FENDER BENDER de Mark Pavia (2016)

FENDER BENDER

Titre original : Fender Bender
2016 – Etats Unis
Genre : Suspense
Durée : 1h31
Réalisation : Mark Pavia
Musique : Nightrunner
Scénario : Mark Pavia

Avec Makenzie Vega, Cassidy Freeman, Lora Martinez-Cunningham, Bill Sage, Steven Michael Quezada et Dre Davis

Synopsis : Dans une petite ville du Nouveau Mexique, une jeune étudiante de 17 ans venant d’avoir son permis a son premier accrochage. Elle échange ses informations personnelles avec le conducteur qui s’excuse. Mais plus tard dans la nuit, alors que deux de ses amis viennent lui tenir compagnie car ses parents sont en voyage, le mystérieux conducteur revient, se révélant être un tueur en série…

J’avais hâte de voir Fender Bender, un film tenant pour moi du miracle. Non pas que j’attendais ce film en particulier pour son histoire ou son casting non, mais il s’agît du second film de Mark Pavia. Un inconnu pour beaucoup, mais dont le premier film, The Night Flier avec Miguel Ferrer, m’avait laissé un très bon souvenir, avec son ambiance tendue, son thème (la presse à scandale) intéressant et sa vision différente du mythe du vampire. Sauf que oui, The Night Flier, ça date de 1997. Oui, Fender Bender lui date de 2016. 19 longues années pour voir le second métrage de Mark Pavia ! Au final est-ce que l’attente en valait la peine ? Oui assurément par beaucoup d’aspects, même s’il faut reconnaître que ce coup-ci, niveau scénario, il fait dans la simplicité. Écrit, réalisé et coproduit par Mark Pavia, Fender Bender ne traite pas des vampires cette fois, mais lorgne plutôt vers le slasher. Mais pas le slasher comme on le connaît aujourd’hui, à savoir des DTV tournés à l’arrache et accumulant les meurtres pour que le spectateur oublie qu’autour, il n’y a rien. Plutôt un slasher façon début des années 80, quand ce n’était pas encore trop gore, mais que les réalisateurs tentaient avant tout de poser une ambiance, de l’étirer pour faire fonctionner la tension. Sur le papier donc, Fender Bender ne propose rien de nouveau. Hillary, une jeune fille de 17 ans, a un accident avec un chauffeur dont l’on ignorera tout. Ils échangent leurs informations pour l’assurance, sauf qu’Hillary ignore que le chauffeur est un serial killer allant de ville en ville, et traquant ses proies féminines lorsqu’il est en panne d’essence, pour assouvir ses pulsions, puis faire le plein en récupérant un peu d’argent.

Fender Bender ne raconte clairement rien de nouveau, et il met en scène des éléments que l’on ne connaît que trop bien. Les codes du slasher sont connus de tous aujourd’hui, mais néanmoins, il semble plus lorgner du côté de The Hitcher pour son personnage de tueur psychopathe en voiture. Mais la plus grande force de Fender Bender sera assurément sa mise en scène. On est loin d’un produit fauché tourné à l’arrache pour une sortie discrète dans les bacs, mais on se retrouve devant un produit soigné du premier au dernier plan, possédant quelques scènes franchement bien foutues. Certes pas de quoi se relever la nuit, mais l’ensemble est suffisamment efficace et maîtrisé pour tenir en haleine durant 1h30. La mise en scène est classe, sait prendre son temps, nous délivre de beaux mouvements de caméra, sait jouer sur l’attente et la tension. Si bien que le film qui ne commençait que comme un banal slasher dont on ne doit rien attendre se montre terriblement efficace et prenant. Son scénario sera quelque peu prévisible et cliché, mais le sérieux de la mise en scène sauve clairement le tout. Que ce soit dans les moments calmes (constituant, introduction mise à part, plus de la moitié du film tout de même) ou quand la chasse commence, Fender Bender possède clairement son charme. Avec peu de choses, Mark Pavia fournit du bon boulot.

Oui, quasi un lieu unique, à savoir la maison d’Hillary, peu de personnages, un tueur, une nuit orageuse et voilà. Hillary est chez elle avec sa meilleure amie, son ami gay, son ex qui l’a trompé tente des approches car il est bourré, et un tueur rode. Mais l’ambiance, cette tension lente qui s’installe, la voiture du tueur rodant autour de la maison, puis rentrant dans celle-ci pour photographier notre héroïne à des moments qu’il ne faut pas, tout fonctionne même si techniquement, il ne se passe pas grand-chose durant toute la première moitié. Mais ce tueur qui rode, invisible justement jusqu’à ce qu’il se décide à agir, et dont on ne sait que très peu de choses donne une certaine force au métrage, le tout aidé donc par la mise en scène mais également la musique signée par le groupe Nightrunner. Quand le film se décide enfin à bouger, Mark Pavia ne cède pas à la facilité en enchainant les moments chocs, mais essaye de les rendre réalistes pour en doubler l’impact. Et encore une fois, ça marche. On devine par avance la fin de l’aventure, mais on passe pourtant un excellent moment. Fender Bender n’invente rien, et n’a même pas cette ambition. Il sait clairement ce qu’il est, et se contente de nous livrer la marchandise de la manière la plus sérieuse qui soit, et ça marche. Ça fait même du bien de voir un produit si sérieusement emballé. Mark Pavia pitié, ne remet pas 19 ans à faire un film !

Les plus

Une jolie ambiance
Très bien filmé
Le score musical
Un slasher très sympathique

Les moins

Un scénario plutôt prévisible
Des personnages simples

 
En bref : Fender Bender ne révolutionnera pas le genre, mais nous propose un slasher rappelant le tout début des années 80, quand l’intrigue savait prendre son temps pour poser une vraie ambiance. Ça fonctionne.

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