TORIHADA GEKIJÔBAN (トリハダ -劇場版-) de Miki Kôichirô (2012)

TORIHADA GEKIJÔBAN

Titre original : トリハダ -劇場版-
2012 – Japon
Genre : Horreur
Durée : 1h27
Réalisation : Miki Kôichirô
Musique : –
Scénario : Miki Kôichirô, Yashiro Takehiro, Yamada Anne et Natori Kentarô

Avec Tanimura Mitsuki, Kinami Haruka, Satsukawa Aimi, Ishibashi Anna, Iriki Mari, Shirahane Yuri, Furukawa Yûki et Kikuta Daisuke

Synopsis : Takabayashi Hikari travaille dans un centre d’appel téléphonique, et n’a pas la vie facile, passant son temps à devoir s’excuser auprès de personnes diverses, même quand elle se fait insulter. Épuisée, elle ne trouvera pas de réconfort en rentrant chez elle, s’apercevant que la personne au téléphone n’était autre que sa voisine.

C’est au détour d’une conversation passionnée entre cinéphiles avertis, avec Oli d’échec et (ciné)mat, et suite à une seconde vision du film Salvage Mice, que l’actrice Tanimura Mitsuki est arrivée sur le tapis. Une actrice avec une imposante carrière, des choix parfois risqués, et du coup, pas forcément bien connue du grand public. Alors oui, on la retrouve au casting, au premier ou second plan, dans certains films à gros budgets signés Miike Takashi, notamment God’s Puzzle, 13 Assassins ou Ace’s Attorney. Mais la demoiselle a une carrière bien plus vaste, entre des gros budgets, des films commerciaux, du V-Cinema, du petit téléfilm, du cinéma horrifique. Touche à tout donc. Et du coup, c’est vrai que j’ai voulu explorer un peu plus sa carrière. Mais entre les films difficiles voir quasi impossibles à trouver de nos jours, ceux qui sont rares, ceux qui n’ont aucun sous titres, ceux qui vont me coûter un rein voir les deux… Mais voilà, j’ai pu tenter le film Torihada. Oui, le film, Torihada Gekijôban (ce terme voulant dire film de cinéma), car au départ, Torihada, ce sont des téléfilms, cinq ou six. Ou Tanimura Mitsuki tient toujours un rôle, jamais le même. Des téléfilms mettant diverses courtes histoires horrifiques en avant, mais avec la particularité, à la manière des films Hitokawa dont j’ai eu la chance de voir le très sympathique premier opus, des histoires horrifiques qui restent encrées dans la réalité. Pas de fantômes, d’esprits, de surnaturel ou autre, mais des histoires à échelle humaine, le tout relié par un fil rouge, et par Tanimura donc. Et bien en version cinéma, c’est exactement la même chose, et le succès a du être au rendez-vous puisqu’une suite fut produite en 2014. L’ensemble, téléfilms comme films, est signé par Miki Kôichirô, et après un rapide coup d’œil à sa filmographie… non je ne connais rien du monsieur, qui semble s’être quelque peu éloigné de l’horreur pour aller dans le drama récemment.

Torihada Gekijôban donc, c’est comme les téléfilms. Plusieurs courtes histoires, six, le tout entrecoupé par le fil rouge, où Tanimura travaille dans un centre d’appel, et qui, jour après jour, aide une collègue en prenant l’appel d’une dame que l’on pourrait qualifier… d’emmerdante et malpolie, passant son temps à insulter au téléphone. Première excellente surprise, encore plus provenant d’un film que l’on pourrait qualifier de film à sketchs, c’est que l’ensemble des histoires tiennent la route. Oui, il y a bien, comme d’habitude, des histoires meilleures que d’autres, et donc forcément, des moins bien, mais l’ensemble tient la route, l’ensemble est passionnant, et certaines histoires sont franchement très réussies. Le plus indéniable est l’absence d’élément surnaturel, donnant un cachet tout simplement réaliste à l’ensemble. On aura en gros, pour vous énumérer un peu tout ça, l’histoire d’un homme trainant autour du garage d’une jeune femme le soir, celle d’un livreur qui après une livraison se fait stalker par une femme étrange, d’un salaryman dans un bus témoins d’emails envoyés un peu étranges provenant d’une autre passagère, d’un voisin venant tous les soirs proposer un bon ragout, de bouts de papiers avec des nombres laissés dans les poches d’une femme à son insu et d’une étrange assurance par téléphone, le tout avec en prime l’intrigue de base concernant notre actrice fétiche. Des histoires variées, certaines étant donc tout simplement excellentes. Alors attention, on ne va pas franchement dire que le contenu du métrage est flippant et va vous empêcher de dormir, mais l’ensemble a sa petite ambiance qui par moment parvient à faire son effet. Par une certaine étrangeté au quotidien, une étrangeté réaliste du coup.

