THE AVENGING QUARTET (霸海紅英) de Stanley Siu Wing (1993)

THE AVENGING QUARTET

Titre Original : 霸海紅英
1993 – Hong Kong
Genre : Policier
Durée : 1h32
Réalisation : Stanley Siu Wing
Musique : Sherman Chow et Johnny Yeung
Scénario : Matt Chow Hoi-Kwong

Avec Cynthia Khan, Moon Lee, Waise Lee, Chin Ka-Lok, Nishiwaki Michiko, Ôshima Yukari, James Ha Chim-Si, Hung San-Nam et Lee Siu-Kay

Synopsis : Un homme s’échappe de la Chine pour Hong Kong avec une peinture contenant la liste des officiers Japonais durant la seconde guerre mondiale. Chin, sa petite amie, policière, part à sa recherchée, et va recevoir l’aide de Feng. Deux Japonaises, Oshima et Sen, se lancent à la recherche de la peinture.

The Avenging Quartet, c’est le genre de film qui arrive sur un plateau. Dans les faits hein. Regardez-moi cette pochette, des filles, des motos, et quatre personnalités bien connues et appréciées réunies dans le même film. Comment se rater ? Et puis même, lisez-moi ce synopsis, à base de peinture volée, tout ce qu’il faut pour même un brin d’aventures dans le métrage. Et même si on comprend très vite que la pochette est mensongère puisque notre groupe de quatre femmes est en réalité composé de deux groupes de deux femmes, Cynthia Khan et Moon Lee d’un côté, et Nishiwaki Michiko et Ôshima Yukari de l’autre, on se dit qu’il y a là assez de potentiel pour faire du grand divertissement, donner au fan ce qu’il peut espérer d’un tel projet. Peu importe si le réalisateur, Stanley Siu Wing, avec une vingtaine de films au compteur, me soit totalement inconnu. Ni même si le scénariste débutait cette même année 1993. Et puis non, laissez moi vous le dire, ils se sont foirés, bien comme il faut. Tous les éléments attendus sont là. Nos quatre femmes fortes à l’écran, il y aura des combats, une intrigue à base de peinture, des morts brutales, mais tout cela sera dilué dans une intrigue peu intéressante et qui préfère prendre son temps sur des moments anodins. Pourtant, malgré la grosse maladresse (ou incompétence) de l’ouverture, je voulais y croire. Oui car ça commence comme souvent cash par une fusillade, une arrestation ratée en Chine où Cynthia Khan manque de perdre la vie. Ça démarre donc cash, même si bon, on remarque immédiatement que le réalisateur aime les angles de caméra assez serrés (ce qui est dommage pour la lisibilité de l’action) et fait le choix de filmer son action en extérieur, de nuit, en bord de plage, ce qui donne une image hyper sombre, et rend donc l’action, et bien, encore plus brouillonne.

Mais n’ayez pas peur, il ne le refera pas pour la suite, car l’action sera hyper rare. En réalité, pendant quasiment une heure, on va avoir droit à une intrigue qui a du mal à se lancer, et où pour le coup, on se dit clairement que le film fut tourné juste pour capitaliser sur le nom des actrices, mais sans avoir de véritablement scénario lors du tournage. Et quand on invente au fur et à mesure, et que le scénariste est en plus débutant, et le budget sans doute limité, qu’est ce que l’on fait ? Et bien on nous montre nos deux héroïnes principales, Cynthia Khan et Moon Lee, discuter, sympathiser, jouer à la Snes (véridique) ou partir faire du shopping… Oui, c’est exactement ce que l’on attendait de la réunion à l’écran des meilleurs kickeuses du cinéma HK, évidemment ! Le pire étant bien entendu que les actrices, et bien en soit, elles ne sont pas mauvaises, elles ont l’air de s’amuser, sans doute car tout cela leur fait une pause entre deux tournages plus musclés, et qu’elles s’entendent probablement bien après tant de métrages ensembles. Non, elles ne sont pas mauvaises, c’est juste le film qui se moque un peu de nous ! Surtout que même niveau technique, si c’est parfois cadré et monté étrangement, avec cette impression que le cadreur avait peur de s’éloigner des stars du film, et bien l’éclairage lui est plutôt convaincant, et il y aura même quelques rares trouvailles sympathiques. Il faut dire que le directeur de la photo avait déjà travaillé à plusieurs reprises dans le genre depuis ses débuts, sur Dreaming the Reality et Angel Terminators 2 par exemple, et continuera en éclairant quelques films de et avec Donnie Yen (Ballistic Kiss, Legend of the Wolf), et par la suite des grosses productions entre Hong Kong et la Chine, comme A Chinese Ghost Story en 2011. Bref, durant toute la première heure, on soupire, il ne se passe rien d’intéressant, tout le monde cherche Waise Lee qui lui fait sa petite vie tranquille à côté. Pire, nos deux kickeuses Japonaises, Nishiwaki Michiko et Ôshima Yukari, auront un temps d’écran plutôt limité, au bas mot, 15 minutes en tout et pour tout. Comment combler donc en attendant ce qui nous intéresse ?

En rajoutant un flic, joué par Chin Ka-Lok, et qui fera office d’élément comique dans le métrage en voulant draguer Moon Lee et Cynthia Khan, et ne servant en fait à rien du tout. Et malgré une carrière étonnante (il a tourné pour Jackie Chan, Sammo Hung, Ringo Lam, Corey Yuen, et déjà avec Moon Lee dans Bury Me High en 1991), et bien ici non, il n’est que l’élément comique et lourdingue dont on se serait bien passé. Il faut donc attendre presque une heure que le film se réveille, avec enfin un combat sympathique bien qu’encore une fois maladroit dans la manière dont il est filmé, entre nos deux Japonaises dans une salle de gym, mais qui nous montre, durant une petite minute, ce qu’aurait pu et dû être le film. C’est en réalité à partir de ce court combat que le film se réveille enfin, et parvient à surprendre, dans une scène qui tout à coup, après un début limite niais s’éternisant, décide de devenir ultra violent voir gratuit. Surprenant oui. Avant un duel dans une maison en flammes, qui impressionne plus par la volonté de nos actrices que par ce qu’il se passe réellement à l’écran, vu qu’encore une fois, ce n’est pas franchement très bien filmé. Mais on se rattrape comme on peut, et ce final donc, aussi moyen soit-il, il fait du bien. Voir l’intégralité du casting se foutre enfin sur la gueule, et le tout virer au final nihiliste et noir, c’est un peu ce que l’on attendait de lui depuis le début, et ce qu’il nous a donc refusé. Au moins, j’aurais appris que Cynthia Khan et Moon Lee aimaient les jeux Snes. Maigre consolation.

Les plus

Un casting 4 étoiles…
Un final qui se réveille…

Les moins

…Mais un casting jamais exploité
…Mais un réveil trop tard, et trop court
La première heure, interminable
Oshima et Nishiwaki, 15 minutes à l’écran

En bref : The Avenging Quartet vendait du rêve, et finalement, ça fait pschiiit. Long, jamais franchement intéressant, assez avares en action, ne sachant pas toujours quoi faire de ces personnages, seul le final vient un peu sauver les meubles.

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