10 CLOVERFIELD LANE de Dan Trachtenberg (2016)

10 CLOVERFIELD LANE

Titre original : 10 Cloverfield Lane
2016 – Etats Unis
Sortie : 11 Mars 2016 (Etats Unis), 16 Mars 2016 (France)
Genre : Suspense
Durée : 1h43
Réalisation : Dan Trachtenberg
Musique : Bear McCreary
Scénario : Josh Campbell, Matthew Struecken et Damien Chazelle
Avec John Goodman, Mary Elizabeth Winstead, John Gallagher Jr., Douglas M. Griffin et Suzanne Cryer

Synopsis : Une nuit, Michelle est victime d’un accident de voiture, elle se réveille enchaînée dans un bunker avec deux hommes, Howard et Emmet. Ils lui affirment qu’ils lui ont sauvé la vie « d’une catastrophe à échelle mondiale ». Ayant du mal à les croire, Michelle décide de s’enfuir par tous les moyens.

Développé dans le plus grand des secrets, 10 Cloverfield Lane n’est pas une suite, ni même une préquelle, mais se déroule tout simplement dans le même univers que le premier Cloverfield, qui datait de 2008. Le même univers oui, mais plus de found footage ou de science fiction ici, mais un huis clos dans une cave, entre trois acteurs. Oui, ça change radicalement. Et à ma grande surprise, 10 Cloverfield Lane, titre reliant à la fois le film à l’original mais étant aussi l’adresse où il se déroule, fut une réussite. Un film tenant sur les épaules de ces deux acteurs principaux, excellents, et permettant à la tension de s’installer. Notre personnage principal, Michelle, est victime d’un accident de voiture. À son réveil, elle est attachée dans une cave. Non, pas de torture porn ou de rape and Revenge ici, loin de là. Son tortionnaire, ou plutôt sauveur, lui annonce qu’une catastrophe a eu lieu, que l’air est contaminé là-haut, et que leur seule chance de survivre est de rester là, dans cet abri. Michelle va bien entendu avoir du mal à le croire, et avec un autre personnage, va tenter par tous les moyens de s’évader et de rejoindre la surface. Classique sur le papier, huis clos, nombre de personnages restreins, de pièces restreintes, 10 Cloverfield Lane avait tout du projet casse gueule. Surtout qu’il est donc rattaché à Cloverfield, alors que le premier jet de son scénario n’avait rien à voir.

Mais les miracles existent, et 10 Cloverfield Lane est un huis clos très efficace, mené par deux grands acteurs. Mary Elizabeth Winstead dans la rôle de Michelle tient clairement le film sur ses épaules, et trouve enfin un rôle à la hauteur de son talent, et surtout, un film intéressant et suffisamment commercial pour se faire remarquer (car Faults c’était excellent mais ça passe inaperçu, et les films genre The Thing, c’est mauvais). Face à elle, on retrouve John Goodman tout simplement excellent, nous faisant douter en permanence de ces intentions, avec un jeu subtil, tour à tour pouvant être votre meilleur ami avant de vous faire flipper par une phrase à multiples interprétations ou un regard qui peut vouloir dire beaucoup de choses. L’horreur du premier opus, avec ce monstre géant qui attaquait New York, est donc remplacée par une horreur qui a un visage beaucoup plus humain, nous faisant clairement oublier le produit que l’on était censé voir au départ. Et ça, c’était un pari risqué, et encore plus casse gueule que de vouloir faire un huis clos. 10 Cloverfield Lane débute comme un banal film, avant que l’élément déclencheur n’amène le huis clos, puis nous offre une dernière partie, certes semblant un peu plus artificielle, mais venant rattacher le film à son prédécesseur.

Pour sa première réalisation, on pourra même dire que Dan Trachtenberg a fait de l’excellent boulot, réussissant à rythmer son métrage, et à laisser les trois acteurs principaux (nous avons, outre Goodman et Winstead, John Gallagher Jr.) s’exprimer et instaurer leur propre rythme au métrage, plutôt que d’accumuler les plans et coupes au montage. Ils sont aidés il faut dire par un scénario plutôt bien ficelé et qui sait parfaitement quand il faut lancer de nouvelles informations, des rebondissements, semer le doute, ou enfin faire bouger les choses. Pour peu que l’on rentre dedans, 10 Cloverfield Lane se fait passionnant et extrêmement bien mené, tout en laissant une place très importante à la suggestion. Car le tout n’est pas de savoir ce qu’il se passe à la surface, ou de voir trois personnages s’entre-tuer, mais de savoir si ce que Howard (John Goodman) raconte est vrai ou non. La dernière partie du métrage, forcément plus démonstrative donc, et reliant le métrage au premier Cloverfield, fonctionne un peu moins bien, tout en gardant une certaine cohérence avec l’ensemble de l’œuvre, mais en délaissant néanmoins son concept si claustrophique. Malgré tout, 10 Cloverfield Lane est une réussite, où l’on ressort agréablement surpris.

Les plus

Une bonne tension

Excellente maitrise du seul environnement du film

Trois très bons acteurs

Bonne psychologie

Les moins

Un final plus démonstratif, bien que plaisant

 

En bref : Très bonne surprise que ce huis clos, bien écrit et mettant en avant des acteurs à fond dans leurs rôles.

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