BABY CART 6 : LE PARADIS BLANC DE L’ENFER (子連れ狼 地獄へ行くぞ!大五郎) de Kuroda Yoshiyuki (1974)

BABY CART 6 : LE PARADIS BLANC DE L’ENFER

Titre Original : Kozure Ôkami: Jigoku e ikuzo! Daigoro – 子連れ狼 地獄へ行くぞ!大五郎
1974 – Japon
Genre : Chanbara
Durée : 1h24
Réalisation : Kuroda Yoshiyuki
Musique : Murai Kunihiko
Scénario : Nakamura Tsutomu d’après le manga Kojima Goseki et Koike Kazuo

Avec Wakayama Tomisaburô, Tomikawa Akihiro, Hitomi Junko, Kimura Isao, Oki Minoru et Mutsumi Gorô

Synopsis : Itto Ogami, accompagné de son fils Daigoro, doit faire face une dernière fois à son ennemi juré, Retsudo Yagyu, qui lance contre lui les derniers membres de son clan : des pratiquants de la magie noire ; Kaori, une experte du couteau ; et Hyouei, son fils illégitime.

Tout ce qui a commencé doit se finir un jour… Allez dire ça à Marvel de nos jours ! Mais retournons dans le passé, en 1974. Le manga Baby Cart n’est toujours pas achevé, pour ça il faudra attendre 1976, mais la saga au cinéma débutée seulement en 1972 va avoir droit à son final. Misumi Kenji, ayant réalisé la quasi intégralité de la saga ne revient pas. Saitô Buichi, qui avait réalisé l’étonnement très bon quatrième opus, ne revient pas non plus, et la Toho offre la mise en scène de cet ultime opus à Kuroda Yoshiyuki, un réalisateur pas forcément habitué à l’époque à réaliser du chanbara, puisqu’il n’a qu’une poignée de films derrière lui, donc deux films pour la saga Yokai Monsters (Yôkai Daisensô) en 1968 et 1969. On pourrait voir tout ça comme l’époque où les possibilités d’évolution et les possibilités de se retrouver sur des projets d’envergures étaient plus simples. Sauf que malgré tout, se retrouver catapulté sur l’opus final d’une saga équipe où l’on ne compte plus le nombre de corps inertes laissés derrière le passage de son personnage principal, c’est une tâche assez ardue, encore plus quand le film est attendu et doit boucler une intrigue alors que le manga lui continue. Ce dernier point d’ailleurs, on remarquera qu’il n’a aucunement changé aujourd’hui, les adaptations de manga continuant, souvent avec des adaptations en deux films seulement, alors que l’histoire sur son support de base est toujours en cours, et donc, il faut inventer une nouvelle fin. Mais revenons à Baby Cart donc. Sixième opus, des centaines de morts, découpés, tranchés, transpercés, explosés, mitraillés. On ne compte plus combien depuis longtemps. Nouveau réalisateur, mais sinon, même équipe. Pour marquer le coup, il faut forcément amener un peu de nouveauté dans le récit.

Et ce Paradis Blanc de l’Enfer a deux idées en terme de nouveautés. La première, notamment pour son ouverture et son long final, c’est le cadre enneigé qu’il place devant la caméra et dans lequel nos personnages vont devoir évoluer. Ce fameux Paradis Blanc du titre. Pas une mauvaise idée, tant cela donne clairement une nouvelle identité visuelle au titre, et que l’idée même se marie parfaitement avec la violence de la saga qui déverse des litres de sang sur ses décors. L’autre nouveauté, c’est l’ajout plutôt discrète du fantastique dans le récit, avec de la magie noire. Est-ce que ça fonctionne ? Dans le fond, ce n’est clairement pas envahissant ni trop en avant, mais du coup, on se dit que cela en devient clairement optionnel en réalité. L’on pourrait presque être déçu de voir l’utilisation de la magie noire aussi discrète dans le titre. Mais malheureusement, sans pour autant être un mauvais métrage, le reste est un peu à l’image de ses idées là. Intéressant, mais jamais pleinement exploité, ou pire, assumé. La mise en scène par exemple, elle fourmille parfois de petites idées, mais l’on se rend rapidement compte que le réalisateur n’ose pas épouser la liberté de ton et de cadrages des précédents opus, préférant se faire efficace et fonctionnelle plutôt que de clairement surprendre le spectateur. Mais finalement, les plus grosses déceptions viendront du récit en lui-même et du manque d’ampleur de la mise en scène sur ce qui est pourtant l’opus final, l’opus des résolutions normalement.

Une saga comme Baby Cart se doit de mettre en avant un bouquet final digne des cinq épisodes précédents. Sauf que beaucoup d’éléments semblent plutôt là gratuitement, comme pour répondre, déjà en 1974 ; à un cahier de charge. Itto va donc devoir combattre plus de 150 ennemis durant le métrage, le final dans la neige le met face à des dizaines et dizaines d’ennemis arrivant sur lui sur des skis, les personnages tombent, sont découpés et mitraillés, et même ce pauvre Daigoro aura droit à un plan totalement gratuit sur son derrière. Comme si le maître mot de cette suite était « plus ». Il est plutôt amusant de constater lors de son final que cette grande bataille enneigée à dans un sens des petits accents de James Bond, autant visuellement qu’en terme d’accompagnement sonore. Coïncidence ? Peut-être. Mais voilà, visuellement, on a cette impression de vouloir faire plus, de surpasser les précédents, juste pour le faire car il s’agît du final. Seulement justement, ce dit final ne conclut rien. Narrativement, il n’y a pas de fin véritable au conflit opposant Itto à Yagyû. Pas de duel final, où l’un des deux s’écroule non, juste une dernière tirade faisant presque office de tirade de James Bond encore une fois, en mode « je reviendrais ». Est-ce que l’ensemble paraît donc un peu vain, voir inachevé ? En quelque sorte oui. Sans être mauvais, loin de là, le film ayant ses moments de bravoures et ses idées folles, mais avec son statut de dernier film de la saga qui ne tient pas vraiment ses promesses, on ne peut que ressortir déçu de la vision et se dire facilement que ce Paradis Blanc de l’Enfer est malgré tout l’opus le plus faible de la saga. Dommage. Mais aucunement mauvais.

Les plus

Retrouver les personnages et l’ambiance
Un bon gros paquet de morts
Les jolis paysages enneigés, ça change
Quelques ennemis intéressants

Les moins

Une mise en scène qui n’ose pas
Un épisode final qui ne conclut pas grand-chose

En bref : Voilà, Baby Cart, c’est terminé. Un carnage final hautement sympathique avec un nouveau cadre visuel, mais décevant malgré tout par bien des aspects.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ See the characters and this world one final time
♥ A lot, bur really, a looooot of deaths
♥ Nice landscapes under the snow
♥ A few interesting new enemies
⊗ Visually, it doesn’t try too many crazy things
⊗ A final film, yes, but not a conclusion
Here it is, Baby Cart, the Lonewolf, it’s over. A final film very enjoyable, with new ideas, enemies and environment, but still a bit disappointing.

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