LA MALEDICTION DE LA MOMIE (Tale of the Mummy) de Russell Mulcahy (1998)

LA MALEDICTION DE LA MOMIE

Titre Original : Tale of the Mummy
1998 – Angleterre / Allemagne / Luxembourg / Etats Unis
Genre : Fantastique
Durée : 1h28/1h51
Réalisation : Russell Mulcahy
Musique : Stefano Mainetti
Scénario : John Esposito et Russell Mulcahy

Avec Jason Scott Lee, Louise Lombard, Sean Pertwee, Lysette Anthony, Michael Lerner, Jack Davenport, Honor Blackman, Christopher Lee, Shelley Duvall, Gerard Butler et Jon Polito

Synopsis : En 1948, Richard Turkel, archéologue dirigeant l’expédition Wembley dans la Vallée des Rois, est tué lorsqu’il entre dans la tombe de Talos. Cinquante ans plus tard, sa petite fille Samantha Turkel, finit par ramener à Londres ce qui reste de la momie. Ce qu’elle ignore, c’est que ceci va déclencher la Malédiction des Pharaons, permettant au prince de renaître et de déclencher la fin du monde.

La Malédiction de la Momie est un film que j’ai, dans un sens, toujours fuis. Sorti directement en dvd chez nous au début des années 2000, ça sentait le DTV fauché, les avis n’étaient pas bons, Russell Mulcahy était dans une bien mauvaise passe à l’époque après avoir enchainé quelques mauvais films et surtout quelques gros échecs au box-office. Mais plus de 20 ans plus tard, la curiosité morbide l’emporte, et surtout il est impensable aujourd’hui de rester insensible face au casting que le réalisateur a réussit à avoir à l’écran, entre stars, têtes connues et têtes qui allaient le devenir par la suite. Sauf qu’à peine le film lancé, il faut faire pause et respirer un grand coup, puisque beaucoup de choses prennent sens, et il ne faut pas plus de quelques secondes de recherches pour se dire que ça a dû être un bordel de production. Oui, car La Malédiction de la Momie, le film de 1998, est un film Dimension Films, et donc, des frères Weinstein, et on sait très bien comment ils sont avec la production du cinéma de genre. Budget minimal, montages charcutés et j’en passe. Et c’est sans surprise donc que l’on trouve en quelques instants les informations. Le budget alloué était de 8 millions. Honnête pour un film d’horreur, mais très peu pour un film se déroulant en Egypte, puis à Londres (mais en réalité majoritairement tourné au Luxembourg), mettant en scène une momie, et surtout utilisant des CGI assez massivement pour les scènes mettant sa créature en avant. Des CGI, massivement, en 1998, avec un budget bas. Puis on trouve aussi l’information que le film dure bien 1h28 comme le blu-ray US me l’indique, mais que par contre, le Director’s Cut, bien entendu absent du disque, dure 23 minutes de plus. Et en général, quand Dimension Films coupe autant un film, ce n’est pas pour virer l’horreur, mais pour virer du développement, quitte à ce que l’on ne comprenne plus grand-chose. Joie ! Relançons le film et souffrons donc un peu pendant 1h28.

