KAMI IDOL SOUSENKYO BATTLE (ネ申アイドル総選挙バトル) de Shiraishi Kôji (2011)

KAMI IDOL SOUSENKYO BATTLE

Titre original : Kami Idol Sousenkyo Battle – ネ申アイドル総選挙バトル
2011 – Japon
Genre : Horreur
Durée : 1h15
Réalisation : Shiraishi Kôji
Musique : –
Scénario : Shiraishi Kôji

Avec Andô Seiko, Kawamura Rika, Suzuki Arisu, Aita Ai et Kawamura Ena

Synopsis : Sept jeunes idoles qui débutent donnent des petits concerts à Akihabara en espérant que la chance tourne un jour pour elles. Surnommée les PRETTY, elles n’attirent qu’un groupe très réduit de fans hystériques. Mais lors d’un leur concert, elles disparaissent d’un coup, kidnappées. Lorsqu’elles se réveillent, elles sont toutes enfermées dans une pièce où elles vont devoir participer à des jeux retransmis sur internet. La plus mauvaise à chaque épreuve sera exécutée.

Certains réalisateurs commencent leur carrière en forme, de manière plutôt réjouissantes, avant de tomber dans des direct to vidéo de bas étages. L’exemple se voit un peu partout, on pourra par exemple penser en Amérique à Tobe Hooper, qui après deux films géniaux et quelques films relativement bons est tombé plus bas que terre. Et au Japon, il y a le cas de Shiraishi Kôji, réalisateur des très sympathiques Carved (la légende de la fille à la bouche tranchée) et Grotesque, arrivé en DVD en France depuis peu (ouais, ça c’est le petit rappel pour ceux qui n’auraient pas remarqué que je me suis tapé tous ces films ou presque au bougre). Kami Idol Sousenkyo Battle est son dernier film, arrivant après une série de DTV allant du sympathique au mauvais. Et son dernier film, même si on a envie d’y croire pendant quelques instants, est bel et bien dans la mauvaise catégorie, et se rapproche beaucoup de Shirome, réalisé juste un an plus tôt. A la lecture de l’histoire, comment ne pas être tout de suite attiré par le métrage. Un groupe de 7 jeunes idoles (encore oui) kidnappées lors d’un de leur concert (ah là ça change, pas de malédictions, légendes ou fantômes). Elles se retrouvent enfermées et vont devoir subir des épreuves pour rester en vie. Comme déjà souligné par Oli dans son blog, il est impossible de ne pas voir dans ce pitch une satire du groupe AKB48, qui chaque année a droit à une sorte de remise des prix ou le public vote pour son idole préférée. Un concept qui dépasse de loin tout ce que l’on pourrait imaginer, et un concept qui ne pourrait sans doute jamais exister en France (quoi que, on vote bien pour la Star Academy ou je ne sais quelles émissions débiles). Personnellement, je n’ai rien contre les AKB48, je dois même avouer avoir acheté quelques cd (oui vous pouvez me lapider!). Mais en y réfléchissant, le fait que j’apprécie provient sans doute du fait que je ne vis pas là bas, et donc ne vois pas le groupe partout ou je vais, ne l’entend pas partout ou je vais également. Mais revenons à notre film, ici, le groupe de 7 idoles s’appelle les PRETTY, elles ne sont pas connues, mais ont une poignée de fans en folie (ils connaissent la chorégraphie, les paroles, achètent tous les produits dérivés, bref, des fous). Elles jouent à Akihabara, un quartier de Tokyo, devant une foule d’au moins… 7 personnes (petit budget, peu de figurants). Et autant le dire, les premiers instants du film sont d’un bon niveau (pour ce genre de métrage hein, faut pas pousser). Le groupe entre sur scène et joue une chanson, on y croit, le rythme est entrainant, les fans devant la scène sont pour la plupart ridicules et accentuent encore plus la critique du métrage. Puis plus de lumières, des sons, la lumière revient, et plus d’idoles. Nous voilà donc dans le vif du sujet rapidement. Malheureusement, ensuite, on désenchante bien vite.

