VOLTE/FACE (Face/Off) de John Woo (1997)

VOLTE/FACE

Titre original : Face/Off
1997 – Etats Unis
Genre : Action
Durée : 2h18
Réalisation : John Woo
Musique : John Powell
Scénario : Mike Werb et Michael Colleary

Avec John Travolta, Nicolas Cage, Joan Allen, Alessandro Nivola, Dominique Swain, Gina Gershon, Nick Cassavetes, CCH Pounder et John Carroll Lynch

Synopsis : En 1991, le terroriste Castor Troy tente d’abattre son ennemi juré Sean Archer, agent du FBI. Au moment du tir, il rate Archer, mais abat accidentellement son fils. Six ans plus tard, Castor est repéré à Los Angeles. À la suite d’un violent affrontement à l’aéroport, Castor est plongé dans le coma par Archer. Ce dernier apprend que Troy a placé une bombe chimique en ville. Grâce à une opération chirurgicale, il prend le visage de Troy afin d’infiltrer secrètement un pénitencier où est détenu Pollux, le frère de Castor, pour connaitre l’emplacement de la bombe. Entre-temps, Troy, sort du coma et se fait lui-même greffer le masque d’Archer, tue tous ceux qui sont au courant de l’opération, et vole le travail, la vie et la femme d’Archer. Livré à lui-même, privé de son identité, Archer décide de s’évader.

Volte Face est souvent considéré comme le chef d’œuvre de John Woo lors de son long exil aux Etats Unis. Et en effet, maintenant qu’il est clairement revenu chez lui, et que l’on peut avoir un regard lucide et avec du recul, on ne donnera pas tort à ceux qui le pensent. Ceci dit, le propos reste à modérer, car oui, justement, avec le recul, et bien la carrière US de John Woo n’est pas non plus une catastrophe. Chasse à L’homme (Hard Target), avec Jean Claude Van Damne, d’accord, ce n’est pas un grand film, mais c’est finalement un actionneur plutôt sympathique, dont on retrouvera d’ailleurs quelques idées de mise en scène par la suite, notamment dans ce Volte Face. Broken Arrow, malgré le fait que le film soit expurgé du style de Woo (si peu de ralentis), ça reste plutôt efficace, John Travolta cabotine et s’éclate en méchant. Windtalkers, où Woo retrouvait Nicolas Cage (et Christian Slater tiens), c’était apparemment (mais promis je le vois bientôt) un film de guerre sympathique. Bon oui, je ne trouverais par contre pas un seul mot pour défendre Paycheck et Mission Impossible 2, deux films qui m’exaspèrent. Mais voilà, le verdict final n’est pas si honteux. Sans oublier que durant son exil aux Etats Unis, John Woo a produit en 1998 the Big Hit, le film d’action un brin débile de son pote Kirk Wong, purement jouissif. Mais bon, revenons à ce Volte Face, clairement son meilleur film US quoi qu’il arrive. Qu’est ce qui en fait une réussite totale comparé aux autres métrages de John Woo sur le sol Américain ? Déjà la confiance que les producteurs (dont Michael Douglas) ont envers l’artiste, le laissant réaliser le film qu’il veut (ralentis et gunfight dans tous les coins, avec vol de colombes en bonus évidemment).

Volte Face était d’ailleurs au départ conçu comme un film de science fiction, ce qui se comprend aisément quand on découvre le pitch, avec cet échange d’identité entre un tueur un brin taré, joué par Nicolas Cage, et un agent le traquant sans relâche depuis des années, joué par John Travolta. Oui, car en soit, échanger un visage, ce n’est pas ça qui va changer notre masse musculaire et notre taille pour ressembler à quelqu’un d’autre. Les explications sont légères, et il faudra l’accepter. Et si l’on accepte ce point de départ que John Woo remet dans un contexte urbain et surtout de nos jours (de nos jours en 1997 donc), et bien, Volte Face est hyper efficace, très bien écrit, et permet en plus aux deux acteurs principaux de jouer chacun deux rôles. Ce qui est souvent une aubaine pour les acteurs. Cage et Travolta peuvent donc jouer tour à tour le gentil et le méchant, être rongés par la culpabilité, le doute, puis se la jouer tueur fou. Un échange d’identité bien vu donc, surtout que le scénario parvient à l’exploiter, chaque personnage ayant sa vie bien à lui, et donc, des interactions bien différentes avec leur entourage. Et puis il faut souligner que Travolta et Cage sont tous les deux excellents, chacun montrant clairement deux jeux totalement différents, et permettant même à Cage de nous ressortir quelques mimiques qui manquaient à ses fans de la première heure, et nous renvoient des années en arrière, à la fameuse époque d’Embrasse-Moi Vampire ! Rien que ça ! Bien écrit donc quand on accepte son point de départ absurde mais que John Woo parvient à rendre crédible, très bien joué par ses acteurs principaux, il ne reste donc plus qu’à bien emballer le tout, et à bourrer le tout d’action pour en mettre plein la vue. Et ça ne déçoit pas. John Woo livre une mise en scène digne de ce qu’il sait faire, et réutilise tous ces tics.