Après tout, encore une fois, rien de surnaturel ici, mais juste des éléments plausibles qui pourraient arriver à tout le monde, à vous, à moi, ce qui renforce donc l’implication du spectateur dans ces courtes histoires. Certaines sont sans doute un peu trop classiques, mais la plupart sont vraiment bonnes. La chute par exemple de l’histoire du stalker, ou du ragout, c’est du très bon tout simplement. Même l’histoire se déroulant dans le bus, sans doute un peu moins prenante ou développée comparée aux autres, force un peu le respect, puisque durant 10 minutes environ, le spectateur va suivre une histoire qui se passe de dialogues. Oui, toute l’ambiance, tout le possible suspense se construit au fur et à mesure des emails lu par dessus l’épaule par le personnage, et donc seulement du texte, et ces réactions pour mener l’histoire à terme, et rien que ça, même si c’est sans doute un peu bancal, ça force le respect. Et sans doute anodin pour beaucoup, mais Torihada Gekijôban semble avoir été parfaitement bien pensé jusqu’à certains aspects, comme sa quasi absence de musique, qui force l’atmosphère à se manifester de manière plus naturelle, par les acteurs, les actions. Même visuellement, et même lorsque les histoires peuvent se le permettre, l’ensemble n’est pas franchement très violent, visuellement parlant, ce qui continue d’encrer l’ensemble dans notre réalité, et donc, multiplie notre empathie pour les personnages. Ce n’est pas parfait, on sent parfois le budget qui semble malgré tout limité, et sans avoir une seule mauvaise histoire, certaines sont malgré tout moins bonnes, mais le métrage reste une excellente surprise.

Les plus

Des histoires prenantes
Une horreur réaliste
La tension s’installe par moment
Tanimura Mitsuski, juste comme souvent

Les moins

Une ou deux histoires plus classiques
Budget sans doute limité

En bref : Le film Torihada est une excellente surprise. Six histoires variées en plus de l’intrigue reliant l’ensemble, toutes correctes, certaines excellentes, et qui osent s’éloigner de la J-Horror plus classique.

6 réflexions sur « TORIHADA GEKIJÔBAN (トリハダ -劇場版-) de Miki Kôichirô (2012) »

  1. Excellente review. Avec la non moins excellente Tanimura Mitsuki, effectivement. ^^

    Bravo pour le nouvel habillage. C’est très bien je trouve.

    1. Mon seul regret, celui de ne pouvoir voir les DTV sortis avant ce film, introuvable ou alors il faut dépenser un prix exorbitant. Dommage mais bon.

      Et merci. Je l’aime bien aussi (encore heureux haha), petit temps d’adaptation mais finalement, ça fait plus pro, tout en restant toujours relativement sobre.

      1. Il y a des épisodes qui trainent sur YouTube, si tu fais une recherche avec le titre japonais (en katakana).

        1. Tu es un dieu !!!! Ma culture cinématographique te remercie par avance (et me permet aussi de voir que bordel, 4h40 du matin, faut que j’arrête d’écrire….)

          1. Et bien tu sais quoi ? Tu m’as convaincu, je n’ai pas d’excuses, et même si voir un film sur youtube m’emmerde sérieusement… Et bien voilà, je vais me lancer dans le premier cet aprem, d’une traite !

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