Dès l’arrivée des idoles dans le petit complexe où elles sont retenues prisonnières, tout retombe, et tous les défauts du métrage nous explosent à la gueule. En guise d’enfermement, les idoles se retrouvent dans deux malheureuses pièces, une pour se reposer, la seconde pour les épreuves. Décors absolument vides, éclairage au rabais. Pire, il est parfois difficile de savoir si certaines couleurs baveuses à l’écran  sont un défaut d’origine ou de mauvaise compression du dvd. Mais vu le catalogue de l’éditeur riche en films de genre allant du bon (Man Hunting et sa suite, Incubus) au beaucoup moins bons (le film qui nous intéresse, Idol Bomb), la réponse est évidente : Kami Idol a été tourné dans l’ignorance la plus totale (ou l’urgence, au choix, ou troisième option, l’indifférence et le je m’en foutisme). Les actrices, qui n’en sont pas vraiment, auront beau être mignonnes (et une des plus mignonnes sera la première à mourir, forcément), elles ne savent pas jouer, tournant certaines situations au ridicule le plus total. Enfermées seules dans le complexe, la seule autre interaction sera un homme qui leur donnera les règles à travers un écran de télévision. Plus crédible que les autres personnages, malheureusement toutes ces apparitions nous exploseront les yeux pour peu que l’on soit fatigué ou dans le noir complet. Et oui, monsieur est constamment filmé avec un horrible fond bien blanc derrière lui. Enfin, malgré ses défauts du à une production éclair et surtout avec un budget devant représenter le budget café d’une super production (et encore…), les épreuves commencent, retransmises en direct sur internet pour que les fans puissent voter sur leur idole préférée. La dernière du classement sera exécutée sur le champ grâce à un collier explosif autour du cou (Ah Battle Royale quand tu nous tiens), ou parfois, rarement cependant, violée, hors champs bien évidemment. On se dit que ça va bien décoller, connaissant le réalisateur et ce qu’il a pu nous fournir dans Grotesque avec peu de moyens (deux décors, trois acteurs, une bonne dose d’inventivité et une ambiance glauque), mais encore une fois, tout retombe bien vite.

La première épreuve dans laquelle les idoles doivent se faire « électrocuter » les unes après les autres dure bien trop longtemps pour passionner, d’autant que les éclairs numériques roses semblent vraiment venir d’une autre époque, voir d’une autre galaxie. Toutes les épreuves seront malheureusement de cet acabit. L’électrocution, devoir faire une chorégraphie sur des plaques qui chauffent, faire un striptease. Quasiment tout tombe à plat et dure bien plus longtemps qu’il ne le devrait. Etrangement, la meilleure partie de tout ça, ce sera de voir comment les fans réagissent en voyant tout cela sur internet en live. Eux au moins, ont l’air d’y croire, contrairement à nous, nous donnant par moment quelques réactions hilarantes qui font plaisir à voir vu la platitude du reste du métrage. Car de l’autre côté de l’écran, on attend que nos idoles se fassent tuer ou se dénudent, mais rien à faire, les scènes érotiques sont justes… filmées avec les pieds, tandis que le sang se fait très rare à l’écran, et surtout, est numérique. Le réalisateur tentera de nous expliquer à la fin pourquoi son film est si naze, mais rien à faire, la sauce ne prend pas après avoir souffert pendant presque une heure. Et pour étirer sa durée, le réalisateur nous agrémente, entre chaque épreuve, de quelques flashbacks pour nous montrer le dur passé de nos idoles, comment elles luttent pour y arriver. Si ces scènes peuvent en effet représenter une certaine (et malheureuse) réalité, elles ne parviennent pas à passionner, tant l’on sent que dans l’équipe, personne n’y croit et ne fait le film que pour encaisser son chèque à la fin. Il est triste de voir le réalisateur tomber si bas et prendre son film si peu au sérieux, d’autant plus qu’avec un tel point de départ, il était possible de faire bien mieux. Dans le genre personnages capturés, enfermés dans un entrepôt et devant faire des épreuves, préférez largement les deux Death Tube.

Les plus

Un concept génial
Des moments amusants
De jolies actrices

Les moins

Réalisation ignoble
Deux décors
Affreusement long
Pas si érotique que ça
Quasi pas de sang, et numérique en plus

En bref : Le film avait un bon concept, et malgré son manque d’argent, aurait pu être divertissant. Mais finalement, non, car personne n’y croit.

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