TERRIFIER de Damien Leone (2016)

TERRIFIER

Titre Original : Terrifier
2016 – Etats Unis
Genre : Slasher
Durée : 1h25
Réalisation : Damien Leone
Musique : Paul Wiley
Scénario : Damien Leone

Avec Jenna Kanell, Samantha Scaffidi, David Howard Thornton, Catherine Corcoran, Pooya Mohseni, Matt McAllister, Michael Leavy, Katie Maguire et Gino Cafarelli

Synopsis : La nuit d’Halloween, deux femmes croisent la route de Art the Clown, un tueur sadique.

Alors qu’en 2022, le monde entier ne parle que de Terrifier 2, slasher gore qui aura déchainé les passions, et qui, pour la blague, aura été présenté par son distributeur aux oscars (il ne sera évidemment pas sélectionné, mais le simple fait que l’organisme doive regarder le métrage afin d’en décider est amusant), et que cette réputation, bien qu’un peu surfaite, soit malgré tout justifiée, il était temps de faire les choses bien, même si dans le désordre. C’est après avoir vu Terrifier 2, qui ne nécessite pas la vision du premier métrage pour en comprendre les tenants et aboutissants (encore une fois, on reste dans du slasher de base), et l’avoir apprécié, que j’ai décidé de donner une chance au premier métrage. Chance que je ne lui aurais sans doute pas donné autrement il faut bien l’avouer, car les slashers, j’en ai bouffé, jusqu’à saturation, et le genre aujourd’hui ne semble être voué qu’à être découpé en deux catégories : le slasher clean et grand public uniquement là pour qu’une grande partie du dit public lui donne ses beaux billets durement gagnés, et le slasher qui y va franchement à fond, quitte pour ça à avoir un budget ridicule et un look parfois très amateur. Terrifier premier du nom, et en fait, également le second, rentre dans la seconde catégorie, puisque ce sont des films de sales gosses, des films aux budgets minuscules, mais néanmoins faits avec passion et envie par son créateur, Damien Leone. Pour ce premier métrage, on estime le budget à 100 000 dollars, ce qui est, il faut l’avouer, à l’heure où les studios aiment afficher des budgets pharaoniques à coup de centaines de millions comme si de rien n’était, risible. Et forcément, ce petit budget, il s’en ressent à pas mal de niveau. Mais Damien Leone semble s’en moquer, puisque son but unique ici, en 2016, est de continuer d’explorer les méfaits de son tueur, Art the Clown, présenté dans un de ses précédents méfaits.

Ainsi, tout le budget part dans les effets spéciaux, dans le gore, dans l’enrobage de tout ça, et le reste ne semble jamais intéresser le réalisateur, ce qui donne clairement à son film un aspect basique. En gros donc, pas de scénario ici. Plutôt un tueur, un lieu, et pas mal de personnages parfois random qui arrivent dans le lieu, et vont ainsi devenir les futures victimes de notre tueur. Le scénario se limite à son strict minimum, et tenait sans doute sur un morceau de papier, indiquant l’ordre des meurtres. Et forcément, bas budget oblige, surtout qu’une bonne partir a dû partir dans les effets spéciaux et la location des différents lieux, l’acting n’est clairement pas la grande qualité du métrage. En fait, à quelques rares exceptions près, notamment David Howard Thornton dans le rôle d’Art, le tueur, et bien ça joue comme des quiches, la palme revenant à l’agent de maintenance de ce bâtiment plutôt désaffecté, qui ne semble pas du tout à l’aise devant la caméra. Comment un tel métrage a-t-il donc pu gagner son petit statut de film culte, et donc avoir droit à une suite bien plus ambitieuse, jusqu’à sa durée gagnant une heure ? Et bien c’est simple, sa générosité en gore, son bodycount assez généreux, et mine de rien, une certaine ambiance se dégageant du métrage malgré ses contraintes, budgétaires notamment. Car en plaçant son intrigue dans un bâtiment abandonné ou tout comme, il faut avouer que Terrifier nous traine souvent dans des couloirs glauques qui sentent bon la rouille et l’humidité, et bénéficie donc d’une ambiance finalement poisseuse qui n’est pas désagréable.

Mais ce que l’on retiendra finalement, ce sera bel et bien son tueur, Art, et ses méfaits, tant le film ne recule pas devant grand-chose. Damien Leone, qui réalise et écrit (bon, il n’a pas écrit grand-chose en réalité) le métrage, s’occupe également des effets spéciaux, et avouons qu’il sait ce qu’il fait dans ce domaine, tant la violence va loin et s’avère clairement à l’opposé des standards actuels. Les meurtres sont très graphiques, assez nombreux, et surtout, l’originalité est de mise pour surprendre un minimum le spectateur et ne pas lui donner l’impression de voir deux fois le même meurtre. Et c’est ça, juste cet élément, qui parvient à sauter clairement le métrage, et même à l’élever au-dessus de la masse de DTV du genre. Ça ne joue pas mieux qu’ailleurs, ce n’est pas plus passionnant qu’ailleurs, ça ne raconte rien de plus qu’ailleurs, mais ça délivre clairement ce que n’importe quelle personne ne lançant dans un slasher réclame, et ce depuis le début des années 80 et la formule établie par Vendredi 13 : un tueur marquant et des meurtres allant toujours plus loin. Dans le fond, c’est déjà pas mal, et en réalité, ma plus grosse erreur dans mon appréciation toute relative du film fut de voir le second opus, pour le coup blindé à raz bord d’éléments scénaristiques développant son univers, mais également de meurtres allant encore plus loin, et donc finalement assez opposé au premier épisode dans sa ligne de conduite. 1h25 contre 2h18. Mais sans le second opus, je n’aurais sans doute jamais tenté le premier, donc, un mal pour un bien ?

