THE SUN DOES NOT MOVE (太陽は動かない) de Hasumi Eiichirô (2021)

THE SUN DOES NOT MOVE

Titre original : Taiyou wa Ugokanai – 太陽は動かない
2021 – Japon
Genre : Espionnage dramatique
Durée : 1h50
Réalisation : Hasumi Eiichirô
Musique : Kanno Yûgo

Scénario : Hayashi Tamio d’après le roman de Yoshida Shyûichi

Avec Fujiwara Tatsuya, Takeuchi Ryoma, Han Hyo-joo, Yo-Han Byun, Ichihara Hayato, Minami Sara, Hyuga Wataru, Katô Seishirô et Yokota Eiji

Synopsis : Takano Kazuhiko et Taoka Ryoichi sont des espions industriels pour une organisation secrète appelée AN Tuushin. Ils se battent pour des informations sur l’été du développement de l’énergie solaire, concernant le Japon, mais également la Corée du Sud, Hong Kong, la Russie et d’autres pays. Une conspiration pourtant se cache derrière cette technologie qui pourrait secouer le monde politique et économique Japonais.

Si le cinéma international a été pas mal touché durant l’année 2020, voyant donc pas mal de projets être retardés, que ce soit les sorties ou les tournages, l’Asie a semble-t-il eu moins affaire à ses désagréments. Des tournages toujours bien là, des sorties au cinéma sur grand écran ou sur les plateformes de streaming en pagaille, que ce soit au Japon, en Chine ou j’en passe. De là à dire que je suis jaloux, il n’y a qu’un pas. C’est donc par hasard que je suis tombé sur Taiyou wa Ugokanai, renommé pour l’international The Sun Does Not Move, un film dont j’ignorais beaucoup de choses, si ce n’est que ce grand Tatsuya Fujiwara tenait le rôle principal. Et que pour la blague, ce coup-ci, il ne joue pas dans une adaptation de manga, mais dans une adaptation de livre. Mais voilà, The Sun Does Not Move aurait pu rester dans un coin, comme les bien trop nombreux films que je dois voir, durant des années. Mais en y jetant un coup d’œil par hasard, je me suis laissé tenter par sa scène d’ouverture, fort sympathique, avec l’arrivée de notre espion dans un appartement pour sauver un autre espion de sa compagnie, des combats sympathiques faisant penser à du Jason Bourne, puis une rapide poursuite dans les rues, avant la mort d’un personnages, le tout pas si mal emballé, et évitant d’être trop clean comme c’est souvent le cas pour le cinéma grand public Japonais. Traduction, on se prend une balle, et bien, on saigne, le mur derrière nous est recouvert de sang. Du coup, je me suis dis qu’à défaut d’être un grand film, ça allait être plutôt sympa, et que ça me ferait un petit film Japonais sortant cette année au compteur. C’est après coup que je me suis aperçu de qui réalisait la bête. Un certain Hasumi Eiichirô, ce qui ne parlera pas à grand monde, et heureusement, mais mon passif avec le réalisateur, œuvrant majoritairement dans le cercle des grosses productions aseptisées Japonaises ne me mettait pas en confiance du tout. Les deux films Assassination Classroom, adaptation des mangas, c’était lui. Oppai Volleyball (vous voyez dés le titre pourquoi j’ai regardé le film), avec cette idole qu’il ne faut pas toucher (Haruka Ayase), c’était lui.

Mais chaque réalisateur, même un mauvais ou peu glorieux, peut avoir son moment de gloire, son instant de grâce, donc, dans le doute… Après tout, Paul WS Anderson a bien fait Event Horizon ! L’autre chose que j’ignorais jusqu’au moment où j’écrivis ces lignes, c’est que The Sun Does Not Move est une suite, la suite d’un drama, ou mini drama réalisé par la même équipe, avec les mêmes acteurs principaux, datant de 2020 et appelé Taito wa Ugokanai : the Eclipse, à la durée d’une petite heure en tout. Ça ne change strictement rien à la compréhension du film du jour, mais par contre, ça me fait dire que je suis peut-être passé à côté de quelque chose. Car mon premier souci avec le métrage, c’est qu’il s’éparpille, comme s’il mettait en avant deux intrigues différentes qui ne vont pas forcément ensembles. D’un côté donc, de l’espionnage, des trahisons, des faux semblants, des agent d’autres pays, tout ça pour récupérer des informations sur un projet d’énergie solaire. Ce qui donne donc son titre au film. Et de l’autre, une sorte de compétition entre deux agents, l’un Japonais (joué donc par Fujiwara) et l’autre Coréen, joué par Yo-Han Byun, compétition qui remonte à loin, et qui permet au montage de nous abreuver de flashbacks sur la tendre enfance des personnages, leurs amitiés, leurs débuts, puis leur rencontre et leur dualité. Flashbacks qui deviennent très rapidement envahissants. Et le truc, c’est que parfois, tout ceci semble prendre le pas sur l’intrigue de base, alors que bon, ce n’était pas le sujet de base. Mais du coup, avec le recul, est-ce que tout ça ne serait pas dû au fait que le film est une suite. Peut-être est-ce une continuité d’un arc narratif du premier film ? Surtout que bon, qui dit plusieurs films adaptant des romans, dit plusieurs romans, et donc un certain succès. Mais je m’égare. Mais en tout cas, malheureusement, et ce passé son ouverture qui m’avait tant fait envie, The Sun Does Not Move souffle le chaud et le froid, avec une tendance à pencher du côté du froid. Alors que paradoxalement, les qualités sont tout de même là c’est indéniable. Fujiwara Tatsuya déjà est plutôt bon dans son rôle, et à la surprise générale, restera plutôt sobre.

