuel. Ce dernier opus devait donc conclure tout ça, conclure cet arc, s’achevait sur un final dantesque, répondre à nos questions, et finalement mettre Kenshin, lame en main, face à son adversaire. Et honnêtement, quiconque avait apprécié les deux précédents films se devait d’être en confiance, puisque même équipe, même casting, même sérieux, même ligne de conduite. Est-ce que le miracle s’accomplit une troisième fois ? Et bien oui messieurs dames ! Même s’il faut également tenter d’être un minimum réaliste, si ce troisième Kenshin nous offre ce que l’on attendait de lui, et se permet même de surprendre, notamment dans sa première partie, il trouve sans doute une certaine limite, ou un certain déséquilibre, entre sa première partie, intéressante, plus intériorisée, et sa seconde, spectaculaire, qui met le paquet, mais qui se montre sans doute parfois un peu trop facile.

Il est difficile de mettre le doigt sur ce qui peut coincer, car malgré tout, sans mentir, Kenshin 3 clôt parfaitement l’aventure, ne nous laisse aucunement sur un cliffhanger ce coup-ci, nous donne ce que l’on attendait de lui. On retrouve tous nos personnages, même si certains seront toujours en arrière plan. Mais on peut ressentir un déséquilibre un peu fragile entre ses deux parties. Aurait-il fallut raccourcir un peu la première partie pour laisser encore plus de place au spectaculaire ? Ou tout simplement déplacer certaines scènes, quitte à donner au métrage une structure typique de manga ? Vous voyez bien ce que je veux dire, avec ces combats perdu d’avance, qui s’arrêtent alors pour que le héros se rappelle son entrainement, une technique apprise, et finalement, parvienne à vaincre son adversaire ? Peut-être pas, puisqu’au final, les affrontements de sa seconde partie sont longs, techniques, impressionnants, notamment le dernier bien entendu, où Kenshin seul face à Shishio ne suffit pas, et qu’il reçoit l’aide de non pas un, ni deux, mais de trois autres personnages, pour un combat bien chorégraphié à cinq. Et voir des chorégraphies et une technique aussi solide, autant dans les duels à un contre un, dans les combats entre une armée entière (ce que les précédents films mettaient souvent déjà en avant) ou donc là à plusieurs, ça tient déjà du miracle. Mais voilà, prenons cette « conclusion » pour ce qu’elle est. L’ultime opus tout aussi sympathique que les autres, qui trouve sans doute ses limites, mais pas grave, puisqu’en soit, tout se tient, et que le spectateur quitte le spectacle content, avec un divertissement qui a clairement de la gueule et qui ne s’est pas moqué de lui. Et d’ailleurs, cette première partie, plus lente, où l’on en apprend plus sur le passé de Kenshin, et qui va subir un dur entrainement pour espérer gagner la bataille qui s’annonce rude, elle se fait classique dans le genre, mais intéressante, et surtout osée, placée ainsi ici, en début d’épisode final. Bien entendu, à côté, nous suivons les aventures de tous nos autres personnages, avec Kaoru, blessée et toujours en arrière plan malheureusement, tout comme ses amis, qui guérissent doucement de leurs blessures, tandis que Shishio augmente son emprise sur le Japon et le gouvernement, et fait d’ailleurs de Kenshin l’ennemi du gouvernement, l’homme à abattre.

Oui, il y a de bonnes choses, clairement, des pistes intéressantes, un côté sans doute plus intimiste dans certaines péripéties. Mais comme je le disais, le film est clairement découpé en deux parties, et dés que Kenshin se sent prêt, voilà que l’acte final s’enclenche, que tout le monde se retrouve, et que les coups vont faire mal. On retrouve d’ailleurs une structure assez similaire au long final du premier film, à savoir un combat contre de nombreux ennemis, un poil trop court ceci dit, mais fonctionnant toujours grâce au côté épique de la musique, et des chorégraphies souvent bonnes voir impressionnantes quand on prend en compte leur exécution dans le sable, ce qui ralentit et alourdit les mouvements de base, avant divers petits boss, et l’affrontement final. Là forcément, ça envoi du lourd, ça nous en donne pour notre argent, et difficile de bouder notre plaisir, surtout que les affrontements sont longs, parfois techniques, et que l’on sent que les acteurs ont mouillé la chemise pour arriver à un tel résultat. Étrangement par contre, c’est dans cet opus, et surtout lors de son long final, que Kenshin retrouve par moment son influence manga, presque absente jusque là. Dans l’affrontement contre le moine par exemple, un peu trop typé manga, ou dans certains coups ou éléments du combat final, comme ces coups surpuissants qui traversent les objets, ou des coups puissants qui envoient des flammes. En soit, rien de dramatique bien entendu, mais il est assez étonnant finalement de voir l’influence manga, son support de base donc, exploser, notamment lors du final. Pour en mettre plein la vue ? Peut-être. Mais malgré tout ça, et le fait que l’on peut clairement dire que ce dernier opus est un poil en dessous des autres, il reste néanmoins excellent, et clôt tout ça comme il se doit, faisant passer un excellent moment, et posant Kenshin définitivement comme l’un des meilleures adaptations qui soit.

Les plus

La conclusion
Techniquement toujours très soigné
Les combats, très nombreux et bien chorégraphiés
Des idées intéressantes et une première partie calme

Les moins

Un petit déséquilibre entre les deux parties
Une influence manga plus présente

En bref : Troisième film pour Kenshin, et troisième réussite au final. Un poil en dessous, pour des raisons pas si simples à expliquer, mais clairement dans la continuité. Toujours épique, toujours sérieux, toujours beau pour les yeux, toujours bien chorégraphié.

2 réflexions sur « KENSHIN : LA FIN DE LA LÉGENDE (るろうに剣心 伝説の最期編) de Ôtomo Keishi (2014) »

  1. Un grand oui !

    Les KENSHIN prouvent que le Japon peut produire des blockbusters intelligents, à l’instar du film I AM A HERO : à la fois du grand spectacle, grand public mais pas crétin ni pris par-dessus la jambe… . Mais les exemples sont hélas peu nombreux, je trouve.

    1. Ils sont peu nombreux, mais néanmoins, ils existent, ils sont là, il faut juste les trouver (et ça se trouve, il y en a d’autres, mais on est passé à côté). Dans le fond, un peu comme les Blockbusters US, ils ne sont franchement pas terribles depuis des années, sauf qu’ils sont hyper nombreux et coûtent beaucoup plus cher.
      D’ailleurs c’est ça qui me surprend toujours quand je tombe sur un blockbuster Japonais ou Coréen (ou dans le fond, Chinois, même si l’abus de CGI pas beaux me rebute), c’est de voir parfois l’ampleur des films, pour un budget au final qui ferait rire n’importe quel producteur US).

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