THE BRIDGE CURSE RITUAL (女鬼桥2:怨鬼楼) de Lester Hsi (2023)

THE BRIDGE CURSE RITUAL

Titre Original : 女鬼桥2:怨鬼楼
2023 – Taïwan
Genre : Suite inattendue
Durée : 1h41
Réalisation : Lester Hsi
Musique : Wong Kin-Wai
Scénario : Hao Po-Hsiang et Lu Shih-yuan

Avec Wang Yu-xuan, JC Lin, Patrick Shih, Shawn Hu, Tzu Hsuan Chan, Wei-Lun Xi, Boris Wang, Linus Wang, Summer Meng, Vera Yen et Ninh Chang

Synopsis : D’après une légende, l’université de la culture Chinoise Yangminshan se situe là où le monde des vivants et des morts se touchent. L’architecture même du bâtiment était censé protéger des forces du mal, mais le design a été changé pour inverser tout cela. Un étudiant développant un jeu en réalité virtuelle à l’université tombe dans le coma après avoir tenté une expérience dans un ascenseur. Sa sœur va rejoindre l’équipe développant le jeu et va devoir passer des jeux sur diverses légendes en espérant sauver son frère au bout du compte.

Il faut croire que la légende du fameux pont hanté dans une université à Taïwan est bien plus connue qu’on ne le pensait. Car en 2020, c’était le film The Bridge Curse qui débarquait, pour un résultat sympathique, bien que mitigé, car beaucoup trop classique. Puis vint le jeu vidéo The Bridge Curse, dépaysant (les jeux d’horreur Taïwanais par chez nous, on connait peu), sympathique, mais imparfait également, la faute à des poursuites en die and retry assez frustrantes par moment (notamment lors du final). Et voilà que sans prévenir, en 2024, que débarque un The Bridge Curse Ritual. Lester Hsi, réalisateur du premier métrage, est toujours aux commandes. Peut-on donc s’attendre encore une fois à un métrage peu original mais au moins efficace ? C’est ce que j’espérais en me lançant dans le métrage en tout cas. Et au final, c’est ce que j’ai eu, malgré encore une fois certains gros défauts, mais on y reviendra. En tout cas, autant le dire, le lien avec le premier métrage est assez maigre. L’on retrouvera bien un personnage, mais tout le reste n’a que peu de choses à voir. D’ailleurs, la légende de ce fameux pont maudit est absente du métrage, qui va à la place se focaliser sur d’autres mythes. Cela permet de varier, mais on se dit que le film aurait très bien pu s’appeler autrement au final. Était-ce pour attirer le spectateur ayant vu le premier métrage ? Sans doute. Ou alors, l’aventure continuera avec un troisième film et les liens vont se resserrer ? Nous verrons à l’avenir. Dans 4 ans, à ce rythme. Ce qui est sûr en tout cas, c’est que ce second opus ne va pas forcément bouleverser le monde horrifique Asiatique, mais va se faire extrêmement solide pendant quasiment toute la première heure au final. Presque un sans faute ?

Dans un sens, et bien oui. Si l’on accepte évidemment tous les clichés qui vont avec le genre. Car oui, nous retrouvons tout ce que l’on aime de base dans le genre, avec cette université hantée, ces êtres surnaturels malfaisant, une lente montée de la tension qui préfère dans un premier temps jouer sur la suggestion. Même le concept au cœur du film de jeu en réalité augmentée fonctionne plutôt bien, sans doute car le film n’en fait pas des caisses, ce qui lui évitera surtout de paraître daté dans quelques années. C’est simple, au cœur du film oui, mais efficace, et ça ne va jamais plus loin que l’utilisation de téléphones, ce qui permet de jouer sur les apparences, ce que l’on voit (ou pas). Notre héroïne ici a pour but de sauver l’âme de son frère, dans le coma après un rituel qui se sera mal passé dans un ascenseur, rendant son âme prisonnière au sein de l’université. Avec l’aide de trois autres personnes participant à ce fameux jeu de réalité augmentée, ainsi que du gardien de l’université, elle va devoir donc jouer à trois jeux différents, correspondant à trois légendes différentes également. Grossièrement, l’on pourrait dire que chaque demi-heure du métrage change de registre. La première sera en tout cas la plus efficace, jouant sur des « peurs » connues. D’ailleurs, les plus connaisseurs pourront sourire, tant la fameuse légende mise en avant rappelle une légende bien connue du pays du soleil levant, Hitori Kakurenbo. Jouer à cache-cache avec un esprit. On y retrouve même la peluche, l’eau salée, le riz. En plaçant cette légende dans une salle d’arts contenant de nombreux mannequins, et en jouant sur les perspectives (arrière-plan, premier plan, écran du téléphone), le réalisateur s’en sort très bien. Dès la seconde épreuve par contre, se déroulant dans la bibliothèque et mettant quatre participants en avant, ça commence légèrement à descendre.

Oui, ce fut très solide au début, et la qualité descend d’épreuve en épreuve. La faute à un côté horrifique devenant alors beaucoup plus frontal, et des esprits qui n’en méritaient sans doute pas autant. La fin de l’épreuve en est la preuve vivante. C’est d’ailleurs véritablement à partir de là que The Bridge Curse Ritual fait des choix plutôt étranges, narrativement également. Certains éléments d’intrigue paraissent par exemple un peu trop tirés par les cheveux dans le contexte du métrage, mais seraient parfaitement passés dans un film bien plus fantaisiste. De même, le film va parfois se laisser aller à l’horreur bien plus frontale, et avoir recours de temps en temps à un numérique non pas honteux, mais extrêmement voyant, et ne se mariant pas particulièrement bien avec ce qui l’entoure. Dans le fond, sur la durée et de manière générale, on peut le dire, ce second opus parvient pourtant à faire un poil mieux, sans doute grâce à la diversité de son folklore et donc de ses situations, contrairement au premier opus vite limité. Néanmoins, il peine parfois à convaincre dès qu’il délaisse la suggestion et place ses esprits face à la caméra, frontalement, bien éclairés. Rien qui ne viendra freiner l’amateur du genre bien entendu, mais clairement dommage face au potentiel que le film laisse espérer au départ. Si un jeu venait également utiliser ses légendes, cela serait intéressant également pour le coup (et apparemment, c’est le cas avec The Bridge Curse 2). Bref, The Bridge Curse Ritual est sans doute à réserver à l’amateur qui saura le prendre pour ce qu’il a à proposer, et c’est très bien comme ça.

Les plus

Une première heure très efficace
Plus de légendes
Quand c’est suggestif, ça fonctionne très bien
Le concept de réalité augmenté n’en fait pas des tonnes

Les moins

Quelques effets très limites
Moins efficace et prenant sur la fin

En bref : The Bridge Curse Ritual est une suite que l’on n’attendait pas forcément. Toujours avec Lester Hsi aux commandes, le métrage sait, contrairement à son ainé, diversifier son contenu, mais se mords malgré tout la queue dans sa dernière partie en voulant en faire trop. Ça reste néanmoins très sympathique.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A very effective first hour
♥ More legends
♥ It works well when it doesn’t show too much
♥ The concept or augmented reality doesn’t interfere too much with… reality
⊗ A few effects are questionnable
⊗ Less effective and interesting near the end
The Bridge Curse Ritual is a sequel we didn’t expect to see. Still with Lester Hsi in the director chair, the film knows how to be entertaining and more various in its content, but there are still some problems, mainly near the end. But it remains good.

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