DELINQUENT GIRL BOSS: TOKYO DRIFTERS (ずべ公番長 東京流れ者) de Yamaguchi Kazuhiko (1970)

DELINQUENT GIRL BOSS: TOKYO DRIFTERS

Titre original : Zubekô banchô: Tokyo Nagaremono – Girl Vagrants of Tokyo – ずべ公番長 東京流れ者
1970 – Japon
Genre : Policier
Durée : 1h25
Réalisation : Yamaguchi Kazuhiko
Musique : –
Scénario : Yamaguchi Kazuhiko et Miyashita Norio

Avec Oshida Reiko, Sono Kayako, Tachibana Masumi, Kagawa Yukie, Watase Tsunehiko et Hidari Tonpei

Synopsis : Rika, étudiante réformée, est enfin dehors, et rejoint un clan de vendeurs de rue. Plusieurs de ses amies la rejoignent dans ce business, et tout semble aller pour le mieux, jusqu’à l’intervention de Yakuzas…

C’est après avoir découvert le quatrième et dernier opus de la saga des Delinquent Girl Boss que je me suis dis qu’il fallait que je creuse cette saga, et vois donc les autres opus. Heureusement, les opus peuvent être vus comme des suites, mais également comme des variations de la même histoire. Aucun souci du coup pour suivre les intrigues. On y trouve donc ici Rika, déjà jouée par la sublime et charismatique Oshida Reiko, encore enfermée dans une école pour y être réformée avec d’autres camarades à elle. Basiquement, peu de surprises, la structure étant clairement la même de film en film. Rika est enfermée, ses amies également, et à leurs sorties, elles tentent de s’adapter à la société actuelle, de trouver du travail, avant que quelque chose ne dérape et que les jeunes femmes s’allient pour un final se terminant souvent dans le sang, celui des yakuzas. Aussi simple qu’intéressant, cette narration assez classique permettant clairement de varier les thèmes, les personnages secondaires, de jouer sur des terrains différents, voir de placer les intrigues dans des environnements différents. Tokyo Drifters est donc le second opus de la saga. Oui, je regarde ça dans l’ordre dans lequel je les trouve. Commençant de manière plutôt classique mais assez amusante pour le genre, avec ce pauvre docteur qui vient donner un cours aux jeunes femmes sur la sexualité et espère bien en profiter pour toucher des seins en pagaille, le voilà maltraité par les jeunes femmes et déshabillé en public. Ça commence fort en tout cas, mêlant contexte d’époque, jeunesse délinquante, et le tout avec un humour libérateur et typique du début des années 70 au Japon, avec une vraie liberté de ton.

C’est ce qui fait après tout la force de la saga, et de pas mal d’autres sagas lancées par les studios durant ses années là, que ce soit La Femme Scorpion ou les Stray Cat Rock, et tout un tas d’autres métrages qui n’ont pas forcément eu la chance de devenir des sagas ou d’avoir la même aura auprès des cinéphiles. L’intrigue reprend donc lorsque Rika est de nouveau à l’air libre, ainsi que ses amies. Cherchant désespérément du travail, elle finie par accepter, à contre cœur au départ, un boulot de vendeuse de rue pour un clan. Avec qui finalement, elle va finir par se lier d’amitié, avec ce que cela implique de respect, de travail acharné, et bien entendu, certaines de ses amies vont la rejoindre dans cette entreprise. Dans le fond, ce second opus se fait clairement plus sobre, moins fou, mais également plus lent. En voulant être sans doute plus réaliste, c’est un peu le prix à payer. Cela n’en fait pas un mauvais film, ou même un mauvais opus dans la saga, mais finalement, ses choix m’auront quelque peu déçu. Et ce malgré les personnages secondaires plutôt attachants, malgré toujours des coups bas de la part des grands méchants yakuzas, des trahisons et tentatives de meurtres bien évidemment, et malgré le grand charisme d’Oshida Reiko. Oui vraiment, je crois que je l’adore elle ! Nous suivons pendant une grande partie du métrage les déboires de ces vendeurs de rue, tout en apprenant plus de choses sur le passé des personnages, sur le fils de la patronne qui a décidé de partir pour faire autre chose de sa vie quelques années plus tôt, et sur les yakuzas qui eux aussi voudraient bien une part du gâteau dans cette parfois juteuse affaire.

La formule est donc connue, et on se doute fortement de l’événement qui va finir par amener le dernier acte du métrage. Dernier acte rejoignant alors le tout début du film, de par son côté plus mouvementé, plus violent, mais également volontairement parfois plus sexy et amusant. Voir un des personnages dans une situation catastrophique et qui ne trouve rien de mieux à faire que de montrer sa poitrine pour faire baisser la garde de son ennemi. Oui, c’était déjà là dans le quatrième opus, mais ça fonctionne toujours autant. En fait, Tokyo Drifters, quand il retrouve la folie qui fait la sève de la saga et de son époque de production, est une pépite. Les actrices sont au top, le ton est résolument cool bien que parfois un peu grave, et même si son final est un peu bordélique (le final du quatrième film semble mieux organisé et chorégraphié), il se dégage une vraie énergie salvatrice du métrage. C’est juste dommage qu’en se voulant un poil plus sérieux, sans atteindre cependant la gravité et la profondeur du dernier métrage, ce Tokyo Drifters souffre de quelques lenteurs au milieu de son récit. Sympathique mais pas inoubliable donc.

Les plus

Oshida Reiko, toujours au top
Le début, rythmé et amusant
Le final qui se lâche
Très sympathique dans son genre

Les moins

Mais le final un peu trop brouillon
Des longueurs mi-parcours

En bref : Un second opus attachant, pas inintéressant, mais souffrant de quelques longueurs. Reste l’ambiance typique des années 70 et son casting, réussi.

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