LES SPECIALISTES (In the Grey) de Guy Ritchie (2026)

LES SPECIALISTES

Titre Original : In the Grey
2026 – Angleterre / Etats Unis
Genre : Thriller
Durée : 1h38
Réalisation : Guy Ritchie
Musique : Christopher Benstead
Scénario : Guy Ritchie

Avec Henry Cavill, Jake Gyllenhaal, Eiza Gonzalez, Carlos Bardem, Michael Vu, Fisher Stevens, Rosamund Pike, Mohammed Al Turki, Kojo Attah et Jason Wong

Synopsis : Agissant dans l’ombre, une unité d’élite experte dans le maniement des armes et des explosifs navigue entre intrigues politiques et violence brute. Leur mission : récupérer un milliard de dollars détourné par un tyran impitoyable. Mais ce braquage impossible vire rapidement au cauchemar, entraînant l’équipe dans un engrenage infernal mêlant stratégie, manipulation et instinct de survie.

Si Guy Ritchie n’a jamais été aussi prolifique que ces dix dernières années, enchainant les films à une vitesse folle, ça ne veut pas dire que tout se passe toujours sans soucis, et In the Grey en est la preuve. Pourtant, dans les faits, qu’est-ce qui pouvait mal tourner, quand un réalisateur aussi connu que Guy Ritchie fait ce pour quoi il est connu, à savoir un thriller d’action mâtiné d’humour noir, le tout avec un casting constitué d’Henry Cavill (Superman), Jake Gyllenhaal (Prisoners, Donnie Darko, Covcnant), Eiza Gonzalez (Ambulance, I Care a Lot) ou encore dans un rôle très secondaire Rosamund Pike (Gone Girl) ? Et bien malgré tout ça, In the Grey a eu toutes les peines du monde à arriver sur les écrans Américains. Ne parlons même pas de la France, débarquant comme je l’avais prévu sur Amazon Prime directement, ni vu ni connu. Le projet, il date de 2023, annoncé par Ritchie lui-même, projet qu’il écrit et réalise. Le tournage commença même dès Septembre 2023, et se termina le mois suivant. Dès Octobre 2023 d’ailleurs, Lionsgate avait acheté les droits, pour une sortie prévue en Janvier 2025. Retardé, puis tout simplement annulé, Lionsgate se débarrasse des droits (pourtant, ils ne sont plus à un échec près), et Black Bear Pictures, là depuis le début, s’occupe alors seul de la distribution du film dans certains pays (l’Angleterre notamment), tandis qu’Elevation Pictures vient filer un coup de main pour le Canada. Au box-office mondial, c’est seulement 16 millions qui sont récoltés. Entre ses reports, annulations, post-production à rallonge, changement de distributeurs puis son échec, tout portait à croire que le nouveau Guy Ritchie ne mériterait même pas un coup d’œil. Pourtant, si on est loin des meilleurs de son auteur, mais aussi forcément loin de son pire film (oui, le film avec Madonna), In the Grey demeure une série B hautement sympathique qui respire le cinéma de son auteur.

Rachel (Eiza Gonzalez) est avocat qui s’occupe de récupérer les dettes, et pour cela, elle fait appel à Sid et Bronco (Cavill et Gyllenhaal), deux gros bras qui sont là pour préparer les coups, faire tout péter, et prévoir toute éventualité avec leur équipe, que ce soit des exfiltrations en urgence, des plans de secours et routes alternatives. C’est tout ? C’est tout oui, le métrage se concentrant sur la mission donnée à Rachel par Bobby (Rosamund Pike), sa préparation, son exécution, avant un léger pépin qui va faire chuter le film jusque là plutôt sobre et axé thriller vers le gros film d’action où il faut tout faire péter, des voitures aux hélicoptères. Simple, primitif, mais étonnent plutôt fun, car Ritchie maitrise son style depuis le temps, son humour noir aussi, et nous livre exactement ce que l’on attendait de lui. Que ce soit au niveau des personnages (malheureusement assez vides malgré les bons acteurs), de leur répartie, de l’humour souvent noir ou bas du front, et ce jusqu’aux tics visuels, moins présents, mais quand même là, avec ces nombreux textes à l’écran pendant la préparation du plan. Ça fonctionne aussi car le réalisateur ne tire jamais sur la corde, In the Grey ne dure après tout même pas 1h40, et c’est très bien comme ça. Et surtout, car Guy Ritchie reste malgré tout un gars de la vieille école. Lors de la vision, et face à certaines courses poursuites avec vraies voitures, vraies explosions, impacts de balles et personnages en sueur, et en voyant Henry Cavill au milieu de tout ça, mon esprit a été jusqu’à comparer In the Grey, film clairement à l’ancienne, pas prétentieux pour un sou, et le dernier long métrage de Matthew Vaughn, réalisateur dont j’appréciais beaucoup l’œuvre, à ses débuts (où justement, il bossait pas mal avec Guy Ritchie), mais qui s’était fourvoyé avec Argylle dans un métrage d’action moche, sonnant faux, blindé de CGI immondes, et en prime, jamais drôle. L’opposé d’In the Grey, où un maximum semble avoir été fait sur le tournage, et où en réalité le casting semble s’amuser.

L’alchimie fonctionne bien entre les deux stars principales du film, et les échanges fusent entre les deux. Il faut dire aussi que quasiment tout le casting ici a déjà tourné à une ou plusieurs occasions avec Guy Ritchie, et donc, qu’ils connaissent ses méthodes, ce qu’il attend, et son cinéma. Ils sont là et ils s’amusent. Troisième collaboration avec Cavill, seconde pour Gyllenhaal, troisième pour Gonzalez, première certes pour Rosamund Pike, mais qui sera au casting de son prochain déjà en boite, Wife & Dog. Une petite famille qui s’éclate en réalité, c’est l’impression que l’on ressent, et c’est communicatif. Ça ne raconte rien de nouveau, ça ne fait rien de mieux que ce qu’on trouve ailleurs, les personnages sont des archétypes, mais ça fait le boulot pour divertir sur la durée, sans jamais surprendre, mais juste en faisant sérieusement les choses, en flinguant un maximum de figurants, et en faisant en sorte que les gentils s’en sortent toujours peu importe les soucis qui leur arrivent en pleine face. Qu’importe si les personnages sont moins marquants que dans les tous premiers films du réalisateurs, que le montage est moins tape-à-l’œil, que l’action soit surtout dans la dernière partie. Ça n’ennuie pas, ça fait le boulot, et on en redemanderait presque en fait. Et vu sa production et sa sortie compliquée, et la vitesse folle de tournage de Ritchie, ça tient déjà du miracle.

Les plus

Un film rondement mené
Un casting qui s’amuse
L’action tout à fait compétente
Un récit simple qui ne se s’éternise pas

Les moins

Evidemment, prévisible sur toute la ligne
Compétent oui, mais passe-partout
Des personnages vides, donc finalement peu attachants

En bref : Guy Ritchie ne renouvelle ni le genre, ni son cinéma avec In the Grey, mais il livre un thriller d’action parfaitement rodé avec un casting qui s’amuse, et c’est tout ce qu’on attendait du film en fait.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A hand crafted action movie
♥ The cast is having fun
♥ The action is well done
♥ A simple story for a simple movie
⊗ Of course, highly predictable
⊗ You already saw this kind of film
⊗ Empty characters, too bad
Guy Ritchie doesn’t bring anything new to the genre, of his cinema with In the Grey, but he delivers an action thriller with a good cast, and that’s all I was expecting from it actually.

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