SHAOLIN GIRL (少林少女) de Motohiro Katsuyuki (2008)

SHAOLIN GIRL

Titre original : Shôrin Shôjo – 少林少女
2008 – Japon
Genre : Arts Martiaux – Comédie
Durée : 1h47
Réalisation : Motohiro Katsuyuki
Musique : Kanno Yugo
Scénario : Sogo Rika et Sogo Masashi

Avec Shibasaki Kô, Nakamura Toru, Kitty Zhang Yuqi, Tin Kai Man, Lam Chi Chung, Okamura Takashi, Eguchi Yosûke et Mitsushima Hikari

Synopsis : La japonaise Rin est partie étudier les martiaux des Shaolins au fin fond de la Chine. Enthousiaste, elle revient au pays pour prêcher la bonne parole et tenter de mettre tout le monde aux arts martiaux. Mais personne ne veut l’écouter et elle est obligée à rejoindre une équipe de Lacrosse, sport féminin où il faut marquer des buts avec une crosse pour se faire des nouvelles amies…mais pas facile en se la jouant solo et en abusant de ses pouvoirs.

En 2002, Shaolin Soccer sortait et bouleversait un peu tout le monde avec son mélange de sport, de comédie et d’arts martiaux. Très bon accueil public et critique, le métrage est rapidement devenu culte, à tel point qu’il était impossible d’en rester là, la magie de l’argent étant souvent sans limite. C’est ainsi que la production d’un spin off plus ou moins officiel fut lancé au Japon avec ce Shaolin Girl. Comédie, sport et arts martiaux, tout reste, il ne faut pas changer une équipe qui gagne. Stephen Chow, scénariste et réalisateur de Shaolin Soccer, est de la partie, mais uniquement en tant que producteur cette fois-ci. Une partie du casting, donc chinois, de Shaolin Soccer, revient également dans le métrage. Passé ça, on pourrait presque dire que le lien entre les deux métrages s’arrête ici. Nous suivons en effet le parcours de la jeune Rin (Shibasaki Kô, aperçue dans Battle Royale, La mort en Ligne et Dororo) qui après un entrainement en Chine pour apprendre et maîtriser les arts martiaux du Shaolin, revient dans sa petite ville natale. Ou plutôt village natal, malgré le fait qu’il y ai une grande université et un grand stade pour le sport. Elle retourne au dojo de son grand père, mort durant son entrainement en Chine. L’endroit est délabré, abandonné, mais retrouve un de ses maîtres, reconverti depuis en cuisinier dans un restaurant chinois. La première obsession de Rin est de convertir le maximum de monde aux arts du Shaolin. Des petites notes d’humour viendront tout au long du métrage se greffer à une histoire se voulant plutôt sérieuse. Ainsi, on verra Rin vouloir entrainer n’importe qui, comme des enfants, des postiers. Mais tout le monde refusera, la trouvant folle. Jusqu’à ce que la serveuse du restaurant chinois ne s’intéresse à elle et accepte de devenir son apprentie, à condition qu’elle rejoigne l’équipe de sport de Lacrosse.

À partir de là, c’est parti pour 45 minutes d’entraînement sportif entre filles et de matchs, avec compétences martiales à la clé. L’ensemble de l’équipe va alors apprendre les arts martiaux, en apprenant par la même occasion à Rin l’esprit d’équipe, esprit si important pour les Japonais. Cette première partie n’est pas inoubliable, loin de là. Le ton est souvent sérieux, et les quelques notes d’humour arrivant, que ce soit pour une situation ou par un personnage, ne fonctionnent pas toujours. Au mieux, elles font sourire. La partie martiale est pour le moment très en retrait, pour se concentrer sur le sport de Lacrosse. Quelques passages sont anecdotiques, et quelques effets numériques un peu gros arrivent, de qualité franchement réussie cependant. Le réalisateur sait ce qu’il veut, et parvient en tout cas à instaurer un rythme à son métrage, et un sens du cadrage, si bien que s’il n’y a rien d’exceptionnel, Shaolin Girl n’en est pas désagréable pour autant, loin de là. Mais passé la moitié du métrage, l’histoire effectue un gros virage et laisse totalement de côté le sport, et donc par la même occasion la plupart des personnages féminins, à l’exception de Rin, l’héroïne, bien entendu. Adieu le sport donc, et les filles en uniformes sportif, on passe à une partie plus martiale, plus blindée d’effets spéciaux, qui alterne les bons moments et les beaucoup moins bons. Et l’histoire, simpliste et plaisante jusque là, s’enfonce dans des directions simplistes, et pire, vaseuses. De petit film sportif légèrement martial, on passe à une histoire martiale totalement à côté de la plaque.

Il est même assez impressionnant de voir la direction que prend l’histoire. Simpliste au possible, l’intrigue nous balance littéralement quelques aberrations à la gueule qui pourront parfois faire sourire. Non, Rin, tu ne dois pas passer du côté obscur ! Ce personnage est le mal, une fois dans les ténèbres il n’y a pas de retour possible ! Voilà en gros la direction très Star Wars que prend Shaolin Girl dans sa seconde moitié. Une intrigue qui fait rire, mais pas dans le bon sens malheureusement. Le réalisateur a beau toujours s’appliquer et nous fournir de belles images, ça ne prend pas vraiment. Rin va partir en quête de vengeance car le grand méchant a brulé son dojo, et s’ensuit une demi-heure de combats allant du moyen au passable. L’ambiance musicale ira dans le sens de l’histoire pour tenter de donner de l’ampleur à tout ça, et de ce côté, si le score s’avère être une bonne surprise, il appui parfois beaucoup trop ses effets. Surtout que comme dit, tous les combats du métrage ne seront pas à la hauteur. Soit ils manquent de dynamisme (le combat dans le hall contre une cinquantaine d’ennemis), soit les coups seront moyens. Pire, quelques notes d’humour tenteront encore de faire irruption dans les scènes, notamment encore dans le combat dans le hall, mais ça ne marche pas. Ce long final met aussi le paquet dans les effets spéciaux numériques, et là, ils se font plaisir. Bien que pas toujours bien intégrés ou finis, la plupart d’entre eux s’avèrent vraiment beau à regarder, notamment dans le combat final. Mais alors qu’on pensait pouvoir enfin quitter le métrage, et en plus sur une note positive (les effets spéciaux du combat final, et le combat précédent plutôt sympathique et bien rythmé), voilà que l’histoire se termine de la manière la plus niaise qui soit. Ou comment flinguer définitivement un film qui jusque là, malgré tous ses défauts, parvenait toujours à maintenir un minimum notre capital sympathie.

Les plus

Un film rythmé
Bien réalisé
De jolies actrices
Quelques combats sympas

Les moins

Une histoire qui part rapidement dans tous les sens
Pas franchement drôle
Une fin ratée
Quelques combats moyens
 

En bref : Franchement décevant, entre son intrigue trop sérieuse où débarquent des éléments de comédie, des combats inégaux… ça se laisse regarder, mais pas plus.

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