SPECTRE de Sam Mendes


SPECTRE

Titre original : Spectre
2015 – Angleterre / Etats Unis
Genre : Action
Réalisation : Sam Mendes
Musique : Thomas Newman
Scénario : John Logan, Neal Purvis, Robert Wade et Jez Butterworth
Avec Daniel Craig, Christoph Waltz, Léa Seydoux, Ralph Fienes, Monica Bellucci, Ben Whishaw, Naomie Harris et Dave Beautista

Synopsis : Le Dr Feinstone, un dentiste, sombre dans la paranoïa et soupçonne sa femme d’infidélité. Ses soupçons se portent sur un employé qui a les mains sales.

Avec son titre qui ne laissait pas franchement d’ombre sur ce qu’allait exploiter ce dernier opus (actuellement) de la saga James Bond, Spectre avait une lourde tâche sur ses épaules, surtout car il vient après Skyfall, et que Sam Mendes reste à bord. Et en fait, c’est la première fois depuis bien longtemps qu’un réalisateur enchaîne deux films dans la saga. Certes, Martin Campbell avait réalisé Goldeneye et Casino Royale, mais 10 ans séparait les deux opus. Sam Mendes lui enchaîne les deux opus, et ça n’était pas arrivé depuis John Glen qui avait réalisé tous les opus des années 80 de la saga, à savoir trois opus pour Roger Moore et les deux de Timothy Dalton. Mais bon, passons. Bon point, Spectre se veut non pas la suite de Skyfall (même si un peu quand même), mais surtout la suite de toute l’ère Daniel Craig. Le « spectre » de Casino Royale, Quantum of Solace et donc Skyfall est clairement sur Spectre. Bon point, pour véritablement boucler la boucle. Le problème, c’est que sans arrêt, Spectre a le cul entre deux chaises, deux chaises radicalement opposées. La première, c’est simple, c’est la continuité directe de Skyfall, autant dans ses thèmes que dans son identité, visuelle, mais également dans l’identité de ses personnages. Ralph Fienes est devenu le nouveau M, mais Bond reçoit une dernière mission de la part de Judi Dench (présente pour un mini caméo en début d’aventure) qui va l’amener à découvrir son passé et ce qui se trame derrière toutes ces actions depuis qu’il est devenu un agent 00. Mais de l’autre côté, il y a la seconde chaise, bien plus éloignée de ces aspirations, voulant vraiment boucler la boucle, et amener Bond, le personnage tout comme le film, vers des horizons plus classiques, vers ce que l’on connaît depuis 1962 en quelque sorte.

Mais ne crachons pas dans la soupe, Spectre, opus le plus long de la saga (2h28), commence bien. Très bien même, puisque sa première heure est excellente, à quelques défauts près qu’il partage avec Skyfall, à savoir un certain fan service évacué en deux secondes comme si cela n’intéressait pas le réalisateur (via Monica Bellucci, totalement inutile, juste là pour donner une information et coucher avec Bond, classique). Dès la scène d’ouverture et son dantesque plan séquence, Spectre semble vouloir viser haut, et faire mieux que Skyfall. Bon il faut dire que le film a le budget de ses ambitions, et que le grand succès, public, critique et commercial de Skyfall a du aider. Un plan séquence génial et maîtrisé, avant une scène d’action fort sympathique et le générique, avant de nous plonger véritablement dans l’aventure. Une aventure qui se veut sur le papier du moins aussi moderne que Skyfall, avec l’usage des nouvelles technologies, un contexte politique et actuel (le média et le contrôle de l’information). En gros, pas mal de choses intéressantes et souvent pas trop mal amenées. Oui, la première heure est même excellente. Même la rencontre avec l’ennemi juré de Bond, à savoir le bien connu Blofeld (dont l’ombre planait sur toute la première partie de la saga), réussie un tour de force. C’est intense, ça joue sur le silence et la lourdeur du silence bien comme il faut lors d’une réunion secrète. Puis passé ce moment anthologique, le soufflé redescend. L’action se veut alors plus décontractée, voir parfois sans ampleur malheureusement (et parfois avec trop d’ampleur), et pire, lorsque son grand méchant est clairement au cœur de l’intrigue, ça ne fonctionne plus, la faute à une écriture assez enfantine. Par contre, mes craintes pour Léa Seydoux en Bond Girl ne furent pas justifiées, la jeune française s’en sort finalement avec les honneurs. Pas la meilleure Bond Girl, pas la plus inutile, elle est tout à fait correcte et voilà.

