GUKOROKU TRACES OF SIN (愚行録) de Ishikawa Kei (2016)

GUKOROKU TRACES OF SIN

Titre Original : 愚行録 / Gukôroku
2016 – Japon
Genre : Drame
Durée : 2h
Réalisation : Ishikawa Kei
Musique : Ohmama Takashi
Scénario : Mukai Kôsuke d’après le roman de Nukui Tokurô

Avec Tsumabuki Satoshi, Mitsushima Hikari, Koide Keisuke, Usuda Asami, Ichikawa Yui, Nakamura Tomoya, Matsumoto Wakana, Mashima Hidekazu, Hamada Mari et Hirata Mitsuru

Synopsis : Tanaka traverse une période difficile pour soutenir sa jeune sœur Mitsuko, récemment arrêtée et emprisonnée. En tant que journaliste d’investigation, il se plonge dans l’histoire d’une affaire de meurtre choquante restée sans suite ; une famille a été brutalement assassinée il y a un an et l’affaire reste non résolue.

Gukôroku, aussi appelé à l’international Gukôroku Traces of Sin, c’est un film adapté d’un roman qui s’inscrit, à mes yeux, dans une mouvance du cinéma Japonais voulant parler de crimes, parfois réels, parfois non, traités de manière réaliste et tendant beaucoup plus vers le drame. Dans le genre, on avait eu par exemple l’excellent The Devil’s Path, qui partait à fond dans le film dur et sombre, limite dépressif, et s’inspirait d’une histoire vraie lui. Dans le même genre, bien que moins convaincant et un poil trop long, il y avait eu The Snow White Murder Case. Et bien maintenant, enfin, en 2016, il y avait eu aussi Gukôroku. Un film se situant pile entre les deux métrages cités auparavant. Bon, parfois dur, lent, un poil trop long, mais intéressant, et visuellement de très bonne tenue. Notre héros, Tanaka, est journaliste, et enquête sur un meurtre non élucidé qui a eu lieu un an plus tôt, où un homme d’affaire, sa femme et leur enfant ont péri. Dans sa vie privée, ce n’est pas non plus la joie, puisque sa sœur est en prison après avoir mit en danger la vie de son enfant, et les deux semblent avoir un passé assez lourd, au niveau familial. Oui, tout cela respire la joie. Durant deux heures, le métrage signé Ishikawa Kei nous invite donc à suivre les investigations de notre journaliste, ses interviews et interactions, qui parfois vont venir se contredire afin de mettre un peu de lumière sur le meurtre, mais également donc le parcours de sa sœur jouée par Mitsushima Hikari (Love Exposure), en prison, qui va s’ouvrir, parfois à son psy, et parfois à elle-même, ou au spectateur tout simplement. Deux intrigues qui finalement, on s’en doute un peu, sont intimement liées, narrativement et thématiquement. Et Gukôroku, au final, c’était très bien. Un film réalisé avec sérieux, avec un bon casting, sobre mais sachant quand il doit se lâcher un peu pour marquer le spectateur, notamment dans sa dernière partie.

Un thriller dramatique, certes assez lent dans sa mise en place, et même durant sa première heure, mais qui pourtant parvient sans mal à nous intéresser. Tanaka donc va petit à petit interviewer divers personnes en lien avec le meurtre sur lequel il tient à enquêter, même si les événements ont déjà un an, et que l’enquête en elle-même n’a rien de nouveau à révéler depuis le temps, avec un tueur qui court toujours. Tout cela commence assez doucement, avec l’interview de connaissances des différentes victimes, pour en apprendre plus sur leur quotidien, sur leur personnalité, sur la façon dont elles étaient perçues, que ce soit en tant que famille, ou parfois, en tant que collègue de travail ou autre. Directement, le film dresse finalement un portrait peu reluisant des victimes, ce qui, évidemment, augmente accessoirement le nombre de meurtrier potentiel. L’aspect social tout autour de l’intrigue fonctionne en réalité plutôt bien d’ailleurs, le film n’en faisant jamais des caisses et sachant rester crédible en plaçant ses potentiels coupables au sein du monde du travail assez concurrentiel et sans pitié, et même avant ça avec l’université, où la concurrence est tout aussi présente entre les étudiants. Et donc, où les coups bas durant les années précédents le drame sont nombreux. On se doute rapidement que le coupable sera révélé d’ici la fin de l’aventure, que celui-ci est présent dès le début mais que le métrage va faire durer le suspense. Pourtant, on a souvent l’impression d’être bien plus devant un drame social qu’un simple thriller. Le rythme y est peut-être pour quelque chose, bien que l’ensemble n’ennuie jamais, ou le simple fait que la narration revienne parfois de nombreuses années en arrière pour mieux nous faire que personne n’est tout blanc, ni tout noir d’ailleurs dans ce récit. Et encore une fois, ça fonctionne, tant que l’on n’attend pas un thriller rondement mené.

Dans sa seconde heure, le métrage parvient même à livrer des scènes au message plutôt dur, sans pour autant être violent visuellement, préférant souvent la suggestion, la métaphore bien trouvée, et à ce niveau, certaines scènes fonctionnent parfaitement bien, et en réalité, se hissent même parmi les meilleures du métrage. Le tout est aidé par un casting qui tient la route, notamment les principaux, avec Tsumabuki Satoshi et Mitsushima Hikari, qui rendent leurs personnages, renfermés sur eux-mêmes, crédibles et attachants. C’est certain que le film leur doit beaucoup. Et en réalité, cette approche intimiste de son sujet, elle n’a rien d’étonnante lorsque l’on se penche un peu sur la filmographie d’Ishikawa Kei, qui réalise, tant l’humain semble être plus au centre de ses préoccupations que le grand spectacle, préférant jouer sur l’atmosphère et faire confiance à son public pour faire passer certaines thématiques plutôt que d’explicitement les faire exploser à l’écran. On pourrait se dire du coup qu’il manque un petit quelque chose au métrage, un moment véritablement marquant, qui choque, bouscule le spectateur, et dans le fond, c’est le cas, le film aurait sans doute gagné, sans non plus aller dans la noirceur totale d’un The Devil’s Path, à oser placer une scène choc et marquante en cours de route, mais cela n’abaisse pas nécessairement le verdict. En réalité, si le spectateur n’a rien contre l’aspect relativement lent de l’intrigue, il passera même un « bon » moment devant le métrage, y trouvera une belle surprise qui sait tout de même mettre mal à l’aise lorsqu’il le faut.

Les plus

Un très bon casting
Un film sobre et prenant
Un drame profondément humain
Quelques belles idées de mise en scène
Un récit souvent prenant

Les moins

Un récit très lent qui ne plaira pas forcément

En bref : Gukôroku Traces of Sin est un thriller dramatique, assez lent certes, mais prenant et dur, plus subtil qu’il n’en a l’air, et porté par un beau casting.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ An excellent cast
♥ A simple and interesting film
♥ A human drama
♥ A few nice visual ideas
♥ The story is interesting to follow
⊗ But yes the pacing is very slow
Gukôroku Traces of Sin is a dramatic thriller, slow yes, but interesting and hard, more subtle than it looks, and with a great cast.

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