JU-ON: THE GRUDGE (呪怨) de Shimizu Takashi (2002)

JU-ON: THE GRUDGE

Titre original : 呪怨
2003 – Japon
Genre : Fantastique
Durée : 1h32
Réalisation : Shimizu Takashi
Musique : Sato Shiro
Scénario :  Shimizu Takashi

Avec Okina Megumi, Ito Misaki, Uehara Misa et Ozeki Yuya

Synopsis : Rika, une assistante sociale, se rend dans une maison sur laquelle pèse une malédiction, pour s’occuper de Sashie, une vieille dame alitée. Elle y découvre un petit garçon enfermé dans un placard, avant d’être agressée par un esprit malfaisant. Quelques jours auparavant, Hitomi, le fils de Sashie, s’était également fait attaquer par le spectre après avoir été témoin de l’apparition du même petit garçon. Lorsque la sœur d’Hitomi débarque à son tour, elle découvre Rika en état de choc. Intervient alors Toyama, un policier chargé d’enquêter quelques années plus tôt sur la tragédie qui a secoué cette demeure maudite : un homme y avait tué sa femme, et leur jeune fils n’a jamais été retrouvé…

La malédiction se poursuit et frappe quiconque entre dans la maison. Ju-on: the grudge est une redite des premiers épisodes DV pour le cinéma, et donc, se voit le privilège d’être tourné en 35mm. Il ne faut donc pas s’attendre à trop de nouveautés, puisqu’à quelques exceptions prés, le film ressemble beaucoup aux épisodes DV, réellement flippants. Mais le réalisateur est-il donc toujours capable de nous faire flipper en refaisant la même chose ? La réponse serait bien évidemment: non. Et ce n’est pas sa filmographie qui nous fera dire le contraire. Deux Ju-On en DV, deux remakes pour le cinéma Japonais  deux remakes Américains, et un troisième en route. Et pourtant, après les deux premiers opus, excellents, tout a déjà été dit. Mais ce n’est pas cela qui va arrêter Shimizu Takashi. Le constat de cette première version “cinéma” de Ju-On est donc plutôt négatif. Le but d’un film de fantômes asiatiques est d’hérisser les cheveux du spectateur, de le faire sursauter, et pourtant, de ne pas lui montrer grand chose, si ce n’est une femme à cheveux longs. Peu de nouveautés dans le genre depuis pas mal de temps, si ce n’est l’utilisation du téléphone (Phone et les 3 La mort en ligne) ou d’une perruque (The wig), ou encore de traiter le sujet avec plus de sensibilité (Memento Mori, et la série des Whispering corridors en général, dont MM est le second opus). Ju-On the grudge fait partit de ses films plus classiques surfant sur le succés de Ring, et des deux premiers épisodes de la série. La structure narrative tout comme les effets seront donc les mêmes (et seront encore les mêmes dans le triste remake américain). Le comble donc pour un film de fantôme est de ne pas faire peur, ce que d’autres films, tout aussi classiques, parviennent encore à faire aujourd’hui (le récent Bunshinsaba). Ce premier épisode cinéma ne fait donc pas peur, ne fait pas sursauter, ou alors beaucoup trop rarement. La faute à quoi ? Une accumulation de petits détails.

Outre le fait de revoir une intrigue déjà connue, on pourra aussi rejeter le faute sur la musique. En effet, elle appuit beaucoup trop les effets, les faisant deviner, à la seconde près, alors que dans les précédents épisodes V-Cinema, la musique n’était là que pour créer l’ambiance, et l’accentuer. Heureusement pour l’amateur de ce genre de films, ce ne sera pas toujours le cas, certaines séquences sortant du lot, mais on est bien loin de ce que l’on recherchait. Mais là où le film déçoit énormément, ce sont dans les reprises des précédents épisodes. Remake oblige, c’est un fait. Mais pas seulement. Il suffit de voir la scène où le fantôme descend l’escalier en rampant. Cette scène, présente dans les deux précédents, a perdue ici tout son impact. L’impact de la version DV, son éclairage bleuté, son fantôme en sang au visage pâle, ces bruits étranges de craquements d’os. C’est finit tout ça. Le passage en 35mm a définitivement fait perdre à la série son petit côté malsain et flippant, brut. Le concept ne fonctionne plus, alors que la série n’en est qu’à la moitié. Non pas que le film ne possède pas d’ambiance, mais elle semble tourner en rond, tout comme l’intrigue, identique pourtant, mais qui apportait beaucoup de charmes aux premiers opus.

Nous suivons les personnages, les uns après les autres, dont le nom apparaît à l’écran. Dés lors, le spectateur sait que le personnage va mourir  Une façon originale d’aborder le concept, et à double tranchant, puisqu’une partie du suspense est donc absente. Mais on finit plus par stresser du moment et de la façon dans le personnage finira par perdre la vie. En théorie, puisque ça ne fonctionne plus dans cette version. Tout comme Toshio, le petit garçon qui miaule comme un chat. Intriguant avant, ici, il n’a plus aucun impact, et parvient même à faire rire le spectateur. L’inverse de l’effet voulu. Mais malgré tout, le carnage n’est pas total, puisque des scènes sortent du lot, ainsi que quelques apparitions surprenantes, comme celle de l’histoire des trois lycéennes. Le film contient son lot de qualité, et sera surement un excellent divertissement, à condition de n’avoir jamais vu les épisodes précédents. On ne fera que suivre l’histoire sans surprise en attendant le prochain sursaut, qui ne vient pas toujours.

Les plus

Bonne mise en scène

Quelques sursauts

Les moins

Une redite pas forcément utile

Moins flippant que les premiers opus

En bref : Première déception dans la série. Le passage au 35mm fait mal, le film y perd en quelque sorte son âme.

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