OXYGENE (Oxygen) de Alexandre Aja (2021)

OXYGENE

Titre original : Oxygen
2021 – France / Etats Unis
Genre : Science Fiction
Durée : 1h40
Réalisation : Alexandre Aja
Musique : Rob
Scénario : Christie LeBlanc

Avec Mélanie Laurent, Malik Zidi, Mathieu Amalric, Laura Boujenah, Eric Herson-Macarel et Anie Balestra

Synopsis : Dans un futur proche, une jeune femme se réveille dans une capsule cryogénique. Seule et amnésique, elle ne sait pas comment elle a pu s’y retrouver. La situation se complique davantage lorsque l’oxygène vient à manquer. La jeune femme va devoir chercher dans sa mémoire pour s’en sortir.

Bien que n’étant pas fan du cinéma d’Alexandre Aja, j’attends ces films toujours avec un minimum d’impatience. Même si je ne suis jamais pleinement convaincu. Prenez Haute Tension ou La Colline a des Yeux. J’adore la première heure de ces films, mais pour une raison ou une autre, tout s’écroule dans la dernière demi-heure pour moi. À l’opposé de Mirrors, qui m’aura ennuyé parfois, mais dont les quelques scènes chocs et un final sortant de nul part lui donnent un capital sympathie. Le cas Piranhas 3D est à part, tant Aja sera parti dans un délire volontairement gore et débile mais hautement divertissant. Un changement de cap comparé à ce qui précédait, mais qui précéda lui aussi un changement de cap avec Horns, métrage différent, plus fantastique qu’horrifique, qui a également mon capital sympathie, avant un final totalement raté et de grosses facilités. Tiens, Aja aurait-il un souci avec les fins ? Son plus récent essai en date, c’était Crawl, film de crocodile dont je regrette forcément l’utilisation des CGI, même si pour le coup ils sont très corrects, et qui demeure un sympathique survival. Un peu tiré par les cheveux par moments, mais c’est presque le genre qui veut ça. Et donc on arrive finalement à son dernier métrage, Oxygène, qui vient tout juste de débarquer (lorsque j’écrivis ces lignes). Du suspense, dans un contexte de science fiction, le tout en huis clos, et donc avec à l’écran une seule et unique actrice. Oui, en soit, Alexandre Aja nous fait son Buried, remplaçant le cercueil par une capsule cryogénique défaillante, amenant donc le même souci : l’oxygène limité. Un projet qui d’ailleurs ne date pas d’hier, puisqu’Aja ne devait au départ que le produire, puisqu’il était déjà sur le tournage de ses propres films. Le scénario lui a été écrit en 2016, et dés 2017 donc, le casting prend forme, les studios se bousculent, puis plus rien jusqu’en 2020, où Franck Khalfoun doit réaliser le film, fidèle collaborateur d’Aja, et réalisateur de 2ème Sous-Sol et Maniac (produits par Aja), Amityville The Awakening qui faillit ne jamais sortir ou récemment du pas très bon Prey. Alors que Noomi Rapace doit tenir le rôle principal, elle se désiste, remplacée par Mélanie Laurent, et le film subit de gros changements, avec à présent un tournage en France, et en Français. Aja devient réalisateur, et signe donc son premier métrage en Français et tourné sur le sol Français depuis Haute Tension, en 2003.

Bon au final, cela ne change pas grand-chose, Aja fait toujours appel à Rob pour la musique, et tant mieux, car c’est toujours un des points forts de ses métrages (il a signé les ost de Maniac, Tristesse Club, Horns, Revenge et j’en passe). Bref, tout se passe bien, et voilà que l’on peut à présent voir le dernier bébé d’Alexandre Aja, depuis peu (sortie le 12 Mai). Est-ce que ça vaut le coup ? Et bien oui, mais j’ai envie de vous dire, comme chaque film signé par Aja ! Ce n’est pas parfait, loin de là, le scénario veut parfois un peu trop en faire et donc grilles certaines cartes trop vite, mais ça réussit ce qu’il entreprend, à savoir nous livrer un film à suspense dans un endroit clôt et exigu, le tout sur 1h40. Les deux grosses réussites du métrage, on les doit à Alexandre Aja d’un côté, et à Mélanie Laurent. Le premier, et bien c’est simple, il livre une mise en scène travaillée et maitrisée, qui parvient à capter l’attention du spectateur et à ruser pour ne jamais ennuyer, ne jamais tourner en rond (même si sa caméra lui fera parfois des mouvements circulaires), alors que techniquement, la quai intégralité du métrage se déroule dans une capsule faisant la taille d’un humain. Oui, Aja doit ruser, doit utiliser diverses techniques, doit focaliser l’attention du spectateur sur des petits détails, et surtout, doit par moment se reposer sur son actrice principale. Mélanie Laurent donc, présente à l’écran dans 99% des plans. Et elle livre là une excellente prestation, alors que je ne suis pas fan de l’actrice depuis des années, comme si elle avait quelque peu prit la grosse tête depuis sa participation au cinéma de Quentin Tarantino. Ici, elle récupère un rôle loin d’être simple, puisque présente tout le temps, et que quasiment tout dans le métrage doit passer par elle, ses réactions, ses émotions, son sens de la survie pour se sortir de diverses situations. Un rôle pas simple, qu’elle tient à merveille, et je dois bien avouer qu’elle m’a surpris.

