MOONRAKER de Lewis Gilbert


MOONRAKER

Titre original : Moonraker
1979 – Angleterre / France
Genre : Nanar d’espionnage
Réalisation : Lewis Gilbert
Musique : John Barry
Scénario : Christopher Wood
Avec Roger Moore, Lois Chiles, Michael Lonsdale, Richard Kiel, Corinne Cléry, Bernard Lee, Desmond Llewelyn et Geoffrey Keen

Synopsis : L’agent secret britannique James Bond enquête sur la disparition d’une navette spatiale américaine, « Moonraker », confiée au gouvernement britannique. 007 interrogr le responsable de la construction de la navette, Sir Hugo Drax. Guidé par la pilote de Drax, Corinne Dufour, Bond rencontre ce dernier, qui semble collaborer afin de retrouver la navette, mais une fois Bond parti, il ordonne à Chang, son complice, de tuer Bond.

James Bond, épisode 11. Où commencer avec Moonraker ? L’ère Roger Moore est vraiment bancale. Après deux films moyens, voilà qu’on nous avait livré le fort sympathique L’Espion qui m’Aimait avec Barbara Bach, qui signait aussi le retour dans la saga du réalisateur Lewis Gilbert, qui n’avait jusque là que signé On ne vit que Deux Fois 10 ans plus tôt. Le générique de fin nous annonçait le retour prochain de James Bond dans Rien que pour vos Yeux, sauf qu’en 1977, un film explose au box office et changera à jamais la face du cinéma pour le meilleur et pour le pire ensuite, à savoir Star Wars. Les producteurs décident que finalement, le prochain Bond sera Moonraker, et qu’il faudra envoyer James Bond dans l’espace à la fin de l’aventure. Voilà déjà un gros problème pour le métrage. Moonraker en fait, c’est la métamorphose totale de l’agent secret en super héros de cartoon. Plus de blagues, plus de scènes too much, plus d’action invraisemblable, plus de moments gênants, plus de n’importe quoi. James Bond quitte les années 70 de bien triste manière au finale après 17 ans de loyaux services sur 11 films. Et pourtant, Moonraker commence bien, même très bien. Et c’est là tout le paradoxe des films de Roger Moore. On note toujours quelques bonnes petites idées éparpillées. L’Homme au Pistolet d’Or par exemple s’il était longuet à démarrer nous offrait un duel entre Roger Moore et Christopher Lee qui était très bon dans les 30 dernières minutes. Moonraker, c’est l’opposé, ça commence très bien au début, puis ça devient moyen au milieu, et au final ça devient carrément nanar sur la fin. Le fameux paradoxe, c’est qu’aussi bancals ou mauvais soient les films, on ne s’y ennuie jamais.

Si je n’avais par exemple pas aimé Dr No ou Opération Tonnerre chez Sean Connery, c’était avant tout à cause du rythme, je m’y ennuyais beaucoup. Chez Roger Moore, je ne m’ennuie pas, mais les films ne sont pas fameux pour autant. Moonraker donc commence bien. La scène d’ouverture avec cette chute libre d’un avion, Bond encore poursuivi par Jaws rescapé du précédent film, ça fonctionne super. Puis on nous offre le générique d’ouverture très sympathique (dernière chanson chantée par Shirley Bassey après Golfinger et Les Diamants sont Éternels), puis le début d’une intrigue encore relativement sérieuse. De beaux décors, des plans d’hélicoptères gracieux, la dernière apparition de Bernard Lee dans le rôle de M avant son décès durant la préproduction du film suivant, le dernier score musical signé John Barry, et puis Moonraker, si ça fonctionne bien au début en nous en mettant pleins les yeux, il faut savoir aussi que le budget aide. Là où le précédent avait un confortable budget de 13,5 millions, soit le plus haut pour l’époque, et bien en l’espace de seulement deux ans, Moonraker se retrouve avec un budget de 34 millions. Oui, tout de même. On nous présente Drax, un méchant très méchant (comme toujours…), et James Bond après la France continue son enquête en Italie. Et c’est là que le film franchit un cap avec le gadget de trop qui vient alors faire sombrer le film. Un peu comme si le film allait d’ailleurs sombrer un peu plus à chaque changement de lieu.

Triste mais vrai. Toujours est-il que le tout est rythmé, et que l’amateur de nanar trouvera beaucoup de choses pour rire. Car oui, James Bond, pour semer ses poursuivants lors d’une course poursuite à Venise, ne trouve rien de mieux que d’utiliser un super gadget transformant son innocente gondole en… aéroglisseur. Et là, malgré la mort stupide du méchant de Vivre et Laisser Mourir qui m’aura fait rire, ce sera la première fois que je me serais fais un joli facepalm sur toute la saga James Bond, et que le film fut perdu. Heureusement encore une fois pour l’amateur de nanar, le film change de lieu encore une fois, et peut donc sombrer un peu plus, nous voilà donc à Rio maintenant. Un passage un peu inutile au final, si ce n’est pour remettre la James Bond Girl sur le devant de la scène, et de nous offrir une nouvelle scène d’action, bonne sur le papier, mauvaise à l’écran, à savoir le retour encore de Jaws et son combat contre Bond sur le toit d’un téléphérique. Ça pourrait être fun, épique, sauf que avouons le, les fonds verts sont voyants, les coups peu impressionnants, l’humour ne fonctionne pas, et la scène se termine par un moment kitch improbable. Jaws, ce tueur intrépide… après un regard avec une blonde à couette, lui prend la main et se barre avec, le tout sur une musique romantique. Jaws est amoureux, ça y est, on a perdu Moonraker ! Sauf que attendez, il faut encore changer de lieu pour sombrer plus bas, et surtout faire plaisir aux fans de Star Wars, nous voilà donc pour la dernière demi-heure dans l’espace.

Que dire que dire ? Faut-il vraiment dire quelque chose sur cette dernière demi-heure kitch et ratée ? Bon, et bien il y a de l’apesanteur, des effets kitchs, parfois des batailles dans l’espace molles avec des lasers qui font piou piou de partout, Jaws qui est toujours amoureux et qui du coup devient gentil et court au ralenti devant sa petite blondinette, des blagues de James Bond qui arrivé à ce stade dans le nanar m’auront fait rire (notamment lors de la mort de Drax), des explosions de partout… Alors si en plus, plus personne ne se prend au sérieux et que même Q se met à faire des petites blagues, et ferme même le film avec une blague de son cru, montrant clairement que Moonraker ne se prend pas un seul moment au sérieux. En fait, on s’aperçoit surtout, en plus d’être une période de James Bond pleine d’humour, que cette partie de la saga ne sait pas où aller, profitant toujours des modes actuelles. La Blaxploitation pour Vivre et Laisser Mourir, les films de kung-fu pour L’Homme au Pistolet d’Or, et maintenant donc les films dans l’espace. Amusant, mais bien mauvais.

Les plus

Les 30 premières minutes sympathiques
On rigole, jaune, mais tout de même

Les moins

Un final ridicule dans l’espace
Trop d’humour
Un film qui ne se prend jamais au sérieux

 

En bref : Quand James Bond part dans l’espace, ça donne un sacré nanar dans la saga. Involontairement drôle, kitch, et pourtant, ça débutait bien.

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