SADAKO VS KAYAKO (貞子 vs. 伽椰子) de Shiraishi Kôji (2016)

SADAKO VS KAYAKO

Titre original : 貞子 vs. 伽椰子
2016 – Japon
Genre : Versus de fantômes méchants
Durée : 1h39
Réalisation : Shiraishi Kôji
Musique : Endô Kôji
Scénario : Shiraishi Kôji

Avec Yamamoto Mizuki, Tamashiro Tina, Satsukawa Aimi, Tanaka Misato, Kômoto Masahiro et Andô Masanobu

Synopsis : Ueno Natsumi et Kurahashi Yuri achètent dans un magasin un vieux magnétoscope afin de transférer sur DVD la VHS de mariage des parents de Yuri. Mais dans le magnétoscope, elles découvrent la fameuse vidéo maudite de Sadako. Elles demandent de l’aide à leur professeur, qui va les amener voir un exorciste. La seule solution semble être de faire s’affronter Sadako avec une autre entité démoniaque.

Sadako VS Kayako, voilà bien le projet qui me faisait peur mais à un point ! Ouais, les versus au ciné, ce n’est pas une valeur sûre, Aliens VS Predator pourra le prouver. Même si je trouve Freddy VS Jason sympathique, je voyais mal comment réussir Sadako VS Kayako. Le nom de Shiraishi Kôji à la mise en scène aura eu le mérite d’attirer ma curiosité, et de me faire regarder le film. Oui, j’aime beaucoup Shiraishi Kôji, même si sa carrière aura connu des bas plutôt bien bas. Mais tout de même, Noroi, Carved, Cult, Grotesque. Un réalisateur qui n’a pas peur du grotesque justement, de mettre de l’humour dans une histoire sombre, de briser son rythme, le ton. Du coup, oui j’étais curieux. Et Sadako VS Kayako, ben ce n’était pas si mauvais que ça au final. C’était même bon, bien que très loin d’être parfait. Et mieux, Shiraishi est parvenu à l’impensable : imprégner le film de son univers personnel tout en livrant un film de studio. Car qu’on se le dise, c’est visuellement très propre, et c’est sans doute le plus gros budget de la carrière du réalisateur, et pourtant, il est parvenu à livrer un produit qui par instant ne ressemble qu’à lui. On pourra même dire qu’il aura livré ici une première heure diablement efficace et en tout point supérieure à tous les opus Ju-On et Ring récents. Car on ne va pas se voiler la face, les deux sagas étaient en train de couler…. Etaient déjà tout au fond du ravin. Sadako 3D et sa suite, c’était tout de même hyper mauvais, ridicule à vouloir s’ouvrir les veines, quand à Ju-On The Final pas si final que ça, il donnait envie de boire de l’acide.

La première heure de ce Sadako VS Kayako se penche beaucoup sur la légende de Sadako. Kayako sera très en arrière plan, tout comme le petit Toshio d’ailleurs. On se focalise donc sur deux personnages, deux étudiantes, qui vont tomber par malheur sur la vidéo maudite. Et le scénario rend la présence de la VHS de nos jours (qui lit encore des VHS hein ?) crédible. Bon point. D’entrée de jeu, Shiraishi change quelques données de la mythologie pour pouvoir rythmer son film et s’approprier tout ça. Si vous regardez la VHS, vous n’avez plus une semaine avant de mourir, mais deux jours. De quoi donc rythmer la première heure et nous offrir quelques morts. Immédiatement, on se rend compte que Shiraishi maîtrise la mise en scène, parvient à nous livrer quelques moments de tension réussies, et qu’il ne renie pas son style dés qu’il doit livrer des mises à mort. Car oui, doucement mais sûrement, c’est comme si l’univers du metteur en scène venait parasiter le film pour le rendre clairement unique. La scène de l’exorciste en sera la première preuve, nos deux héroïnes étant trainées là-bas par leur professeur. On assiste médusé à une scène grotesque à coup de baffes, avant des apparitions spectrales, et des effets sanglants qui en feront rire plus d’un. Bon et Kayako et Toshio dans tout ça ? Les deux fantômes sont bel et bien là, et on les apercevra au début du film, notamment lorsque 4 enfants viendront dans la fameuse maison hantée, mais ils sont très en retrait.

L’arrivée d’un nouveau personnage dans le récit, avec un nouvel exorciste tout droit sorti du film Cult (avec lunettes de soleil et tout) amène alors le récit dans sa seconde partie, où Shiraishi se lâche totalement, et qui amène fatalement au fameux versus du titre. Et là je l’admet, le film m’a un peu perdu. Si l’idée de se faire affronter les deux fantômes pour briser la malédiction n’est en soit pas si stupide que dans les autres versus, et que le film est ponctué de moments ironiques qui fonctionnent (l’exorciste pas du tout héroïque qui refuse de se sacrifier), l’ensemble plonge alors totalement dans le grotesque sans retenue, et surtout le fameux affrontement entre les deux fantômes m’aura laissé perplexe à plus d’un titre. Je pourrais même dire que j’aurais préféré le film sans cet affrontement, survenant durant les 15 dernières minutes. Et pourtant, malgré ma déception face à cette dernière partie, la scène après générique amène une idée pouvant, forcément, amener par la suite à un nouvel opus, mais une idée qui a le mérite d’être originale. Alors oui, Sadako VS Kayako est meilleur que les précédents métrages des deux sagas, il se fait diablement efficace durant la première heure, il a de la gueule visuellement. Mais au final, il souffre de sa dernière partie (à mon goût), et de son versus. Sympathique malgré tout.

Les plus

Très bien filmé
Une première heure excellente
De bons moments grotesques

Les moins

Une seconde partie moins bonne
Le fameux versus

En bref : Sadako VS Kayako n’est pas la catastrophe que j’attendais. Bien filmé, Shiraishi Kôji fait ce qu’il veut et ose aller dans le grotesque. Efficace malgré des fausses notes.

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