RRR de S. S. Rajamouli (2022)

RRR

Titre Original : RRR
2022 – Inde
Genre : Action made in India
Durée : 3h04
Réalisation : S. S. Rajamouli
Musique : M. M. Keeravani
Scénario : S. S. Rajamouli

Avec N. T. Rama Rao Jr., Ram Charan, Varun Buddhadev, Ajay Devgn, Alia Bhatt, Shriya Saran, Samuthirakani, Ray Stevenson, Alison Doody, Olivia Morris et Chatrapathi Sekhar

Synopsis : Quand les Buxton ramènent une jeune fille avec eux, son frère venant d’une communauté tribale réfléchissent à un plan pour la sauver. Les britanniques sachant ça, décident de lancer un avis de recherche. Parallèlement, un homme de la police britannique est envoyé le trouver, en plus d’accomplir la promesse de son père. Quand les deux se rencontrent par coïncidence, tout va changer…

Regarder RRR, ce n’était pas du tout prévu. Mais à force d’en entendre parler partout, de voir des avis parlant du film de l’année 2022, du film d’action qui enterre Hollywood six pieds sous Terre, je dois avouer également que j’étais curieux. Même si les meilleurs avis venaient de connaisseurs du cinéma Indien, que je connais très peu (ceci est mon troisième film Indien). Mais voilà, quand on me vend THE film de 2022, et THE film d’action généreux qui donne la pèche, je suis preneur. Et forcément, face à de tels avis, et donc de telles attentes, je suis sorti déçu de RRR et de ses 3h04, non sans avoir trouvé l’ensemble sympathique évidemment. En tout cas, la seule chose qui met tout le monde d’accord, et qu’on ne pourra jamais reprocher au métrage, c’est sa générosité de tous les instants. Le souci, c’est que cette générosité constante durant plus de trois heures vient accentuer à la fois les qualités habituelles du cinéma de Bollywood, mais aussi les nombreux défauts de ce cinéma. Forcément du coup, allergiques s’abstenir déjà. Car RRR ne fait jamais dans la demi-mesure. Comment présenter par exemple ces deux personnages principaux ? Facile, le premier se retrouvera à affronter une foule de milliers de personnes, seul avec son bâton. Et sortira victorieux, bien évidemment. Au moins le ton du film est donné dés l’ouverture, et notre suspension consentie d’incrédulité s’est déjà faite violée trois ou quatre fois. Et l’autre personnage me demanderez-vous ? Facile, une course poursuite dans la jungle avec un loup puis un tigre à la clé, et bien entendu, comme c’est un vrai bonhomme avec la moustache, lui aussi sortira vainqueur. Quelques griffures, rien de bien méchant pour un homme, un vrai !

En deux scènes, deux personnages, deux présentations, RRR a posé sur la table ses ambitions, celle de donner du spectacle totalement over the top et démesuré, de faire rougir Zach Snyder face à de l’action contenant encore plus de ralentis que dans ses métrages, le ton dark en moins, les couleurs en plus, et montrer qu’il n’y a pas que la Chine qui fait des animaux tout en numériques absolument hideux. Autant l’abus de ralentis, quand ça ne se prend pas au sérieux, je l’accepte comme un procédé généreux, autant le tigre numérique filmé frontalement dans une scène qui en semble fière et donc s’étire, ça passe beaucoup moins bien. Mais ne m’en voulez pas, Tsui Hark avait fait pareil dans je ne sais plus lequel de ses métrages, et j’avais déjà saigné des yeux. Immobile, l’effet passe, mais dés qu’il faut l’animer, le faire sauter en l’air, faire bouger ses poils, l’illusion est morte. En même temps que la suspension consentie d’incrédulité, ça tombe bien. Et puis, on est venu pour de l’action, le film nous en donne d’entrée de jeu. Sauf que je m’étais peut-être fantasmé le film d’action over the top ultime dans ma tête, car finalement, et même si oui, action il y aura, avec des combats contre des milliers de figurants, un assaut sur un grand manoir, une évasion de prison et j’en passe, et bien, j’ai trouvé que les scènes étaient finalement assez rares, ou du moins toujours assez espacées. Je le sais bien, sans attentes aucunes, ma perception aurait sans doute été différente. Mais voilà, l’action est malgré tout là, c’est poseur, c’est au ralentis, la physique est partie en vacances quand on voit un personnage arrêter une moto à mains nues pour l’envoyer contre ses ennemis, mais parfois, ça fait du bien. Tant qu’il n’y a pas d’animal numérique dans le plan ! Mais donc, comme je le disais, l’action est finalement assez bien espacée, donc qu’est-ce qu’il y a à côté ? Des bonnes et des mauvaises choses.

Ce qui est certain, c’est que parfois, RRR s’étire clairement, et oui il dépasse les trois heures, mais j’aurais trouvé ça beaucoup trop long, arrivé au milieu du film, j’avoue avoir décroché, car comme souvent, on nous inflige un flashback assez larmoyant mais surtout extrêmement long. Mais qui dit Inde dit romance non ? N’ayez crainte, romance il y a, sauf que là aussi le scénario ne sait pas trop quoi en faire, et on a souvent l’impression que la première partie insiste énormément dessus, avant de se dire qu’une amitié virile, c’est mieux, et dés lors l’intérêt amoureux féminin d’un de nos héros n’apparaîtra en tout et pour tout que dans deux plans, souvent muette en plus. Si c’est pour finalement ne rien faire de tout ça, il aurait peut-être été plus intéressant de carrément raccourcir le personnage et son implication dans le métrage non ? Mais attendez, qui dit Inde dit chansons non ? Aucun souci, RRR a des chansons. Parfois, c’est bien, comme ce moment, pile à une heure de métrage, où nos deux Indiens se retrouvent à faire un duel de danse contre l’envahisseur Anglais (et le ridiculiser, patriotisme oblige). C’est fun, entrainant, c’est cool. Mais à d’autres moments, c’est presque gênant, quant notre personnage est fouetté sur la place publique et se met à chanter pour émouvoir la foule. C’est clairement en ce sens que l’on se rend compte que RRR, en voulant tout faire, a multiplié par douze tous les éléments du cinéma Indien, même ceux qui ne fonctionnent pas toujours. Le film ultime dans son genre en quelque sorte, mais du coup, clairement pas le film de l’année ou le plaisir cinématographique ultime à mon sens. Mais un bon moment, lors duquel il faut accepter ses excès, son côté kitch et over the top, et ses ratages, pour passer un bon moment, même si une petite heure de moins n’aurait pas fait de mal.

Les plus

C’est très généreux
Le concours de danse
L’action over the top
Coloré, kitch, parfois amusant

Les moins

Beaucoup trop long
Les animaux numériques
Des moments beaucoup trop kitch pour moi

En bref : RRR, c’est le cinéma Indien dans toute sa splendeur et tous ces excès. Action, patriotisme, romance, chansons, ralentis, couleurs, kitch, et surtout, plus de trois heures au compteur. C’est dépaysant, sympathique, mais voilà, pas de quoi vermifuger un abris-bus non plus.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A very generous movie, in all aspects
♥ The dancing contest between Indians and English
♥ The action, totally over the top
♥ Colorful, kitch, sometimes amusing
⊗ Far too long, more than 3 hours
⊗ The animals (tigers, wolfs) in CG
⊗ Some moments are far too kitch for me
The Indian cinema in all its excess and glory, it’s RRR. Action, romance, songs, slow motion, colorful, kitch, and of course, it lasts more than 3 hours. It’s clearly a nice movie to watch even if it could have been better, or let’s say, shorter.

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