Ralentis évidemment lors des fusillades, poses iconiques, personnages qui n’hésitent pas à bouger comme dans un ballet lors des fusillades, personnages qui se prennent des chargeurs entiers, vol de colombes en arrière plan (ou au premier plan d’ailleurs), et bien entendu, des personnages, beaucoup de personnages qui se tiennent en joue, ramenant un peu à la belle époque d’Une Balle dans la Tête. Et puis John Woo se fait plaisir niveau action, blindant son film à raz bord de fusillades, de courses poursuites, de scènes cultes comme l’arrestation de Castor Troy dans l’entrepôt au début, l’évasion de la prison, ou la très longue poursuite finale. Ça explose et flingue dans tous les sens, c’est bien filmé, c’est épique, et les thèmes composés par John Powell donnent encore plus un côté épique aux scènes. Un vrai festival je vous dis. Le seul défaut de cette folie des grandeurs ? Et bien oui, forcément, de pouvoir à présent voir le film en magnifique copie HD sur écran géant, et bien, les défauts sautent aux yeux. Enfin, les défauts, disons les aléas du tournage à Hollywood. Oui, un petit filin pas effacé dans un plan furtif qui se remarque bien à l’écran, un usage de doublures bien voyantes dans certaines scènes, que ce soit pour Cage ou pour Travolta, notamment lors de la poursuite finale. Pas des défauts qui viennent pourrir le film, il ne faut pas exagérer, mais qui pourront faire sourire les spectateurs les plus pointilleux, ou ceux aux yeux de Lynx ! Personnellement, et bien que je le remarque de plus en plus à chaque vision, je préfère sourire et profiter à fond du spectacle proposé par John Woo.

Les plus

De l’action survoltée
Un concept certes invraisemblable mais bien vu et bien traité
John Travolta et Nicolas Cage
Le style de John Woo

Les moins

Mais oui, invraisemblable, il faut l’accepter
Quelques défauts voyants sur les plus belles copies du film

En bref : Volte Face, c’est plus de deux heures d’action, bien menée, avec deux acteurs excellents qui se font plaisir, et ça permet de passer outre quelques menus défauts.

4 réflexions sur « VOLTE/FACE (Face/Off) de John Woo (1997) »

  1. Raaaah ! Je suis d’accord avec toi. Un grand film d’action, tellement dingue d’ailleurs, que l’on fait rapidement abstraction du côté invraisemblable du truc – et c’est un tour de force car ça aurait rapidement vu tourner au nanar… à la farce !

    J’étais comme un fou en sortant de la salle de ciné, je sautais littéralement sur place. Le film a bien vieilli d’ailleurs. Les années 90, ce fut assez incroyable en matière de films d’action quand même…

    1. Ça aurait été super étonnant que l’on soit en désaccord sur ce film ! Mais le choix de John Woo de mettre cette histoire limite de SF dans notre univers réaliste et quotidien, c’était à la fois le bon choix et le choix le plus risqué, et ça passe nickel.
      Rah tu l’as vu au ciné, je suis jaloux ! Je ne l’ai vu qu’un an après sa sortie en location VHS. Je crois pareil pour les deux autres grands films d’action de Cage des années 90, THE ROCK et CON AIR (les deux reviews arrivent haha).

  2. L’actioner ultime du Woo.S.A. Je ne l’ai pas revu de puis très longtemps et visiblement, il mériterait un petit lifting (histoire d’effacer les trucages).
    L’association Travolta/Cage était une idée de génie.

    1. Le film qui met tout le monde d’accord, et je te conseille fortement une nouvelle vision oui, on passe très facilement outre ses quelques défauts. Et puis étant donné que tu as vu UNE BALLE DANS LA TÊTE, tu es dans le bon état d’esprit pour continuer sur ta lancée 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

%d blogueurs aiment cette page :