Pourtant, j’ai voulu y croire, au tout début, avec ce casting prestigieux qui défile à l’écran (oui on appelle ça le générique), puis cette scène d’ouverture en 1948 avec Christopher Lee lui-même en archéologue, qui explore un tombeau, mais qui, suite à la libération d’un gaz, se voit lui et toute son équipe décimée. Sauf que cette scène pose déjà les limites du projet, enfin, surtout de sa mise en application, car chaque fois ou presque que le film a recours à l’horreur, les CGI viennent s’inviter dans le film, et inutile d’essayer de mentir, c’est très moche, et ça l’était sans doute déjà en 1998 (rappelons que La Momie de Stephen Sommers sort un an après). Dommage, car sans ça, la scène d’ouverture aurait pu faire son petit effet, avec cette équipe qui se brise littéralement comme du sable ou de la roche. Passons, car l’intrigue reprend en réalité 50 ans plus tard, à Londres (au Luxembourg donc), en ville, car tourner en Egypte, dans le désert, c’est plus compliqué et sans doute plus couteux. Après une exploration réussie ce coup-ci du tombeau et les restes d’une momie ramenée à Londres, la créature s’éveille, s’échappe, et va donc poursuivre l’équipe et les tuer violemment histoire de récupérer des organes et se reconstituer. Une base pas si mauvaise, classique, mais pourquoi pas. Tous les éléments sont là. La momie, la malédiction, l’horreur, la course contre la montre, sans oublier le cliché des personnages qui ne croient pas en tout ça, ceux qui ont des pouvoirs (voir à travers les yeux de quelqu’un d’autre). De quoi passer 1h28 pas prise de tête en réalité. Sauf que le métrage, sans être la purge intégrale que j’attendais, alterne sans arrêt le bon et l’incroyablement mauvais. Et pourtant, si je suis loin d’avoir tout vu, je ne suis pas un détracteur de Russell. Comme tout le monde j’adore Razorback et Highlander, mais j’apprécie aussi son Resident Evil Extinction (le moins pire de la saga d’Anderson), son Highlander 2 en version Renegade, à défaut d’être vraiment bon, est regardable, et même son Resurrection, copiant Seven, je ne déteste pas. Mais La Malédiction de la Momie accumule les défauts, certains évidents (ces CGI de l’enfer), d’autres qui laissent perplexes (ce final), et d’autres que l’on ne peut qu’imaginer (un charcutage infernal du montage, car bon, premier rôle au cinéma de Gerard Butler, pour 3 plans, tu clignes trop vite des yeux, tu le rates).

Et pourtant oui, dans les faits, tout était là pour plaire. J’adore l’horreur à base de momie et de malédictions (La Malédiction des Pharaons, le film de la Hammer, je suis totalement fan), et encore une fois, ce casting. Jason Scott Lee (Dragon : l’histoire de Bruce Lee) joue le héros flic, Louise Lombard (Oppenheimer) est l’héroïne, le trop rare Sean Pertwee (Dog Soldiers, Event Horizon) est le cinglé de service, et en plus du caméo en ouverture du grand Christopher Lee, le reste du casting est composé de Lysette Anthony (la très belle princesse à sauver dans Krull), Michael Lerner (Barton Fink, Godzilla), Jack Davenport (Norrington dans les Pirates des Caraïbes), Shelley Duvall (Shining quoi merde) et donc Gerard Butler dans son premier rôle. Enfin, un de ses premiers. Un casting 4 étoiles jamais exploité, car finalement, on suit bien l’enquête de notre flic et de l’héroïne, et les autres ne sont là que pour mourir un à un, puis pour aider les survivants lors du final, et du coup, à part Sean Pertwee qui a un peu plus de matière, les autres n’ont aucun développement, on ne sait rien d’eux, parfois ils disparaissent longtemps du récit. Alors oui, pour le coup, les 23 minutes en moins dans le montage doivent jouer énormément dans la compréhension et le développement. Car beaucoup d’acteurs ne sont là que pour mourir. On gagne en rythme, peut-être, mais on perd tout le reste. Quant à l’horreur même… le film fait le choix, très souvent, du tout numérique, avec une momie tout en bandelettes numériques, qui sort d’un peu partout, s’enroule autour de ses victimes comme du papier toilette, et repart aussi vite qu’elle arrive. Les attaques sont nombreuses, oui, mais quand les bandelettes sortent, dans les toilettes publiques, du rouleau essui main, s’enroule autour de sa victime, et l’amène directement dans la cuvette des toilettes, il y a de quoi sourire. Pas avec le film, mais du film. Et à côté, et bien c’est dommage, car il y a quelques (rares) effets pratiques très réussis, un casting plus que compétent, et même quelques scènes très réussies, mais qui ne peuvent pas sauver le navire qui coule.

