THE INCITE MILL: 7 DAY DEATH GAME de Nakata Hideo


incitemilldvdTHE INCITE MILL: 7 DAY DEATH GAME

Titre original : インシテミル 7日間のデス・ゲーム
2010 – Japon
Genre: Thriller
Réalisation : Nakata Hideo
Musique: Kawai Kenji
Scénario :  Suzuki Satoshi

Avec Fujiwara Tatsuya, Ayse Haruka, Ishihara Satomi, Hirayama Aya et Takeda Shinji

Synopsis : Dix personnes qui ne se connaissent pas acceptent une offre d’emploi un peu étrange. Pendant sept jours, ils vont devoir rester enfermés dans un bunker, en étant filmés 24 heures sur 24, en étant payés 112000 yens par heure (soit environ 1000 euros, alléchant n’est-ce pas?), le tout pour une expérience scientifique. Une seule règle : à 22 heures, chaque participant doit regagner sa chambre. Mais lors de la première nuit, un des participants est retrouvé mort par balles dans le couloir.

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Nakata Hideo, décidemment, ce n’est vraiment plus ce que c’était. Après avoir débuté avec quelques courts métrages et films vidéos, il lance en 1998 la bombe Ring, avant de signer un mauvais Ring 2, et de signer à nouveau un très bon métrage en 2002 avec Dark Water. La suite sera moins rose, chaque métrage descendant d’un grand dans la médiocrité. Il y avait eu L Change The World, suite de Death Note, que j’avais tout de même trouvé sympathique à défaut d’être vraiment bon, et maintenant, il y a The Incite Mill. Sur un scénario au départ très simple rappelant sans hésiter Agatha Christie avec les Dix Petits Nègres, Nakata signe une œuvre d’une pauvreté hallucinante, peuplée d’un casting totalement bankable d’acteurs plaisant au public mais parfois dénués de talents. Le tout emballé sans que personne n’y croit. Résultat : The Incite Mill n’est absolument pas un bon film, et s’avère même être une perte de temps, même si comme souvent, on a vu bien pire ailleurs. Le problème du métrage (enfin, les problèmes), c’est que chaque élément important, que ce soit le scénario, la réalisation, les acteurs, la cohérence, rien ne fonctionne vraiment. On suit donc nos dix personnages pendant 7 jours, enfermés dans un bunker. Et plus particulièrement deux d’entre eux, joués par Fujiwara Tatsuya, acteur plutôt bon (jugez plutôt: Battle Royale, Parade, Kaiji 1 et 2) et Ayase Haruka, au jeu toujours aussi… neutre et inexistant. Si cela pouvait convenir dans des métrages comme Ichi (toute proportion gardée, plus d’émotion n’aurait pas fait de mal au film) ou surtout Cyborg She (elle joue un cyborg après tout), ici, c’est l’opposé. Peu importe ce qu’il se passe, elle aura la même (non) expression. Les autres acteurs seront dans le même ordre d’idée. Soit totalement inexistants et inexpressifs, soit surjouant leurs scènes au maximum, allant jusqu’à atteindre la dérision la plus totale (ah, le final du métrage!). Niveau acteur, on repassera donc, mais en se penchant un petit plus sur le scénario, on parvient aussi à comprendre rapidement pourquoi. Le scénario de The Incite Mill est tout simplement vide, et pire, parfois, prétentieux.

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On voit tout venir bien longtemps avant les personnages, les dialogues sont en général affreusement écrits, et surtout stéréotypés au maximum, les différentes situations ridicules (et ne font même pas rire), et le final, n’en parlons même pas. Deux passages en particulier montrent le vide abyssal contenu par le métrage, et nous font comprendre qu’avec un tel matériel de base, il était de toute manière impossible de bien jouer et d’avoir l’air crédible à l’écran. En premier lieu, nous avons une discussion banale dans une cuisine entre deux des personnages féminins, en train de faire la vaisselle. Car déjà, oui, on a beau être enfermés pour une étude psychologique dans un bunker, on garde les bonnes habitudes : les femmes préparent le repas et font la vaisselle. Dialogue à sens unique entre les deux femmes : « Oui c’est mon métier de faire ce genre de tâches ménagères, du coup je suis plutôt douée. Vous devriez d’ailleurs relever vos manches pour faire la vaisselle. A moins que ce ne soit pour cacher les coupures le long de vos bras. Vous êtes suicidaire ? Vous voulez qu’on en parle ? » Je ne suis peut être pas un génie pour débuter une conversation avec quelqu’un, mais jamais de la vie je n’oserais engager une telle conversation. Et bien entendu, toute la partie finale et certaines justifications seront d’un ridicule à en tomber par terre, non pas de rire, mais de honte. On sent le scénariste y croire dur comme fer si bien que lorsque débarque le final, il doit se dire qu’il tient là l’idée du siècle, que tous les spectateurs seront sur le cul, seulement son « retournement » de situation final, on l’a un peu vu venir depuis la scène d’ouverture, c’est dire les qualités d’écriture d’un tel métrage. Un scénario en tout point mauvais, avec en prime des acteurs tout sauf bons.

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Pour combler le tout, Nakata Hideo nous livre ici une mise en scène peu inspirée, comme depuis quelques temps, rendant l’ensemble par forcément palpitant à suivre sur la durée. Sans pour autant être catastrophique, sa mise en scène sera saccagée par des choix assez surprenants sans aucun doute imposés par la production du film. En majeure partie produit par des chaînes de télévision, le film sera donc dénué de tout ce qui aurait pu relever un peu le niveau. Avec des meurtres, divers tueurs, des fausses pistes, des personnages ayant chacun leur raison de survivre, on aurait au moins pu s’attendre à un fond un peu plus sombre et surtout à du sang. Pourtant, les meurtres, ce n’est pas ce qui va manquer. Pistolets, lance clous, couteaux, poison, chaque personnage aura droit à son arme personnelle dans sa chambre, mais le sang lui sera absent. Un corps criblé de balles, un coup de hache assez direct ou une tête transpercée, mais non, rien. Le film reste soft d’un bout à l’autre. Et ça ne va pas en s’arrangeant, bien au contraire. Plus le film avance, plus il devient soft, plus les acteurs surjouent ou n’ont pas de jeu, plus le scénario devient débile, prévisible et tout simplement mauvais. D’autres choix pourront surprendre, notamment en ce qui concerne le robot qui effectue des tours de garde de nuit dans les couloirs et se débarrasse des corps. Ça aurait pu ajouter un petit côté série B sympathique, mais franchement, quand on le voit débarquer, on a juste envie de rigoler tellement un tel robot n’a pas sa place dans ce genre de métrage. Malgré tout, The Incite Mill aura quelques minuscules qualités pour lui : il ne dure qu’une heure et demi (heureusement), le point de départ aurait pu être intéressant avec une meilleure équipe derrière le film, le score musical n’est pas si mauvais, et mine de rien, c’est tellement mauvais par moment que l’on continue de regarder le métrage jusqu’à la fin. Sans doute parce que l’on aime souffrir, ou qu’on espère que quelque chose viendra relever le niveau, ce qui ne viendra jamais.

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4

Les plus:

On arrive à regarder jusqu’à la fin

Un bon point de départ

Les moins:

Le scénario aberrant

Ayase Haruka inexpressive

Les acteurs qui surjouent

Mise en scène fainéante

Hyper soft

En bref: Un film mauvais par tous ces aspects, qui parvient à irriter par moment, tant il est mal joué et mal écrit.

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