CONFESSIONS de Nakashima Tetsuya


CONFESSIONS

Titre original: Kokuhaku
2010 – Japon
Genre: Drame
Réalisation: Nakashima Tetsuya
Musique: Kanahashi Toyohiko
Scénario: Nakashima Tetsuya d’après le roman de Minato Kanae
Avec Matsu Takako, Kimura Yoshino, Okada Masaki, Nishii Yukito et Fujiwara Kaoru

Synopsis: Yuko est une professeure dans un collège qui a récemment perdue sa fille, retrouvée noyée dans la piscine de l’établissement. Lors de son dernier mois avec sa classe, elle va leur raconter cette histoire, en précisant que ce n’était pas un accident, mais que sa fille a été assassinée et que les deux meurtriers sont dans la classe. Et qu’elle prépare sa vengeance pour leur faire comprendre la valeur de la vie.

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Confessions de Nakashima Tetsuya, c’est un film à prix dans les festivals. Un film applaudi par le public et la critique au Japon. Un film à la réputation amplement méritée, même si à la fin, on ne peut s’empêcher de penser qu’avec une telle histoire, ça aurait pu être encore mieux. Mais ne crachons pas vers un produit commercial tout de même produit par la Toho et qui s’avère bel et bien différent des produits commerciaux habituels au Japon. Confessions nous parle de deuil, de jeunesse perdue, et de vengeance. Des thèmes vus et revus des centaines de fois maintenant dans le cinéma, mais qui contrairement à beaucoup de films de vengeance récents, ne va pas verser dans la vengeance sanglante, sournoise et facile, loin de là. Confessions prend plutôt le chemin opposé, en prenant un grand soin de nous présenter les différents personnages au fur et à mesure de l’avancée de l’intrigue via, comme dit dans le titre, leurs confessions. Le film se découpe donc en plusieurs grandes parties pour mieux nous faire comprendre tout ce qui se passe dans la tête de ses personnages (peut être même un peu trop par moment, aucune part de mystère n’est laissée) et pour mieux amener une vengeance qui fait mal. Et dès la séquence d’ouverture, le réalisateur nous met dans le bain, pose son ambiance, et fait monter rapidement une tension. La première confession nous présente Yuko, professeur, et mère de famille qui vient de perdre sa fille, la faute à deux collégiens totalement perturbés, en perte de tout repères, en général familial. La tension monte rapidement, le film étant agrémenté de morceaux du groupe Boris convenant parfaitement à l’ambiance et au drame qui se déroule. Pendant une grosse demi-heure, la tension monte parfaitement, Yuko nous explique en détail la perte de sa fille, la manière dont les deux agresseurs s’y sont prit. La tension monte jusqu’à ce qui pourrait être la fin du métrage, qui opère alors un tournant pour mieux nous montrer où il veut en venir.

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Découpé comme dit plus haut en différents chapitres, chaque chapitre nous montre les pensées, le passé et les motivations de différents personnages. Déconstruisant ainsi son récit, le réalisateur, également scénariste d’après le roman de Minato Kanae, se permet d’aller de surprises en surprises, se permet de changer de ton, d’aller vers le drame, de mettre quelques notes d’humour qui ne font jamais vraiment tâche, malgré certaines scènes pouvant déconcerter (les scènes « heureuses » où l’on pourra voir des étudiants danser sur That’s the way I like it ou bien l’insertion dans le métrage d’une chanson du groupe de J-Pop AKB48). Aux premiers abords, Confessions est un film déconcertant, froid, mais le réalisateur, maîtrisant parfaitement le langage audiovisuel, surprend sans arrêt. Il surprend encore plus quand on se penche sur ses précédents films: Kamikaze Girls et Memory of Matsuko, deux films très colorés et totalement différents de Confessions. Ici, les personnages sont perdus, cruels, que ce soit les enfants ou bien les parents, et le portrait de l’éducation et de la jeunesse n’est pas des plus sympathiques. Les parents sont soit trop collants et empêchent leurs enfants de vivre, soit totalement en retrait, ce qui forcera les enfants à tenter d’obtenir un brin de reconnaissance de leur part, par tous les moyens possibles. Les enfants sont sans repères, détraqués, n’arrivant plus à juger l’importance de la vie, se moquant d’autrui. Cela se remarque dans des mises à mort surprenantes arrivant quand on s’y attend le moins, et où personne ou presque n’est épargné. Vivre n’est pas facile, le réalisateur nous le rappelle. Un récit intéressant, classique dans le fond mais bien traité dans ses dialogues, sa déconstruction narrative, et bien entendu, les situations, parfois sacrément machiavélique. Mais tout cela n’aurait été rien sans une mise en scène travaillée.

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La mise en scène de Nakashima Tetsuya est fort heureusement excellente. Outre sa maîtrise du récit et du rythme, Nakashima travaille ses images, les dénature, les rend froides, donne une âme à son film. Les images sont belles, même magnifiques parfois, magnifiques dans leur façon de styliser les évènements. Le montage continue de faire du bon travail, c’est tout simplement excellent. L’enchaînement des images, les ruptures de ton, le travail sur le mixage sonore, tout cela rend le film assez hypnotisant et totalement prenant, de sa première image de fausse innocence jusqu’à sa dernière image, cruelle. Car Confessions est bel et bien le film sur une vengeance, longue, froide, calculée, maîtrisée, cruelle surtout. Car dans Confessions, si la violence est bel et bien là, elle n’est jamais comme on s’y attend. La plus belle des vengeances, et sans doute la plus cruelle, n’a jamais été de répondre soit même à la violence par la violence. Bref, Confessions a tout pour être un nouveau culte, MAIS, car comme souvent, il y a un mais, la beauté des images et la stylisation de nombreux passages nous met en quelque sorte en dehors du métrage, émotionnellement parlant. Les évènements nous atteignent tout de même, les passages durs ou tristes fonctionnent tout comme l’ensemble du métrage, mais on ne se sentira pas vraiment impliqué. On ne versera pas de larmes, même si le final nous mettra sur le cul. Mais Confessions a tellement a proposer, et s’avère une œuvre travaillée et maîtrisée qu’on ne peut pas vraiment lui en vouloir.

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17

Les plus:
La mise en scène sublime
La structure narrative en chapitres
Une bonne bande son
Machiavélique
Les moins:
Quelques passages anecdotiques
L’émotion n’est pas totalement là

En bref: Œuvre plastique parfaite, il manque un petit quelque chose pour que Confessions soit parfait, mais demeure une grande œuvre de cinéma.

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