Les plus

Honnêtement, quel casting
Quelques scènes très bien fichues
1h28 en version cinéma, ça reste court

Les moins

Des personnages pour beaucoup vides
Des acteurs sous-exploités
Des CGI tout simplement ratés
L’horreur qui fait sourire

En bref : La Malédiction de la Momie est une toute petite production pour Russell Mulcahy, qui malgré un casting de têtes connues et qui le deviendront pour d’autres, se plante dans les grandes lignes, à cause d’un budget trop bas pour ses ambitions, et d’un montage charcuté qui rend quasiment tous les personnages vides.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Seriously, what a cast
♥ A few nicely done scenes
♥ 88 minutes for the short version, it’s short
⊗ Empty characters
⊗ The actors, it could have been nice to use them
⊗ Bad CGI
⊗ The horror makes you smile
Tales of the Mummy is a very small production for Russell Mulcahy, and despite so many known people in the cast or some that would become known, the film is a failure, because of a tight budget, too much ambitions, a short editing and empty characters.

4 réflexions sur « LA MALEDICTION DE LA MOMIE (Tale of the Mummy) de Russell Mulcahy (1998) »

  1. Je vais le tenter quand même. Le casting est fou : Butler à ses débuts, Christopher Lee, Lysette Anthony, Honor Blackman (fan car j’adorais THE AVENGERS et of course GOLDFINGER), Shelley Duvall… ! En fait ca m’a donné envie de revoir de vieux Mulcahy que j’ai oubliés : RICOCHET, RESURRECTIOn…

    1. C’est le casting aussi qui m’a attiré majoritairement. Je m’étais refais dans la foulée RAZBORBACK, son premier, que j’ai dans le magnifique bluray de chez Carlotta, que j’ai encore préféré comparé à la précédente vision (faut dire qu’en HD, le film est visuellement à tomber par terre). Un réalisateur qui malheureusement ne s’est jamais vraiment relevé de ses échecs, j’ai presque l’impression qu’on n’a fait que lui mettre des bâtons dans les roues film après film pour être sûr qu’il ne revienne jamais vraiment (enfin le carnage du tournage d’HIGHLANDER 2, la production des Weinstein ici, la liberté absente sur RESIDENT EVIL 3 chez Popol, ceci dit il a malgré tout grâce à sa technique fait le meilleur de la saga). RESURRECTION, j’ai toujours eu de la sympathie pour lui, même si ce n’est qu’une copie de SEVEN.

      1. Pas certain d’avoir le courage de regarder son RESIDENT EVIL, qui comme tu le dis est souvent présenté comme le plus potable de la série (avec le premier ?)… parce que je ne supporte plus Milla Jovovich.

        RAZORBACK est fabuleux !

        Tiens en fait aujourd’hui je me suis fait SILENT TRIGGER, un Mulcahy de 96 avec Dolph Lundgren. Petit budget mais le réal et le directeur de la photo y croient, super ambiance, le bâtiment où se déroule l’action est super bien mis en valeur. Plein de trucs qui vont pas trop (l’actrice principale est belle mais a du mal), mais j’ai bien aimé cette série B !

        1. C’est objectivement le meilleur (et le mieux filmé), malgré les délires du scénario en mode Popol hein. Aussi le plus violenbt de mémoire, mais pas revu depuis un sacré bout de temps, je dois d’ailleurs l’avoir en dvd quelque part.

          SILENT TRIGGER, je n’en avais jamais entendu parler. Un DTV j’imagine pour qu’il soit passé sous mon radar ? Remarque ouais, ce serait raccord avec ses gros flops du début des années 90, et du coup la suite de sa carrière avec cette momie fauchée en 98 puis le RESURRECTION lorgnant énormément sur SEVEN un an après, car valeur sûre. Je vais tenter de le voir tiens, ça me fera un Mulcahy de plus. Mieux vaut ça que son SCORPION KING 2 si j’en crois les avis.

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