HITCH-HIKE (ヒッチハイク) de Shibata Ainosuke (2013)

HITCH-HIKE

Titre original : Hicchihaiku – ヒッチハイク
2013 – Japon
Genre : Thriller
Durée : 1h10
Réalisation : Shibata Ainosuke
Musique : Shibata Shinnosuke
Scénario : Kubota Hiroyasu

Avec Yokoyama Miyuki, Kawatsure Hiroaki et Matsuda Shôichi

Synopsis : Yoshio, mari brutal, et sa femme silencieuse, Saeko, sont sur la route. En chemin, ils prennent en stop un homme étrange, qui va se révéler être un dangereux braqueur de braques et tueur en série.

Au départ, il y a Hitch-Hike, film du même nom datant de 1977, thriller Italien de Pasquale Festa Campanile, mettant en scène Franco Nero (Django) et David Hess (La Dernière Maison sur la Gauche). Puis il y a Hitch-Hike, très très modeste production Japonaise de 2013 dont la pochette me faisait de l’œil depuis un bail. Un film qui pour une raison plutôt obscure a attiré le regard de la société Troma, qui décida de distribuer le film en Amérique, dans un double pack comprenant également le film Camp de 2014. Deux films allant ensemble finalement, et sur ça, les pochettes ne mentent pas, et l’on pourrait rajouter Lipstick de 2013 dans le lot. Même style de pochettes, et plus important, même actrice principale, et même réalisateur, qui signe par ailleurs ses trois seuls métrages. Dont il est également le monteur. Quand à l’actrice, nous parlons là de Yokoyama Miyuki, apparue depuis dans Tokyo Tribe de Sono Sion, et possédant un certain avantage physique dirons nous, une facilité à se dénuder que l’on explique facilement par son passé d’AV Idole. Bon ça tombe bien pour elle, enfin surtout pour le réalisateur, puisque Hitch-Hike, c’est du cinéma d’exploitation à 200%, du cinéma d’exploitation bien fauché. Malheureusement, fauché oui, mais pas débordant d’idées. Dommage car en général, ce genre de métrages permet justement au réalisateur de se lâcher et d’expérimenter, quitte à se planter une fois sur deux, mais du coup permet de livrer un produit généreux, inventif. Ou alors fou et gore, et donc, marquant par sa violence viscérale. Oubliez tout ça ici, Hitch-Hike semble être en pilote automatique quasi tout le long.

Même Yokoyama Miyuki, fort mignonne à regarder, semble clairement s’emmerder pendant quasiment tout le film, se contentant de rester dans le cadre, silencieuse, de regarder dans le vide. Et quand il lui arrive enfin quelque chose, du genre, comme par hasard, un viol, elle n’est pas la plus expressive du monde. La crédibilité en prend un coup, surtout que Hitch-Hike se fait très poli, voir très clean surtout, autant niveau violence que niveau sexe. Presque (je dis bien presque) comme s’il tentait de renier ce qu’il était. La plupart des scènes sanglantes auront lieu hors champs, les moments dits sexuels seront rares et expéditifs, et super sages. Un moyen aisé de rendre le film efficace aurait été de montrer frontalement un acte violent d’entrée de jeu, établissant alors le personnage comme une vraie menace et surtout en s’affranchissant du côté fauché de l’entreprise, quitte à se calmer ensuite et à mettre une bonne partie du budget dans un seul effet. Mais en se refusant ça, le film reste plat, timide, et ne cache pas un seul instant son côté bobine fauchée, mais du coup surtout laborieuse, peu inspirée, et se contentant de reprendre le pitch du film de 1977 en y ajoutant quelques influences venant des films bien connus du style, comme par exemple Massacre à la Tronçonneuse. Et puis, il y a aussi le souci des personnages. Aucun n’apparaît comme sympathique. Le couple constitué de Yoshio et Saeko paraît peu crédible tant l’homme est un enfoiré. Dés le début, le voilà en voiture à crier sur sa femme et à lui verser une bière sur elle (afin bien entendu de faire apparaître son soutien-gorge à travers sa chemise blanche). Trois minutes à peine au compteur après, voilà que Yoshio se décide à toucher sa femme et bien plus sur une aire d’autoroute, devant de parfaits inconnus.

En dix minutes, le film prouve qu’il est fauché, pas spécialement bien éclairé ou bien filmé, et que les acteurs ont bien du mal à être crédibles, mais que les personnages ne viennent pas les aider. Quand ils rencontrent finalement l’auto-stoppeur sans nom, le voilà au milieu de la route, à sourire. Et jamais il ne constituera une menace crédible pour eux. Pas effrayant pour un sous, jamais ambigu. Et quand le métrage veut nous montrer à quel point l’homme est dangereux, le voilà à tirer sur un flic et une inconnue avec un fusil de chasse, sauf que rien à faire. La musique en fait trop, la caméra cadre l’action sans jamais chercher le plan qu’il faut, le montage se contente de banals champs et contre champs, et les effets spéciaux, peu convaincants, ne montrent jamais les actions mais seulement le résultat. Et puis finalement, malgré seulement 1h10 au compteur, et bien qu’est ce que c’est mou. Il faut attendre un bon 40 minutes avant que les choses se bougent et qu’un élément véritablement perturbateur ne vienne faire irruption dans le récit. Et là, faute de moyens, ça tombe à l’eau. Comme je vous exposais au début, le film aurait du oser la scène clé, ou l’élément choc plus tôt pour rendre la menace crédible, nous faire anticiper le prochain événement choc. Au lieu de ça, rien de rien. Et quand le film se bouge, on aura droit à quelques combats mous dont les coups sont clairement donnés à côté, ou encore à une courte poursuite en voiture dont l’utilisation de l’accéléré nous ramènera aux plans les moins subtils du cinéma de Hong Kong des années 80 pour ce genre de plans. C’est là qu’ironiquement arrive la scène finale, après 1h05 d’un spectacle plutôt raté, se faisant bien plus travaillée et surtout jolie visuellement, sans doute grâce à un gros hasard durant le tournage (ah la neige). Maintenant, pourquoi Troma a décidé de sortir ce film, le mystère reste entier.

Les plus

Yokoyama Miyuki, jolie à regarder
La scène finale, très jolie visuellement

Les moins

Fauché comme les blés
Plat au possible
Jamais sanglant, provocateur ni quoi que ce soit
Des personnages peu crédibles

En bref : Malgré une pochette minimaliste rappelant I Spit on Your Grave, une actrice venant du monde des AV, et son pitch remakant quasi le film du même titre de 1977, Hitch-Hike reste un petit film fauché sans envergure, ni talent, ni envie.

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