Les plus

Art the Clown est un tueur intéressant
Les meurtres, très gore et recherchés
Une certaine ambiance poisseuse
1h25, c’est court et direct

Les moins

Le scénario ? Quel scénario ?
Une simple succession de meurtres
Les acteurs jouent comme des quiches

En bref : Terrifier a marqué son public en lui donnant ce qu’il voulait (des meurtres, du gore, un tueur iconique), et en laissant sur le côté tout le reste (scénario, interprétation, tension). Vu son budget et son but, c’est réussi, bien que limité, et moins prenant que le second opus.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Art the Clown is an interesting killer
♥ The murders, gory and imaginative
♥ It has a certain atmosphere
♥ 85 minutes, short
⊗ The script? What script?
⊗ Just murders, one after another
⊗ The actors, not really good… in fact, just bad
Terrifier now has a cult following, by delivering exactly what the audience wanted (murders, gore, and a charismatic killer), and by leaving the rest on the side (script, actors, tension). By looking at its budget, and its purpose, it’s clearly well done, even if less interesting than part 2.

11 réflexions sur « TERRIFIER de Damien Leone (2016) »

  1. Franchement j’ai beaucoup aimé. Les remakes reboots suites genre HALLOWEEN, TEXAS CHAINSAW et consorts m’ennuient. Là, ce genre de films généreux qui tentent des choses malgré des budgets riquiquis, ça me passionne. L’ambiance réussie, le clown et son attitude, les meurtres, Jenna Kanell (franchement t’es dur, c’est pas Charlize Theron mais c’est pas une quiche non plus)… Bref gros coup de cœur pour moi.

    1. Je sais que je parais encore une fois un peu méchant, sans doute car j’ai découvert le deuxième avant le premier au final, mais oui c’était cool quand même, et surtout c’est généreux dans sa proposition, et donc honnête envers son public, sans pour autant torcher le film (alors que vu son budget, il avait toutes les raisons du monde de le torcher).
      D’ailleurs, je t’avais dis que le second film allait sortir au cinéma chez nous en fin d’années. Et bien l’éditeur/distributeur qui s’en occupe, c’est ESC, un éditeur bien connu (c’est eux qui ont sortis un coffret BR du DENTIST 1 et 2 de Yuzna, donc je les aime bien haha), et en 2022, dés qu’un film sanglant fait son petit effet, ils foncent, et l’avantage, c’est qu’après, on a droit à la version physique en DVD et BR, et ça, ça fait plaisir. Après THE SADNESS (le film d’infecté gore made in Taiwan), TERRIFIER 2 en Décembre, et là ils viennent d’annoncer pour Février le film Coréen (que je n’ai pas aimé mais bon, c’est l’intention qui compte) PROJECT WOLF HUNTING, que j’ai chroniqué il y a quelques jours. Même si je n’ai pas aimé le dernier, savoir ça en salles chez nous, ça fait plaisir, comparé aux sorties aseptisées habituelles.

      Jenna Kanell oui, ça va, mais il y en a d’autres dans le film, pfiou c’est limite quand même ! En parlant de Thezon, tu savais que son premier film, même si rôle sans dialogue, c’était le troisième CHILDREN OF THE CORN ? Voilà, instant culture terminé 😉

        1. C’est tout à fait possible. N’oublions pas tous ces acteurs qui ont débuté ou percé via le cinéma de genre. Kevin Bacon (FRIDAY THE 13TH), Charlize Theron (CHILDREN OF CORN 3), Naomi Watts (CHILDREN OF CORN 4), Eva Mendes (CHILDREN OF CORN 5, ouais encore cette saga), Jamie Lee (HALLOWEEN), même Johnny Depp (A NIGHTMARE ON ELM STREET), JEFF GOLDBLUM (un des violeurs dans le premier DEATH WISH de Wiener) et sans doute tout pleins d’autres qui ne me viennent pas à l’esprit là.

  2. C’est fou, mais ce genre là ne m’attire plus vraiment. Je reste sur mes classiques, à la rigueur ce bon vieux Rob Zombie. Au-delà, je cède la place à la nouvelle génération.
    C’est triste de vieillir.

    1. Oh, même pas envie du coup de découvrir le 2 qui sort en Décembre au cinéma chez nous ? (sans doute dans 3 malheureuses salles mais bon). Avec des potes, la nostalgie de retrouver du gore à l’ancienne sans CGI et sans message quelconque derrière comme c’est la mode ? En gros comme à la belle époque des Yuzna et compagnie ? (car mine de rien, Gordon n’est plus là, Yuzna ne tourne plus, Argento malgré son dernier film bon c’est un film tous les 10 ans… merde l’horreur à l’ancienne est quasi morte en fait !)

        1. Le distributeur est sympa, il retarde la sortie de deux semaines, tu as donc plus de temps pour réfléchir à si tu veux ou pas te laisser tenter (en vrai, je pense que c’est surtout pour éviter de se faire écraser par le film sortant en Décembre dont tout le monde commence à parler en le désignant comme le messie et ça me gave déjà).

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