RESIDENT EVIL: WELCOME TO RACCOON CITY de Johannes Roberts (2021)

RESIDENT EVIL: WELCOME TO RACCOON CITY

Titre original : Resident Evil Welcome to Raccoon City
2021 – Etats Unis
Genre : Horreur
Durée : 1h47
Réalisation : Johannes Roberts
Musique : Mark Korven
Scénario : Johannes Roberts

Avec Kaya Scodelario, Robbie Amell, Hannah John-Kamen, Tom Hopper, Avan Jogia, Donal Logue, Neal McDonough, Lily Gao, Chad Rook, Marina Mazepa, Nathan Dales, Josh Cruddas et Holly de Barros

Synopsis : Autrefois le siège en plein essor du géant pharmaceutique Umbrella Corporation, Raccoon City est aujourd’hui une ville à l’agonie. L’exode de la société a laissé la ville en friche… et un grand mal se prépare sous la surface. Lorsque celui-ci se déchaîne, les habitants de la ville sont à jamais… changés… et un petit groupe de survivants doit travailler ensemble pour découvrir la vérité sur Umbrella et survivre à la nuit.

En 2002 arrivait sur les écrans une des adaptations les plus attendues. Initialement prévu pour être réalisée par George A. Romero, c’est finalement entre les mains d’un certain Paul pas encore W.S. Anderson que l’adaptation arrive. Et si le bonhomme sortait à l’époque du plutôt mou Soldier avec Kurt Russell, il avait néanmoins derrière lui l’adaptation fun de Mortal Kombat en 1995 et le film de SF horrifique devenu culte Event Horizon, sans doute son meilleur film. Malheureusement, le résultat, on le connaît, même si les années passant me font être clément envers ce premier film, pas dénué de certaines bonnes idées, notamment le fait de placer l’histoire avant les jeux, et d’y mettre uniquement des nouveaux personnages. Mais 15 ans et six films plus tard, le constat est bien plus amer. Paul W.S. Anderson est un tâcheron, et son côté revendiqué « je suis fan des jeux » a du se limiter aux trailers des dits jeux, tant il n’a fait que reprendre quelques vagues concepts, des personnages, pour les insérer dans des univers totalement différents. Seul le troisième opus, non réalisé par monsieur Anderson mais par le vétéran Russell Mulcahy trouve vraiment grâce à mes yeux, pour son côté Mad Max du film de zombies. Mais la pilule aura été dure à avaler, et ce jusqu’au Chapitre Final en 2016, véritable torture audiovisuelle, qui mettait nos sens à rude épreuve, et ne nous épargnait jamais la migraine, la faute à un montage et une mise en scène épileptiques et donc, catastrophiques. Il aura fallut attendre 2021 pour voir une nouvelle adaptation se voulant plus fidèle. Nouveau casting, nouveau réalisateur, retour aux sources et aux histoires des jeux vidéo. Le film tant attendu par les fans ? À en croire les avis, pas vraiment, tant certains semblent dire que les films de Paupaul n’étaient pas si mauvais en fait. Et bien je vais me faire l’avocat du diable, car si c’est extrêmement bancal, et que certains choix sont en effet plus que discutables, Welcome to Raccoon City est plus fidèle, plus horrifique et plus cinématographique que les films d’Anderson, voilà. Rien de magistral, rien qui ne fera date dans l’histoire du cinéma, ou dans l’histoire de l’horreur, ou même des adaptations, mais un film où l’on sent clairement que le réalisateur, Johannes Roberts (47 Meters Down) est fan et veut bien faire.

Mais après vision du métrage, et ce dés le début du générique, certains éléments me font dire que bien qu’il soit réalisateur et scénariste, on a du lui mettre quelques bâtons dans les roues. Le budget, estimé à 40 millions par exemple, ne transparaît pas à l’écran, et je me dis que derrière tout ça, il y a sans doute une histoire de producteurs (Paul W.S. Anderson est là…), ou de droits. Oui, le film débarque 5 ans après le Chapitre Final, et souvent, les droits sont payés pour 5 ans. Il est donc possible qu’une partie du budget, en plus de partir dans la construction de gigantesques décors fidèles aux jeux (Capcom a donné les plans des lieux), soit parti dans la négociation de ces droits envers Capcom. Dans le même ordre d’idées, vouloir adapter en un seul film les deux premiers jeux n’est pas forcément l’idée du siècle. Soit le réalisateur voulait vraiment adapter le second jeu (le personnage de Claire est après tout principal) et a du insérer le premier jeu pour le fan service, ou pour une question de logique narrative, soit on lui a clairement imposé. Passons, et parlons de Welcome to Raccoon City. Une chose que le film fait très bien en tout cas, c’est sa scène d’ouverture, se déroulant des années avant, à l’orphelinat. Une scène sobre qui arrive à poser une ambiance, tout en développant de nouvelles choses au niveau de deux personnages principaux, à savoir donc Claire et Chris Redfield. Le réalisateur ajoute en effet un conflit familial entre les deux orphelins, Claire ayant quitté Raccoon il y a des années, Chris étant resté et étant devenu flic, avec une formation payée par Umbrella. C’est bête, mais ce petit background est sympathique et ajoute de l’épaisseur à des personnages qui n’en avaient en réalité pas du tout dans les jeux. Surtout que les acteurs jouant ces deux rôles là sont plutôt bons et crédibles. En réalité, tout le début, avant l’apparition du titre, soit les 15 premières minutes, sont vraiment bonnes. Autre choix du réalisateur, faire de Raccoon City une ville presque fantôme, puisqu’Umbrella délocalise ses quartiers ailleurs, et que la ville s’écroule économiquement. Seuls quelques flics restent, et les habitants les plus pauvres. Un choix qui paraît sans grande importance, mais qui ajoute aussi un peu de background, et surtout permet de mettre à disposition l’argent disponible là où il faut, sans que le spectateur ne lève un sourcil en voyant une invasion de zombies avec si peu de zombies dans les rues.

