UNE NUIT EN ENFER SAISON 1 (From Dusk Till Dawn Season 1) – 2014

UNE NUIT EN ENFER SAISON 1

Titre original : From Dusk Till Dawn Season 1
2014 – Etats Unis
Genre : Série
Durée : 10 épisodes
Réalisation : Robert Rodriguez, Dwight H. Little, Joe Menendez, Eduardo Sanchez, Fede Alvarez et Nick Copus
Musique : Carl Thiel et Chingon
Scénario : Robert Rodriguez
Avec D.J. Cotrona, Zane Holtz, Ziza Gonzales, Jesse Garcia, Madison Davenport, Brandon Soo Hoo, Jake Busey, Wilmer Valderrama et Robert Patrick

Synopsis : Seth et Richard Gecko essayent de rejoindre le Mexique après un hold-up raté et une fusillade dans un magasin d’alcool. Un ranger est à leur trousse, et ils prennent une famille en otage pour passer le frontière et atteindre leur but, le bar Titty Twister.

En 1996, Robert Rodriguez, commençant à avoir du succès après El Mariachi et Desperado, se lance avec son ami Quentin Tarantino dans l’aventure Une Nuit En Enfer. Écrit par Tarantino, réalisé (et monté) par Rodriguez, avec George Clooney dans son premier grand rôle, Tarantino lui même dans le rôle du psychopathe, Salma Hayek dans un rôle devenu culte, Harvey Keitel en pasteur, Une Nuit En Enfer était un choc. Un polar bad-ass pendant une heure, avant de virer dans le gore total et toujours bad-ass, série B totalement assumée avec des vampires dans sa seconde partie. En 2014, alors qu’il lance sa chaine de télé en Amérique, Rodriguez décide de revisiter son film culte. Pourquoi pas, en espérant que ce soit mieux que ces dernières oeuvres, car depuis Planète Terrur en 2007, le père Rodriguez ne fait que décevoir. Un Spy Kids 4, deux Machete dispensables et s’épuisant bien trop vite, un Sin City 2 tellement moins bon que le premier… Pourtant je l’aimais beaucoup Rodriguez avant. Bref, c’est avec crainte que l’on se lance dans la première saison. Et des craintes, il va y en avoir, dés le premier épisode, plutôt mauvais. Car adapter en série de 8h un film de 1h45, pourquoi pas, il y a pas mal de choses à développer dans le film de base, mais encore faut-il développer ce qu’il faut. Ce que le premier épisode ne fait pas. Étirer la scène d’ouverture du film sur 50 minutes, en la blindant de flashbacks, en ajoutant des personnages, c’est très limite. Mais ce qui choque d’entrée de jeu, et qui continuera la majeure partie du temps d’ailleurs, c’est le ton de cette saison.

Car Une Nuit en Enfer, le film, qu’est ce que c’est ? Une série B qui s’assume, un côté fun, bad-ass. Une Nuit en Enfer, la série, qu’est ce que c’est ? Un produit trop long qui se prend affreusement au sérieux à chaque instant, étire tout ce qu’il peut jusqu’à plus soif. Ce premier épisode n’est malheureusement pas le seul à souffrir de ces défauts. On aura donc des dialogues longs, beaucoup moins funs que dans le film original, pour développer Earl, le ranger, sauf que comme dans le film, il meurt. Le scénario rajoute alors un collègue qui va partir en vendetta et partir à la poursuite des frères Gecko. Pourquoi pas. Le personnage devenant central, on peut en comprendre les raisons. Mais ajouter dans l’épisode 3 la femme de Seth juste pour rallonger artificiellement l’épisode, beaucoup moins. Surtout qu’encore une fois, l’ensemble se prend beaucoup trop au sérieux. Alors certes, c’est plutôt bien filmé, on retrouve d’ailleurs des réalisateurs connus du genre, avec forcément Rodriguez, mais aussi Dwight H. Little (Halloween 4, Tekken), Fede Alvarez (Evil Dead) ou encore Eduardo Sanchez (Le Projet Blair Witch), mais la technique ne peut pas tout sauver. Niveau interprétation, que dire ? Si on cherche à comparer les acteurs avec ceux du film original, forcément, ça fait mal. D.J. Cotrona et Zane Holtz n’arrivent pas à la cheville de Clooney et Tarantino, mais si on évite de comparer, on pourra dire qu’ils s’en sortent bien.

Par contre, même en comparant, on pourra dire que Robert Patrick s’en sort plutôt bien dans le rôle du pasteur qu’il reprend (c’était donc Harvey Keitel dans le film), tout comme Madison Davenport reprenant le rôle de Kate, sa fille, jouée dans le film par Juliette Lewis. Mais bon, passons donc au contenu. Si pas mal d’épisodes rajoutent du contenu de manière artificielle, surtout dans les six premiers épisodes, avec donc la femme de Seth, et un gros abus de flashback franchement inutiles, d’autres ajouts amènent la mythologie dans de nouvelles directions, avec notamment les visions de Richard. Une fois arrivé au Titty Twister (dans l’épisode 6, tout de même), c’est toute la mythologie des vampires qui est revue, et même la narration du film, puisque si certains personnages mourront comme dans le métrage, d’autres survivront, et reviendront dans les saisons suivantes. Des détails intéressants apparaissent alors, et dés l’épisode 7, la série semble enfin vouloir repartir dans son aspect cool de série B gore, avec la danse de Satanico Pandemonium (bien plus présente et importante ici). Aucune surprise à voir que cet épisode, avec la fameuse danse et les gros débordements gores, est signé Robert Rodriguez.

Clairement un épisode qui remonte le niveau, avant que la série, en développant la mythologie des vampires, ne retourne dans un ton beaucoup plus sérieux, à base de malédiction ancestrale, de seigneurs des vampires, de sacrifices et tout ça. Néanmoins, ces 4 derniers épisodes se font nettement plus rythmés et plaisants que ce qui précédait. Tout en gardant les grandes lignes du film (Sex Machine, les armes trouvées dans l’arrière boutique, Richard et le pasteur mordus), la série dévie doucement mais sûrement pour amener un final différent, et donc, ouvrir la voie à une saison 2 dramaticalement différente. Mais cette première saison ne m’a absolument pas emballée. Un ton trop sérieux, un manque de rythme dans toute sa première partie, des ajouts inutiles. Robert Rodriguez aurait du soit écourter sa série pour n’en faire que six épisodes, ou alors s’éloigner plus de son film pour éviter une trop grande comparaison. Beaucoup de choses ne collent pas du tout, mais encore une fois, via sa finalité différente du film, le fan du film original sera par contre beaucoup plus curieux envers la seconde saison, promettant en plus d’intéressants caméo. Car si la saison 1 nous propose Don Johnson et James Remar, la saison 2 nous proposera Jeff Fahey et Danny Trejo.

Les plus

Du gore qui se lâche parfois
Quelques ajouts intéressants
Un casting moins bon que le film mais qui s’en sort

Les moins

D’autres ajouts inutiles
Très long au début
Un ton trop sérieux

 
En bref : Cette première saison déçoit. Pas dénuée de qualités, notamment techniques, et parfois intéressante et gore, elle reste beaucoup trop sérieuse et longue à démarrer pour remporter l’adhésion. La saison 2 corrigera peut-être ces défauts.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *