Titre Original : 肥龍過江
2020 – Hong Kong
Genre : Comédie d’action
Durée : 1h36
Réalisation : Wong Jing et Tanigaki Kenji
Musique : Kay Chan et Kwong Wing Chan
Scénario : Wong Jing
Avec Donnie Yen, Teresa Mo, Wong Jing, Niki Chow, Takenaka Naoto, Watanabe Tetsu, Hayama Tetsu, Hayamaga Hiro et Louis Cheung
Synopsis : Un policier svelte devient gros après avoir été transféré aux archives. Il accepte d’être affecté à l’escorte d’un criminel au Japon, y voyant sa chance de récupérer son poste. Il échoue à sa mission au Japon en raison du manque de soutien des forces de police et est forcé de combattre les yakuzas dans ce pays en utilisant ses talents en arts martiaux et l’aide d’un traducteur japonais.
Le cinéma de Wong Jing, j’ai clairement lâché passé les années 2000. Lui qui s’était spécialement dans les années 80 et 90 dans les comédies souvent débiles, tout en surfant toujours sur une mode ou l’autre pour y mettre sa patte. C’est ainsi qu’on lui doit des comédies potiches avec Maggie Cheung qui débutait, les God of Gamblers, les Royal Tramp, Casino Tycoon, des Evil Cult, Future Cops, Niki Larson et j’en passe. Mais oui, dans les années 2000, ces comédies ont commencé à ne plus me plaire. Il faut dire qu’il en a tellement fait qu’au bout d’un moment, ça devient juste lourd. Alors il part toujours dans des genres différents dés qu’il le peut, signant des The Last Tycoon en 2012 ou encore Chasing the Dragon en 2017, mais l’humour reste sa grande marque de fabrique. Et il faut voir comment son From Vegas to Macau m’a laissé de marbre en 2014 pour vous dire que je n’ai tout simplement pas vu les deux suites, en 2015 et 2016. Pourtant oui, je me suis laissé tenter par son Enter the Fat Dragon en 2020. Sans doute pour la présence de Donnie Yen au casting, mais également d’un tournage en parti au Japon avec pas mal de têtes connues là-bas (Takenaka Naoto, Watanabe Tetsuo, Hayama Tetsu), la promesse de quelques scènes d’action sympathiques puisque si Wong Jing écrit et réalise, les scènes d’action sont elles réalisées par Tanigaki Kenji. Et puis, quiconque connaît un minimum le cinéma HK connaît ce titre, Enter The Fat Dragon, le film de Sammo Hung de 1978. Bon, oui, le titre est le même, mais cette version 2020 est bien différente, et ne semble seulement vouloir reprendre une formule mélangeant action et comédie que de suivre son ainé. Nouvelle histoire, nouveaux personnages, nouveaux contextes. On y retrouve juste un personnage principal plus gros que la normale, qui en se battant va quelque peu sauver un restaurant. Et puis… et puis non c’est tout, puisqu’ici notre personnage joué par Donnie Yen est un flic et non pas un paysan éleveur de cochon fan de Bruce Lee.
Les choses sont claires ici, de toute façon, Donnie Yen n’a pas la carrure de Sammo Hung, et l’histoire délocalise très rapidement à Tokyo. Enfin, quand les scènes sont vraiment tournées là-bas, puisqu’il semble y avoir également beaucoup de plans tournés en studios, et parfois, d’immondes fonds verts, mais ça on y reviendra plus tard. Notre héros est un flic, svelte d’ailleurs au départ, qui prend son travail très à cœur, quitte à détruire une partie de la ville pour arrêter des braqueurs. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, et on le change de service, direction le sous-sol, les archives. De plus, sa petite amie, actrice, le plaque car il n’est jamais présent et fait passer son devoir avant sa vie perso, enfin, vous connaissez bien la rengaine depuis. Et à son nouveau poste, Zhu Fu Long de son petit nom va en prendre du poids, en bouffant tout et n’importe quoi, en restant le cul sur sa chaise. En six petits mois seulement, le temps de lancer l’intrigue et de l’envoyer à Tokyo pour un transfert de prisonnier, un réalisateur de films olé olé qui aurait été témoin d’une sombre affaire de drogue. Bien entendu, à peine arrivé sur place, tout ne se passe pas comme prévu, le prisonnier s’enfui, notre héros est paumé dans ce pays qu’il ne connaît pas et va devoir demander de l’aide à un ancien détective sur place, joué par Wong Jing lui-même, et en plus, son ancienne petite amie est également sur place pour son travail, et est embauchée par des yakuza, super non ? Voilà voilà. Ce qui frappe dans Enter the Fat Dragon dans un premier temps, c’est qu’il y a comme un vrai décalage entre l’action et l’humour du film. Wong Jing réalisateur semble clairement s’éclater dans son humour pipi caca parfois bien lourd, tandis que c’est donc Tanigaki Kenji qui s’occupe de la partie action. L’action donc, sympathique comme tout, avec des affrontements franchement bien fichus. Pas les meilleurs du genre, loin de là, mais assez dynamiques et rapides pour plaire à l’amateur, clairement. La gestion de l’espace et de l’environnement fonctionnent.
Puis donc oui, il y a l’humour, et là ça coince un peu plus, tant Wong Jing utilise des gags facile (oui, le gag du pet dans la voiture) qui ne fonctionnent plus en 2020. C’est souvent lourd, même si certains gags font mouche, souvent lorsqu’ils ne semblent pas trop forcés. On ne va pas mentir, c’est parfois amusant, sans jamais vraiment rire non plus, et c’est l’autre partie du temps extrêmement lourd et presque embarrassant. À la surprise générale par contre, Wong Jing ne va pas centrer ces gags sur le poids de son personnage, non, c’est l’opposé, il se montre positif vis-à-vis de ça. Au moins un élément qui a changé avec les années. Mais voilà, malgré son humour qui se rate malgré tout deux fois sur trois, Enter the Fat Dragon n’a pas d’autres ambitions que d’être un divertissement léger, ce qu’il est d’ailleurs, et parmi les gags qui fonctionnent, certains fonctionnent vraiment (la parodie de SPL). Et l’action, sans être géniale ou originale, nous donne ce que l’on attend d’elle. Ce qui est d’autant plus dommage quand lors du final, le film nous place une scène d’action aux chorégraphies très sympa d’ailleurs, mais tournées sur fond vert, bien voyant et dégueulasses, et invite dans l’action l’humour avec la présence d’autres personnages, et que ces gags là bénéficient eux aussi de ses effets spéciaux calamiteux. C’est bien de vouloir être généreux, mais quand le résultat final est ainsi, parfois, mieux vaut revoir ces ambitions à la baisse. Du coup, Enter the Fat Dragon, c’est divertissant, on a notre quotas d’action et d’humour pas très fin, ça peut divertir surtout que c’est court, 1h36. C’est typique de Wong Jing dans un sens, mais ça s’adresse clairement aux amateurs, tant les autres pourront être irrités.

Les plus
Les chorégraphies sympathiques
Le casting semble s’amuser
Quelques gags qui font mouche
Les moins
Mais beaucoup de gags qui font pshit
Les fonds verts et CGI, hideux
En bref : Enter the Fat Dragon, dans le fond, c’est exactement ce que l’on peut attendre de Wong Jing livrant une comédie d’action. La partie action est sympathique, mais réalisée par Tanigaki Kenji, tandis que la partie humour fonctionne une fois sur trois. C’est divertissant, car léger et sans prétentions, mais pas glorieux.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ Nice choreographies ♥ The cast is having fun ♥ A few jokes are good |
⊗ But many jokes are bad ⊗ Green screens and CGI are hideous |
| Enter the Fat Dragon is exactly what you could expect from Wong Jing delivering an action comedy. The action part is nice, but directed in fact by Tanigaki Kenji, while the humour works one joke… on three. Entertaining, light, but not amazing. | |




