Le reste du casting est plus transparent mais fait le boulot, tandis que Han Hyo-joo s’avère fort charmante, mais je m’égare très probablement. La photographie du film est plutôt propre, et une poignée de scènes démontrent un grand sérieux, même si parfois, le tout est parasité par cette envie de mettre un lien entre la scène actuelle et une scène du passé des personnages. Je pense par exemple à cette scène se déroulant sur les toits d’un haut building à Hong Kong, avec son éclairage presque aux néons, ce combat aux chorégraphies pas honteuses, mais son montage un peu aux fraises. De plus, pour l’amateur de De Palma, les clins d’œil probablement volontaires à son Mission Impossible font plaisir à voir. On aura un passage dans une ambassade à Vienne, un combat à l’arrière d’un train en marche. Hommages ? Les ressemblances sont trop grosses pour en être autrement. La scène du train est d’ailleurs sympathique. Mais voilà, en voulant alterner constamment entre son intrigue d’espionnage dans le présent, le passé de ces personnages pour une intrigue plutôt dramatique (le passé sombre du héros), la multiplication des personnages, et bien finalement, j’ai traversé le film sans m’intéresser à quoi que ce soit, sans me sentir concerné. Si bien qu’au final, la seule question qui a envahie mon esprit durant les quasi deux heures fut la suivante : pourquoi ce système de puce implantée dans la poitrine des agents et qui explosent si ils n’appellent pas le QG toutes les 24 heures ? Non car le principe est un peu con non ? Imaginez, un agent, ça traverse le monde, et il suffit qu’il soit en mission ailleurs, et il doit appeler en plein milieu de la nuit, ou alors en pleine mission d’infiltration dans un endroit où il ne peut pas faire de bruits. Je comprend bien l’élément du « s’il est capturé, il n’aura pas à subir une longue torture vu que la puce explosera sous peu », mais c’est un peu extrême quand même 24h. Et cet élément est important scénaristiquement, puisque tout le monde semble au courant chez les espions des autres pays, et que ce point revient de manière importante à deux reprises. Alors oui, je ne suis jamais rentré dans le film, et c’est sans doute pour cela que la pilule fut dure à avaler. De Palma peut dormir tranquille, niveau espionnage pur, il n’est toujours pas dépassé.

Les plus

Fujiwara Tatsuya sobre et plutôt bon
Quelques scènes bien fichues

Les moins

Deux intrigues qui ne vont pas forcément bien ensembles
Des soucis de rythme
Un montage pas parfait
Quand on lâche prise, on s’ennuie pas mal

En bref : The Sun Does Not Move, c’est un film d’espionnage assez grand public et qui veut raconter deux intrigues afin de développer son personnage principal, mais l’ensemble ne s’emboite pas très bien et donne un rythme peu passionnant et un montage chaotique par moment.

3 réflexions sur « THE SUN DOES NOT MOVE (太陽は動かない) de Hasumi Eiichirô (2021) »

  1. OPPAI VOLLEYBALL… Nooooon !!!!

    Remarque, je n’ai jamais osé le voir. A quand une chronique sur ce site ? ^^

    Tu n’as pas mis la moyenne finalement… Vraiment pas certain que je le tente, ce SUN DOES NOT MOVE…

    1. Et si, avec ton idole préférée. C’était l’époque où je ne triais rien et matais absolument tout ce que le cinéma Japonais sortirait haha…
      D’ailleurs, la chronique existe depuis Août 2013 pfiou : https://lovingmoviesfr.com/2013/08/22/oppai-volleyball-de-hasumi-eiichiro/

      Finalement non, par contre une envie de Fujiwara m’a fait fouiner sur tout ce que j’avais en stock, et j’ai bien encore 4/5 films avec lui à voir, mais je suis sûr, toujours sans dégustation de bières !

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