Le réalisateur en profite plutôt pour jouer sur l’aspect ville fantôme, plongée dans le noir et la brume, un peu comme aurait pu le faire (avec plus de talent) un Carpenter de la bonne époque, période Fog. L’histoire par contre, malgré quelques modifications donc, on la connaît. Claire revient à Raccoon City pour son frère malgré leurs différends, Chris part avec Jill et Wesker au manoir pour chercher l’équipe Bravo, Leon Kennedy est un jeune flic qui débute, et un virus s’échappe, la faute à Umbrella, transformant les habitants en zombies, et amenant quelques autres créatures iconiques, comme le chien zombie, le licker, ou Lisa Trevor, venant du remake du premier Resident Evil. Les effets pratiques sont convaincants, les acteurs font pour la plupart ce qu’ils peuvent, le film préfère jouer sur le suspense et le gore plutôt que l’action à outrance, on retrouve beaucoup d’éléments des jeux, dont quelques clins d’œil bienvenus à d’autres opus (les jumeaux Ashford de Code Veronica), la photographie sent la grosse série B des années 80. Mais tout ça, c’est contrebalancé par les défauts du film, qui abaissent le verdict et en font finalement une adaptation sympa sans plus, qui pourra, et je le conçois, passer pour un nanar aux yeux de certains. Déjà pour le fan, il y a Leon. Oui, Leon, ce jeune flic que l’on jouait dans Resident Evil 2, 4, 6. Devenu iconique, il n’était certes finalement pas si marquant que ça dans le deuxième jeu, il n’était qu’une jeune recrue qui tombait facilement amoureux, mais qui savait se montrait efficace quand il le fallait. Et bien ici, gardez son côté de nouvelle recrue, mais retirez l’efficacité, Leon est juste là pour que tout le monde se foute de sa gueule. Leon S Kennedy, S. comme Stupide. Véridique, un flic le dit. Leon est en permanence rabaissé, et je dois l’avouer, ce manque de respect m’a fait rire à force. Autres choix discutables, le ton de certaines scènes, qui peuvent faire rire dans un film pourtant sérieux. Comment ne pas sourire, mais de honte, devant l’arrivée de ce personnage en feu dans le commissariat sur une musique pop qu’écoute ce jeune Leon ?

Une faute de goût, peut-être imposée en post production, je l’ignore, mais qui est là. Un choix qui certes permet une fois de plus de positionner l’intrigue en 1998 (on a droit aux VHS, quelques références et tout), mais tout de même. Ce genre de petits choix malheureux, il y en a pas mal dans le métrage. Autre choix malheureux qu’il aurait été facile d’éviter, ce compte à rebours avant la destruction de Raccoon City, avec l’heure indiquée à l’écran sur des fonds noirs assez souvent, censé faire monter la sauce sauf que ça ne prend pas du tout. Et comment, pour continuer sur les mauvais choix, ne pas parler de cette scène durant le générique, avec l’apparition d’un personnage iconique, mais qui semble juste être quelqu’un faisant du cosplay et sortant de convention ? Oui, ça fait mal. Et je terminerais cette liste de défauts par un défaut relativement mineur à mes yeux, vu que le budget réellement alloué au film fut sans doute limité, mais les CGI, assez rares, sont de qualité bien discutables, voir parfois juste ratés. Certes, ils restent rares, mais la mise en scène de Johannes Roberts étant le plus souvent posée, à l’opposé d’un Paul W.S. Anderson justement, cela se remarque plus. Bref, des qualités, des défauts, pour une petite série B finalement sans prétentions mais qui, à mes yeux, fait le boulot. Possible d’ailleurs que sans le personnage de Leon, le film aurait été meilleur. Pour les fans, qui n’auraient pas criés, mais aussi pour le film, puisque le film aurait pu se concentrer sur l’histoire de la famille Redfield. Reste le choix de donner dans un sens autant de temps à l’écran au chef de police Irons, mais bon, quand on a un flic qui tire avant de parler sur un homme en feu au lieu de l’aider, je me dis que ce n’est pas bien grave, il m’aura un peu fait rire au moins. Ça aurait pu être mieux, ça aurait pu être pire, mais c’est tout à fait regardable, et malgré ses défauts et quelques choix malheureux, ça a vraiment été fait par un fan ce coup-ci.