Je dois l’admettre par contre, j’aurais été bien moins convaincu par la prestation de Mathieu Amalric dans le rôle de MILO, l’intelligence artificielle à bord de la capsule. Une façon de parler qui est un choix, mais qui semble par moment trop familier, presque trop humain pour une intelligence artificielle. Rien de dramatique. Ce qui est clairement dommage par contre, c’est au niveau du scénario. Alors on se doute bien qu’il va arriver des choses à notre demoiselle enfermée dans sa capsule, sinon le film ne serait pas intéressant, mais on a souvent l’impression que le scénario veut parfois maladroitement en faire trop. Comme si rendre la demoiselle amnésique dans une capsule où il ne reste que 35% d’oxygène environ et dont le niveau descend anormalement vite n’était pas suffisant, le scénario se sent obligé de nous mettre quelques rebondissements à intervalles réguliers. Des interlocuteurs peu coopératifs au bout du fil par exemple, une intelligence artificielle qui refuse de répondre à certaines questions sinon les révélations viendraient bien trop tôt, bien que l’on parvienne finalement à les griller bien longtemps avant le final. Il y a quelque chose d’un peu trop mécanique, de trop bien huilé dans la manière dont le tout s’enchaîne. Sans que la vision n’en soit désagréable bien entendu, mais donnant un côté trop artificiel et prévisible à certaines péripéties. Un peu comme pour maintenir le spectateur toujours éveillé, toujours aux aguets, et que les soucis de l’héroïne, Elizabeth, pourtant déjà bien problématiques, n’étaient pas suffisants. Encore une fois, ça ne fait pas du film un mauvais film, mais ça lui retire de sa spontanéité, de sa simplicité même, car après tout, peut-on faire plus simple dans les faits qu’un film se déroulant dans un lieu unique, où le personnage principal ne peut pas bouger ? C’est dommage. Mais le métrage reste un bon moment, parfois tendu, intéressant, et maitrisé.

Les plus

La mise en scène, très réussie
Mélanie Laurent convaincante
Le score musical de Rob
Rythmé, fluide, et se suit très bien

Les moins

Un scénario qui parfois veut en faire trop
Quelques personnages secondaires moins réussis
Finalement prévisible

En bref : Alexandre Aja revient en France pour signer Oxygène, un film pas parfait, mais qui bénéficie d’une grande maitrise technique pour un huis clos minimaliste, et de la présence d’une Mélanie Laurent investie présente à tous les instants à l’écran.

10 comments

  1. Moui. Comme tu le sais déjà je n’ai pas aimé. Le scénario plombe le film. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais je l’ai trouvé irritant, cet OXYGENE Ah… Et donc cette quantité d’oxygène qui diminue à vitesse grand V, et qui comme par magie, dans les cinq dernières minutes, se met à diminuer à la vitesse d’un escargot…

    1. C’est vrai qu’à certains moments, on perd 5% en 6 ou 7 minutes, mais à d’autres, 1% en 5 minutes haha. Encore un coup du scénario et de ses abus de moments prévus pour faire stresser le spectateur, mais qui du coup se mords la queue. Aja a un vrai souci avec les scénarios, même quand il n’écrit pas, c’est dingue 😀

      1. Oui. Mais si c’est un problème récurrent, quelque part, ça veut aussi dire quelque chose. Peut-être qu’il s’en fout, comme Miike, parfois ?

        1. Question de perception temporelle pour la diminution de l’O2, le film n’est vraiment en temps réel par ailleurs. Faut pas se focaliser sur les compteurs. 😉

        2. La différence, c’est que Miike, c’est un peu prouvé, est un boulimique, il a ce besoin de filmer, tout le temps, en permanence. Alors qu’Aja, mine de rien, il a du temps pour ses projets souvent, il ne les enchaîne pas autant.

  2. Pas d’accord du tout ! Amalric est très bien 😀
    Pour le reste, je dis comme toi, bon film, bien fichu, qui fonctionne du tonnerre : 14/20 en ce qui me concerne.

    1. Au départ quand j’ai écris mon texte (en Mai donc), j’avais mis 13/20, mais avec un peu de recul, 12/20. Je suis méchant c’est vrai, mais bon, les notes sont très « subjectives », plus que le texte.
      Et pour Amalric, en fait, j’ai fais le test, avec le film en Français ET en Anglais, et je préfère la version anglaise pour ce personnage !

  3. Bon, faudra que je fasse plus attention à la musique de Rob donc. Cela ne m’a pas marqué. Sur Amalric, ce n’est pas pour moi un souci. C’est même plutôt une originalité pour un casting SF. Et je te rejoins finalement sur ce problème mécanique, ce qui est un peu con quand même dans un voyage interstellaire. Pour tenir sur la durée, il y a forcément des facilités. Voilà, chuis toujours partagé.

    1. Merci du partage de ton avis ici ^^
      Rob est un plutôt bon compositeur, dans son style, et il semble améliorer et diversifier son style petit à petit, ce qui est très bien. Il avait même livré la musique de la comédie dramatique TRISTESSE CLUB avec Ludivine Sagnier, un genre plutôt éloigné des autres films auxquels il participe.
      En fait, les mécaniques utilisées par le film rendent l’ensemble un peu trop prévisible. Mais je me demande si dans quelques mois je ne lui laisserais pas une seconde chance, avec un peu plus de recul, voir si mon avis change quelque peu, dans un sens, ou malheureusement, dans l’autre, vis-à-vis de ce qui me dérangeait déjà à la base.
      Mais bon, ironiquement, alors que j’en ai beaucoup vu récemment, et ai un autre film distribué par Netflix dans le genre à voir, la Science Fiction n’a jamais été un genre que j’apprécie particulièrement, de manière générale.

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