Mais passé la première heure, et surtout la course poursuite ratée à Rome (mais classe dans son visuel), la sauce a du mal à prendre. Il faut dire qu’une course poursuite nocturne en pleine ville, ça a de la gueule, mais une course poursuite avec beaucoup de lignes droites et surtout trois malheureux véhicules sur la route (souvent là pour amener un gag), ben ça le fait moins. Le reste de l’action se fait déjà plus spectaculaire, mais plus décontractée, donnant même par moment un aspect surréaliste (Bond s’échappe d’une base, hop, trois ennemis, une explosion, et la base est entièrement détruite…). Reste la scène du train, renvoyant à Bons Baisers de Russie, ou même à l’Espion qui m’Aimait, fort réussie par sa violence sèche. Mais là où Spectre perds clairement des points, c’est donc avec son méchant, le fameux Blofeld. Chef de l’organisation Spectre comme toujours, il apparaît là sous les traits de Christoph Waltz et si l’acteur est fidèle à lui-même (j’ai l’impression qu’il joue toujours pareil), l’écriture du personnage est souvent catastrophique, voir enfantine. « Tu m’as volé mon papounet alors je suis devenu méchant et te fais morfler ta mère depuis Casino Royale »…. Ouais, basiquement, ça se résume à ça. L’idée de tout relier ensemble et de dévoiler encore plus le passé du Bond, c’était une idée louable, mais à l’écran, j’ai eu envie de rire (d’ailleurs je crois que j’avais ri la première fois). Du coup, on ne va pas mentir, c’est divertissant, parsemé de quelques bons éclairs de génie, mais c’est aussi extrêmement bancal et donc décevant.

Les plus

La scène d’ouverture
De bonnes idées
La première heure

Les moins

Quelques scènes d’action moyennes
Blofeld, franchement pas terrible
Trop entre le renouveau de la saga et ce qu’elle était

 

En bref : Spectre est un opus divertissant, qui fonctionne même très bien durant la première heure, mais qui a trop souvent le cul entre deux chaises pour totalement convaincre, surtout que son méchant et ses motivations sont bien nazes.

3 commentaires

  1. Comme tu as raison. On garde l’envie de revoir Spectre essentiellement grâce à son ouverture virtuose, grâce à ses relents esthétiques Eyes Wide Shut, Et quelques scènes d’action bien troussées. Côté méchant, passer derrière Bardem était de toute façon très périlleux. Waltz joue un personnage attendu (il était quand même plus drôle dans Inglourious Basterds), sorte de syndrome Kevin Spacey.

    1. En plus l’autre soir, j’étais tellement fatigué que j’ai faillis revoir Spectre (le film d’action qui ne fait pas réfléchir donc 😀 )
      Le plan séquence d’ouverture est sublime en effet. Très critiqué de par son utilité, mais je le trouve réussi, si Mendes l’a senti ainsi de toute façon, c’est son choix, et il n’est pas franchement tape à l’oeil ça va.
      Kevin Spacey, on ne va plus entendre parler de lui pendant un bail maintenant.
      Tiens d’ailleurs, j’en profite car je n’ai pas encore écris dessus, mais je te conseille la petite bobine Upgrade de Leigh Whannell, excellente surprise. Très classique dans le fond, mais très bien torché, personnages attachants, final nihiliste bienvenu 😉

      1. Je note le titre dans un coin mais je t’avoue qu’en ce moment, vu mon rythme de boulot, je visionne les films au compte-goutte.

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