BEAST de Nelson (2022)

BEAST

Titre Original : Beast
2022 – Inde
Genre : Action
Durée : 2h36
Réalisation : Nelson
Musique : Anirudh
Scénario : Nelson

Avec Thalapathy Vijay, Pooja Hedge, K. Selvaraghavan, Shine Tom Chacko, Yogi Babu, Redin Kingsley et VTV Ganesh

Synopsis : Après qu’un centre commercial de Chennai a été détourné par des terroristes qui retiennent les visiteurs en otages, Veera Raghavan, un espion également pris au piège dans le centre commercial, décide de sauver les otages.

Je connais très peu, voir pas du tout le cinéma Indien, le seul film que j’aurais vu en intégralité étant un bon gros nanar des familles, le fameux Alluda Majaka. La raison est simple, leur cinéma, très coloré, très chantant et souvent très long ne m’intéresse pas spécialement, surtout que le peu que j’en ai vu via divers extraits, j’ai l’impression que l’on pourrait mélanger les scènes de plusieurs films, on retrouverait toujours les mêmes formules, les mêmes éléments. Je me trompe peut-être, voir sans doute, mais c’est comme ça. Mais comme je suis curieux, je ne dis pas non plus non quand un film Indien se pose devant mes yeux. Et du coup, alors que la Terre entière ne nous parle que de RRR en 2022, et bien moi, j’aurais vu Beast, un autre métrage d’action de 2022 qui aura été un four au box-office, avec Vijay jouant le Terminator que rien n’arrête. Enfin, à l’image, car en réalité, ce n’est qu’un homme comme vous et moi qui fait son travail. Sauf que son travail consiste, comme la monumentale scène d’ouverture nous le montre, à esquiver des balles au ralenti, à défier la gravité, à trancher des bras, à lancer des grenades sur des terroristes, à vaincre une armée à lui tout seul, puis à être un peu triste car son opération, parfaite et surréaliste, se termine néanmoins par un dommage collatéral. Oui, une fillette passait par là car elle poursuivait son ballon… ça aurait pu être pire, elle aurait pu tomber sur un clown tueur, mais bon, notre héros, il est triste, anéantit que dis-je par cette nouvelle. Enfin, anéantit, pendant deux scènes, le temps de passer à autre chose, car lui c’est un mec, un vrai, il en a des grosses comme ça vu qu’après tout, la police n’a pas besoin d’exister, il fait régner l’ordre tout seul comme un grand, et que la scène d’après, il parvient à séduire une femme fiancée sans rien faire, juste en la regardant, et là, coup de foudre.

Bref, le stéréotype du héros parfait qui sait tout faire, n’a besoin de personne, n’a pas à ressentir une quelconque culpabilité car rien n’est jamais de sa faute quand ça dérape. L’homme parfait… qui n’existe donc pas, voilà. Mais du coup, un héros totalement bad-ass, et quelque peu lisse aussi. Et oui, évidemment, il fait craquer les femmes aussi, et comme on est en Inde, quand il part avec son docteur pour un mariage, oui on n’y échappera pas, ça va se mettre à danser et à chanter. Mais en tout cas, tout ça, c’est la première demi-heure, et j’avoue que dans son genre, elle fait plus que le boulot, elle défoule, elle fait du bien, et rien que cette ouverture iconisant son héros jusqu’au ridicule (le film étant blindé d’humour, on comprend qu’il ne faut pas prendre trop tout ça au sérieux), qui tente tout et n’importe quoi pour nous en donner pour notre argent, elle vaut le coup, elle se doit d’être vue ! Le souci, c’est que le film ne se limite pas à sa première demi-heure, et que derrière, il reste encore 2h06, car oui, la bête dure, comme d’habitude, 2h36. Et le il ne parvient pas toujours à tenir sur la durée. Car si vous avez lu le synopsis, vous savez qu’il s’agît avant tout d’un film avec une prise d’otage dans un centre commercial, qui là se prend déjà un peu plus au sérieux. Mais relativisons, car ce film à la gloire de l’acteur Vijay est le plus souvent juste impossible à prendre au sérieux, et du coup, on se retrouve à rire devant certains gags, visuels ou de dialogues, devant certaines situations, et devant le kitch assumé de certaines séquences. Et même du kitch non voulu d’autres séquences. Mais plusieurs gros soucis se posent néanmoins là d’emblée. Comme le fait que cette prise d’otages avec quoi, une vingtaine de terroristes, elle dure quand même deux heures, alors que l’instant d’avant, notre héros a éliminé seul un bataillon de 50 terroristes, sans transpirer, sans perdre une goutte de sang, ni de sp… de sang, de sang !

