THE END OF SUMMER de Kumakiri Kazuyoshi


THE END OF SUMMER

Titre original : Natsu no owari – 夏の終り
2013 – Japon
Genre : Drame
Réalisation : Kumakiri Kazuyoshi
Musique : –
Scénario : Ujita Takashi d’après le roman de Setouchi Jakuchô

Avec Mitsushima Hikari, Kobayashi Kaoru et Ayano Gô

Synopsis : Tomoko en a marre de sa relation avec l’écrivain Shingo, qui est marié et à des enfants. Shingo est talentueux, mais n’est pas reconnu par le public. Tomoko va se compliquer la vie lorsqu’elle va retrouver son ami Ryota, avec qui elle va entretenir une relation. Mais finalement, rien de tout cela ne lui convient, elle qui avait des années avant également quittée son mari et sa petite fille pour mener une vie d’artiste…

The End of Summer, aussi appelé suivant les sources Summer’s End (ce qui en soit ne change rien, sauf son classement alphabétique sur les sites et blog), Natsu no Owari en Japonais, c’est un film que j’avais en stock depuis des années, amené ici par un et un seul élément, à savoir la présence au casting de Mitsushima Hikari. Et oui, l’actrice révélée mondialement en 2008 par Love Exposure et qui continue à faire parler d’elle en étant l’une des actrices Japonaises les plus appréciées et en vogue, et choisissant souvent ses films en allant vers un cinéma indépendant, exigeant, et sans doute laissant une partie du grand public Japonais sur le bas côté. Je me doute bien que le grand public, abreuvé aux films avec des idoles (Mitsushima a débutée comme gravure idole, comme quoi, tout est possible) et de romances niaises, ne jettera qu’un œil discret avant de partir vers ses films de prédilections en voyant Sawako Decides parlant de la banalité du quotidien, Kakera et sa relation homosexuelle, ou encore le remake de Hara-Kiri par Miike, certes un peu inutile, mais assez éloigné de la violence habituelle du réalisateur, ce qui a forcément du surprendre une partie du public également. Bref, The End of Summer, c’est l’adaptation d’un roman, et surtout, un drame, l’histoire d’un triangle amoureux se déroulant dans le Japon de l’après seconde guerre mondiale, dans les années 50. On y suit Tomoko (Mitsushima Hikari donc), vivant à Tokyo, et qui a abandonnée son mari et sa fille des années plus tôt pour suivre sa voie, elle veut être artiste. Bon, aussi car elle a avouée à son mari qu’elle aimait un autre homme, un détail ! Mais comme on dit souvent, l’amour, les sentiments, ça ne se contrôle pas. Mais ce que la jeune femme a laissée derrière elle, est-ce que ça valait vraiment le coup ? Travaillant comme elle le peut mais n’ayant absolument pas la vie qu’elle espérait, Tomoko a en plus plongée dans une certaine routine que peu voudraient avoir.

À savoir, une relation avec Shingo, écrivain talentueux mais qui malheureusement n’a pas rencontré son public, mais surtout, qui est déjà marié et a des enfants. Un peu comme si Tomoko s’était lancé dans cette relation qui représente pour elle comme un miroir de son propre passé. Seulement, elle n’est pas heureuse, clairement. Et un beau jour, voilà qu’une connaissance arrive dans le coin, Ryota, plus jeune, célibataire. Et forcément, les deux ont une relation. Il espère bien qu’un jour, Tomoko laissera tomber Shingo et peut-être même se mariera avec lui. Mais la jeune femme ne l’entend pas de cet œil là. Elle ignore ce qu’elle veut, et tout autant ce qu’elle ne veut pas. La voilà donc au cœur d’un triangle amoureux, où tout le monde a conscience de la situation. Shingo connaît Ryota, Ryota connaît la situation entre Tomoko et l’écrivain, et même la femme de Shingo connaît la situation et n’hésite pas à appeler chez notre héroïne lorsqu’elle a un message urgent pour son mari. Shingo offre en quelque sorte à notre héroïne une relation plus ou moins stable, avec un homme qui a ses attaches et sa famille, ne va pas disparaître ou changer du jour au lendemain, est un artiste tout comme elle. De l’autre côté, Ryota est plus jeune, plus fougueux, plus amoureux sans doute également, plus imprévisible, sans véritable attache, prêt à tout quitter si cela est possible, pour avoir un avenir meilleur avec la jeune femme. Deux côtés d’une même pièce donc. Seulement rien à faire, forcément, Tomoko n’est pas heureuse. En réalité, plus que ses relations avec les deux hommes, plus que l’amour, c’est elle-même qu’elle cherche. Lorsque Ryota annonce vouloir l’épouser, elle refuse, refuse de quitter son autre relation, par affection, mais également par habitude (cette relation dure depuis 8 ans).

Mais lorsqu’elle est avec Shingo, la voilà souvent jalouse de sa femme, regrettant qu’il soit parfois peu présent, et subit elle aussi le poids des nombreux refus des éditeurs pour le travail de cet homme pourtant talentueux, et donc, peu comblée, elle repart dans les bras de Ryota. Le film aurait très facilement pu tomber dans la facilité, autant dans ses thèmes, sa narration que dans son visuel. Il n’en est rien, le film affiche un regard très prude envers les situations et les personnages. Pas une pointe de nudité ici, ni même de grands sentiments balancés ainsi, de sentiments dégoulinants ou autre. Non, tout est en nuance, et au milieu de tout ça, Mitsushima Hikari livre une excellente prestation, tout en retenue donc, mais qui n’hésite pas à douter, à pleurer, à ouvrir son cœur. Malgré tout, The End of Summer n’est pas parfait. Le réalisateur, s’il livre une copie très propre et se laisse même aller dans sa seconde partie à quelques effets du plus bel effet, a en effet l’habitude d’étirer ses plans, de faire durer ses silences. D’habitude, j’adore ça, mais là, il en abuse un peu trop, sur un film de quasiment 2h, si bien qu’à certains moments, on ne s’ennuie pas, mais on décrocherait presque. Un souci de dosage peut-être, ou un abus de cette lenteur avec des plans trop fixes (autant en terme de caméra que de ce qu’il se passe dans le cadre) ? Rien de catastrophique, loin de là, mais une impression de faire du sur-place, volontaire et collant bien avec les trois personnages (quasi les seuls personnages d’ailleurs), mais qui amène quelques faiblesses dans le rythme du récit, simple en apparence mais complexe dans ses sentiments.

Les plus

Mise en scène appliquée
Un film tout en retenue
Très intéressant dans le fond
Quelques belles idées de mise en scène
Mitsushima Hikari, parfaite

Les moins

Quelques mineurs soucis de rythme
Parfois trop statique sans doute, à tout niveau

En bref : Drame à base de trio amoureux dans le Japon de l’après guerre, The End of Summer a des atouts. Dans sa mise en scène élégante et contemplative, ses acteurs parfaits, ses thèmes bien vus, mais aussi ses défauts liés à ses qualités. Parfois un poil trop long, thèmes qui ne vont pas toujours évoluer…

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