Les plus

Tous les clins d’œil
Les décors, fidèles et réussis
Une bonne partie du casting (Claire, Chris, Wesker) réussie
Les effets à l’ancienne
Un film de fan, ça se sent

Les moins

Pauvre Leon
Quelques choix discutables et involontairement comiques
Les rares CGI, ratés
Trop de choses à raconter et trop de personnages pour un film

En bref : Welcome to Raccoon City avait la lourde tâche de remonter le niveau après six films de qualité plus que discutables. Ce n’est pas encore ça, mais il y a du progrès. On est enfin devant de la série B horrifique et non de l’actionneur bourrin et stupide. Quelques choix sont discutables, quelques moments sont ratés, tout comme les rares CGI, ou le traitement d’un personnage culte, mais à côté, on a une série B horrifique plutôt réussie sur certains points, et enfin fait par un fan.

6 réflexions sur « RESIDENT EVIL: WELCOME TO RACCOON CITY de Johannes Roberts (2021) »

  1. Mais pourquoi Paul W.S. Anderson est-il TOUJOURS là ?!? Ça me dépasse.

    Merci pour la review, je le verrai tranquillou en temps voulu.

    1. Une excellente question et j’avoue que quand j’ai vu son nom en producteur exécutif durant le générique, j’ai alors compris que oui, le réal a beau être fan et plutôt compétent dans le domaine de la série B, il n’a pas du pouvoir faire tout ce qu’il voulait (il y a aussi Hadida à le prod, le même qui a imposé Sean Bean pour Silent Hill, et trouvé le réal pour le 2…)

      Je pense sue comme moi tu seras clément. C’est « juste » de la série B mais j’en attendais pas plus, et malgré ses moments ratés, je n’ai jamais passé un mauvais moment non plus.

  2. J’en apprends ! Ce bon vieux Romero aurait pu se fourvoyer dans Resident Evil? Il a bien fait de s’abstenir, non qu’il ait réalisé des chef d’œuvre à la place, mais au moins il est resté fidèle à ses macchabées.
    N’étant pas spécialement fan et encore moins connaisseur du jeu vidéo, je pense que je vais m’abstenir sur ce coup là.

    1. Oh tu sais, les trois premiers jeux Resident Evil (donc de 1996 à 1999) sont très influencés par le cinéma de Romero de base, et Romero avait réalisé une pub en 1998 pour la sortie du second jeu. Ça aurait été un juste retour des choses, il avait même écris un scénario en fait, mais refusé pour laisser place à Paupaul…. Incompréhensible, surtout que depuis, le scénario de Romero a circulé sur le net et est apparemment pas parfait, mais plus sympa que toutes les Zderies de Paul. Mais oui, je sais que tu ne connais pas et ne t’intéresse pas aux jeux, mais les premiers sont donc un penchant vidéoludique de l’oeuvre de Romero, la grosse différence majeure étant que les jeux (et donc ce film) donne une origine à l’épidémie, alors que chez Romero, les morts se lèvent juste.

      Ce qui est étonnant en fait est de voir le réalisateur ici bien plus influencé par Carpenter (les rues désertes avec de la brume, une scène qui joue beaucoup sur l’obscurité, jusqu’à aller reprendre aussi pour le générique la police d’écriture de Carpenter – mais je ne dis rien, j’ai fais la même chose sur mon dernier court haha). Mais voilà, en soit c’est une série B honnête qui se fait souvent défoncer pour des raisons parfois compréhensibles, et parfois, je me demande si les gens ne vont pas voir du cinéma B en attendant du Mallick ou que sais-je haha.

      1. Je préfère quand on m’explique pas pourquoi le morts reviennent.
        Ceci dit, « le retour des morts vivants » de Dan O’Bannon donnait une explication et ce n’était pas si mal. D’ailleurs, j’ai l’impression que Resident Evil lorgne plutôt du côté de ce film.

        1. Hey mais…. C’est vrai qu’avec le recul, autant les jeux que cette adaptation fidèle sur pas mal de points, le lien est pas con du tout. L’apparition de la contamination dans une petite bourgade et donc pas tant d’habitants que ça, les personnages retranchés dans un lieu pendant une grande partie du métrage, le fait que ça se déroule que sur une nuit (et avec pluie parfois), ou même, tout con, mais la finalité mais bon, on entre en territoire spoilers là (sauf pour les gameurs, ce qui n’est donc pas ton cas haha). Mais oui, belle remarque qui me donnerait presque envie de remettre la galette du Chat qui Fume dans le lecteur… mais priorité à quelques films de 2021 qu’il me reste, histoire d’être sûr que mon top et flop de l’année soit le plus juste possible ^^

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