Du coup, il faut bien meubler, faire durer la menace, donc pendant deux heures, on aura notre héros qui va douter avant de vraiment se lancer dans l’action, on aura une otage qui va elle aussi tomber sous son charme pour amener quelques gags entre les deux jeunes femmes, on aura notre héros iconisé jusqu’à la moelle, au ralenti, en contre-plongée, prenant la pause, mettant ses lunettes de soleil, marchant à la cool, on aura des fusillades dans des couloirs étroits ce qui permet de ne pas mettre tous les terroristes au même endroit et ainsi conclure le film en 10 minutes. D’ailleurs notre vaillant héros, il est tellement fort qu’au bout d’un moment il n’a même plus à éviter les balles, ce sont les balles qui vont l’éviter, tandis que lui il peut tirer au fusil à pompe une dizaine de fois sans même recharger, les cartouches partent les unes après les autres sans soucis. Et quand ça chauffe, attention, il mettra ses lunettes de soleil. Oui, Beast est clairement un film à la gloire unique de Thalapathy Vijay. Avec un bon 45 minutes en moins, Beast aurait été un spectacle décérébré assez jouissif, parfois stupide, kitch, avec de l’humour loin d’être subtil mais qui fait le boulot. En l’état, il l’est parfois, mais il se traîne un peu en longueur pour être sûr d’atteindre la durée normale de son pays, en utilisant sans honte des artifices vieux de 30 ans (Die Hard et son méchant terroriste se faisant passer pour un otage) pour s’étirer. Car en réalité, sur 2h36, notre héros aurait eu le temps de régler une vingtaine de prise d’otages, tant il fait peur aux balles, et séduit les femmes sans même rien faire.

Les plus

L’ouverture qui envoie du lourd
Parfois bien kitch et drôle
Notre héros qui fait peur aux balles

Les moins

Mais du coup un héros lisse
Beaucoup trop long
De par sa longueur, le final est moins percutant

En bref : Beast est un film à la gloire de son héros, et donc de son acteur. Il sait tout faire, il fait craquer les femmes, arrête des terroristes tout seul, fait dévier les balles d’un regard, bref, un homme, un vrai. En vrai justement, c’est tout de même beaucoup trop long.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ The opening 15 minutes, fun, crazy, genius!
♥ Sometimes, so kitch and funny
♥ Bullets are definitely scared of the hero
⊗ But sadly, a kinda boring hero, way too perfect
⊗ Far too long
⊗ The finale is not as fun as it should have been
Beast is a film to the glory of his hero, and so, his actor. He can do everything, women love him, he can stop an army of terrorists all by himself, bullets go away scared by his glare… A man, a real one. But it’s also a movie way too long, and the best scene is the opening.

2 réflexions sur « BEAST de Nelson (2022) »

  1. Ah, le cinéma indien… Décidément une culture du divertissement bien à part. Il faut se fondre dans les codes, accepter de reconfigure son cerveau. Parfois ça marche, mais en te lisant je me dis que celui-ci ne fonctionne pas trop

    1. C’était un peu une découverte pour moi, mon premier film Indien non nanar. Et même si au final, ce n’est pas extraordinaire, force est de reconnaître que je n’ai pas passé un mauvais moment. Même le passage chanté qui arrive très vite m’a fait sourire tellement il est kitch, mais assumé. La plus grosse erreur du métrage, c’est de livrer son moment de bravoure dés l’ouverture, ça place la barre beaucoup trop haut, et du coup la suite a plus de mal à prendre. Mais j’ai d’autres films Indiens en stock, je les tenterais… doucement, vu leur durée.

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