REC de Jaume Balaguero et Paco Plaza


recREC

Titre original: Rec
2007 – Espagne
Sortie française le 23 Avril 2008
Genre: Horreur
Réalisation : Jaume Balaguero et Paco Plaza
Musique: –
Scénario : Jaume Balaguero et Paco Plaza

Avec  Manuela Velasco, Javier Botet, Martha Carbonell, Manuel Bronchud et Claudia Font

Synopsis : Alors qu’ils suivent des pompiers lors d’une intervention, une reporter et son caméraman restent coincés dans un immeuble placé sous quarantaine. A l’intérieur, ils font face à d’étranges créatures…

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Les films qui sont tournés caméra à l’épaule et où l’histoire place l’un des personnages principaux derrière la caméra, ça ne date pas d’hier, loin de là. Il y avait eu Cannibal Holocaust en 1979, qui lançait en quelque sorte ce style, en mettant le spectateur totalement mal à l’aise devant les images qu’il proposait. Mais pour les jeunes d’aujourd’hui, le film qui aura tout créé (alors que ce n’est absolument pas le cas), ce sera la bouse Le projet Blair Witch, film indigeste et chiant. Et cette année (on se demande bien quel est l’honneur d’ailleurs), c’est tout une vague de films de ce genre qui nous arrivent. On aura eu droit à Cloverfield, Diary of the dead et donc, le REC qui nous intéresse, réalisé par Paco Palaza et Jaume Balaguero, à qui l’on doit des films tels Darkness, Fragile ou La secte sans nom. Un honnête réalisateur de films de genre espagnols, même si, au niveau de l’écriture, il ne parvient aucunement à cacher ses influences diverses (Darkness par exemple semblait n’être au départ qu’un remake de Shining tandis que la dernière partie lorgnait du côté de Silent Hill). REC, même s’il souffrira de défauts à peut près similaires, sera tout de même à placer au niveau des bonnes surprises et du haut du panier de sa filmographie, sans pour autant révolutionner le genre. Le début du métrage s’avère même être particulièrement énervant, pendant qu’il nous présente le personnage principal, la journaliste Angela, toujours accompagnée de son caméraman. Ils sont dans une caserne de pompiers pour faire un reportage sur la vie dans la profession. C’est avec un sourire niais et un âge mental d’une dizaine d’années qu’Angela nous fait visiter la caserne, essaye la tenue, joue au basket avec les pompiers, s’exclame lorsqu’elle passe devant le dortoir. On se retrouve à suivre une enfant, et cela n’a rien de véritablement passionnant, il faudra attendre que l’alarme se déclenche et que tout le monde monte à bord du véhicule pour que tout bouge enfin. Aide à une personnage âgée, un appel de routine. Pendant le trajet, Angela nous montre encore son talent de grande enfant en confondant une alarme et un gyrophare…

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C’est arrivé dans l’immeuble que les choses sérieuses vont commencer, même si du niveau de l’originalité, on aurait pu espérer bien mieux de la part du film que certains magazines n’ont pas hésités à encenser en l’appelant « le film le plus flippant ». Angelo et son caméraman Pablo suivent les deux pompiers qui grimpent à l’étage pour secourir une vieille dame. Les habitants de l’immeuble, eux, sont tous en bas, affolés par les cris, et deux policiers sont là également. Dans l’appartement, ils découvrent la vieille dame, en sang, et vont lui porter secours. Mais celle ci va se comporter de manière étrange et brutale, jusqu’à attaquer un des policiers en lui arrachant des bouts de chair. La panique gagne tout le monde, le policier est évacué, mais de retour dans le hall, la situation leur échappe totalement. L’immeuble est mit en quarantaine, cerné par la police, les habitants sont cernés à l’intérieur, et ils ne savent pas vraiment le danger qui les guette. Le spectateur non plus d’ailleurs, même si aux premiers abords, l’attaque de la vieille dame fait penser à une contamination dans le genre de 28 Jours plus tard. Mais rapidement, la tension parvient à monter, au fur et à mesure des événements sanglants qui arriveront, et l’aspect caméra à l’épaule, documentaire, nous plonge au cœur de l’action, même si certains mouvements de caméra pourront donner le tournis par moment. Certains reprocheront que la caméra bouge beaucoup trop pour un journaliste qui s’y connaît, enlevant le côté réaliste de la situation, mais il faut dire que dans une telle situation, personne ne gardera son sang froid. Et puis, gardons les pieds sur terre, REC, c’est du cinéma, à point c’est tout. Malheureusement, les deux metteurs en scène feront redescendre la tension passé les quelques premiers évènements, en regroupant les quelques habitants dans un atelier de textile. La tension redescend, et permet à Angela de faire quelques interviews nous dévoilant un peu plus le caractère des habitants.

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Les habitants n’hésitent pas à cracher sur leurs voisins dés que ceux ci ont le dos tourné, et ils se rejettent la faute les uns sur les autres. Là le métrage commence à tourner en rond, et on a bien peur d’en avoir déjà atteint les limites (alors que le film est déjà de très courte durée). Heureusement il n’en est rien, puisque c’est là que REC va devenir vraiment stressant. Les deux réalisateurs vont pourtant user de stratagèmes vieux comme le monde pour nous faire peur, avec les lumières s’éteignant, les visages apparaissant en gros plan, les cris, la caméra bougeant dans tous les sens, on peut sentir la plupart des choses venir, mais pourtant, on sursaute, la tension monte beaucoup plus rapidement. Les vingt dernières minutes seront d’ailleurs un pratiquement sans faute, jouant à merveille sur nos peurs les plus primaires, comme la peur du noir, celle de l’inconnu, de l’isolement, le tout à un rythme élancé qui ne faiblira plus. Certaines scènes resteront dans les esprits et nous feront oublier que quelques minutes plus tôt, le film commençait à tourner en rond, et même le début quelque peu ridicule. La fin, tout à fait captivante, va nous plonger dans l’horreur, les personnages vont tous courir dans tous les sens, pour leur survie, ils doivent agir vite et sous l’effet du stress, tandis que leurs possibilités sont de plus en plus réduites. Le film jouera encore plus sur le côté en réaliste, en mettant les personnages dans des pièces non éclairés où la seule lumière sera la lampe de la caméra, ou tout simplement le mode nighshot (ne permettant qu’au caméraman de voir). Sur ces points là, même si dans son ensemble REC s’avère prévisible, le film parvient à obtenir notre capital sympathie grâce à son ambiance, les sursauts et les montées d’adrénaline qu’il propose. Le genre n’est pas renouvelé, le message sur le pouvoir de l’image toujours le même depuis 30 ans, mais le film touche tout de même le but qu’il voulait atteindre : divertir et faire peur.

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150

Les plus:

Une très bonne tension

Il y a de la technique derrière

La fin

Les moins:

Des facilités

Le film n’a rien inventé

 

En bref: Le film ne révolutionne en rien le genre, mais permet de se plonger pendant 1h15 dans une tension quasi permanente. Quelques détails énervent mais c’est bien meilleur que le projet Blair Witch dans un genre à peu près similaire.

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