SPIRALE : L’HÉRITAGE DE SAW (Spiral: From the Book of saw) de Darren Lynn Bousman (2021)

SPIRALE : L’HÉRITAGE DE SAW

Titre original : Spiral: From the Book of Saw
2021 – Etats Unis
Genre : Thriller
Durée : 1h33
Réalisation : Darren Lynn Bousman
Musique : Charlie Clouser
Scénario : Josh Stolberg et Pete Goldfinger

Avec Chris Rock, Samuel L. Jackson, Max minghella, Marisol Nicols, Dan Petronijevic, Richard Zeppieri, Patrick McManus et Ali Johnson

Synopsis : Travaillant dans l’ombre de son père, une légende locale de la police, le lieutenant Ezekiel «Zeke» Banks et son nouveau partenaire enquêtent sur une série de meurtres macabres dont le mode opératoire rappelle étrangement celui d’un tueur en série qui sévissait jadis dans la ville. Pris au piège sans le savoir, Zeke se retrouve au centre d’un stratagème terrifiant dont le tueur tire les ficelles.

Même si la France est encore bien timide, ça y est, après un an, les cinéma rouvrent de par le monde, notamment aux Etats Unis. Ce qui permet à certains films, qui pour certains étaient même dans des cartons depuis un an, totalement finalisés, de rencontrer enfin leur public. Public clairement en manque de films sur grand écran, comme le prouve notamment le succès du très moyen Godzilla VS Kong, confié au mauvais réalisateur, mais aussi du sympathique Mortal Kombat, bien qu’étant assez frustrant, puisque se finissant pile quand ça devient totalement génial. Spiral, lui attendait patiemment son heure, au départ prévu pour le 23 Octobre 2020, sortant finalement aux Etats Unis le 14 Mai 2021. Bon, en France, comme je le disais, on est comme toujours à la traine, avec une sortie en Juillet. Et sous ce titre énigmatique quand on l’ampute de son sous titre, From the Book of Saw, et bien se cache finalement encore une nouvelle tentative de relancer la saga Saw. Saga que je ne porte pas dans mon cœur, puisque passé la trilogie de base, la saga n’est qu’une avalanche de scènes gore se succédant dans un scénario sans queue ni tête qui veut nous faire croire après je ne sais combien d’opus que de toute façon, le tueur avait tout prévu à l’avance, même s’il était mort depuis le 3ème film. Trop fort ! Non, surtout, Saw, en plus d’avoir des scénarios plongeant toujours plus loin dans le ridicule, c’est surtout des films à l’esthétique totalement ratée passée le premier film de James Wan. Des montages épileptiques, du gore qui tâche, des filtres verts dégueulasses sur l’image. Bref, du niveau de DTV fauchés, sauf que ce sont souvent des films avec des budgets de 10 millions, et sortant tous sur grand écran. Puis vint Jigsaw en 2017, huitième opus d’une bien trop longue franchise, opus décrié par les fans. Du coup forcément, j’ai aimé. Non pas que le film était bon hein ! Le scénario était toujours aux fraises et avait toujours peur de trop s’éloigner, de se réinventer, mais le changement de réalisateur, avec les frères Spierig (Daybreakers) et surtout un vrai directeur de la photo rendaient le métrage déjà plus professionnel dans son look. Et c’est bête, mais pour une licence aussi longue à direction des salles de cinéma, ben c’est le minimum qu’on peut lui demander. Mais voilà, chez Lionsgate, quand une saga marche encore, il ne faut pas l’enterrer, et voilà pourquoi aujourd’hui je vous parle de Spirale, nouvelle tentative de reboot de la franchise, et qui a toujours peur de trop s’éloigner de ses origines.

Bonne nouvelle pour les fans, mauvaise pour le spectateur ayant bon goût artistiquement parlant, Darren Lynn Bousman revient à la mise en scène. Aie ! Oui, ce pauvre monsieur dont le seul vrai bon film est Mother’s Day est de retour chez Saw, après avoir signé le second (moyen) opus, mais aussi le troisième (sympa) et quatrième (détestable, sans doute un des pires). Et dés la scène d’ouverture, classique en tout point, avec une exécution, un piège, une télévision, un « I want you to play a game », aucun doute, rien n’a changé, pas même le montage épileptique. Mais ce que l’on remarque par contre dés la scène suivante, c’est que Bousman s’est enfin trouvé un chef opérateur qui sait un minimum ce qu’il fait, sait éclairer le plateau, et ça donne immédiatement un autre cachet au métrage. Bon point donc, on pourra dire en terme de lumières que Spirale est sans doute l’un des meilleurs opus de la franchise. Ce n’est pas du génie, mais adieu les filtres dégueulasses. Mais c’est bien beau, mais une jolie lumière, ça ne fait pas un bon film. L’histoire se passe ce coup-ci des années après, avec un tueur imitant les pièges de Jigsaw. Nouveauté ? Il cible les flics, notamment les flics ripoux. Le héros ? Un flic intègre et mal vu par les siens vu qu’il a balancé des années avant son coéquipier, et ce même si son papounet est l’ancien chef de la police, une légende vivante. Normal vous me direz, c’est Samuel L. Jackson, et comme d’habitude, il a la classe, même quand on lui fait jouer n’importe quoi. Le héros, c’est Chris Rock, avec son coéquipier, la nouvelle recrue jouée par Max Minghella. Et autant le Max, il s’en sort bien malgré un temps de présence moindre (au début, aprés c’est catastrophique), autant je peux l’avouer, Chris Rock, beaucoup moins. Soit il est à côté de la plaque, soit parfois il en fait beaucoup trop et du coup, ça sonne faux, soit il semble désintéressé. Étrange quand on sait qu’il est à l’origine du film, ayant trouvé la base de l’intrigue, et étant même crédité comme producteur exécutif du bousin.

Mais la qualité d’interprétation, il est possible que les fans de la franchise n’y fassent pas attention. Il faut bien rappeler que Costas Mandylor était à la ramasse dans tous les épisodes où il apparaissait, soit au moins 4 films, et qu’il était important en plus. Le fan, il veut quoi dans Saw ? Un scénario retors pour pas grand-chose, et des pièges sadiques, et gores. Alors, le scénario, ben, c’est du Saw. Le problème, c’est qu’au bout de 10 minutes de métrage, l’identité du nouveau tueur m’est apparue, j’hésitais juste entre deux personnages… Qui se sont révélés être en fait un seul et même personnage, et bel et bien le tueur. Ah, dommage scénario, mais au jeu du plus malin, tu as perdu, clairement. Il faut dire que c’est prévisible sur toute la ligne, et plutôt logique en plus. Les pièges heureusement sont bel et bien présents, et plutôt sadiques. Par contre, étonnement, ça ne paraît pas si gore que ça, mais j’ai envie de dire, et bien, tant mieux. Car niveau gore pour être gore, on a fait un peu le tour non depuis le premier Saw, et surtout avec 9 opus en tout. 11 si l’on compte en plus les deux jeux vidéo existants sur l’univers. Finalement, cette certaine sobriété dans le gore, je l’ai trouvé bienvenue, un peu finalement comme dans Jigsaw. Des pièges inventifs, qui font mal, bien que toujours tirés par les cheveux, mais pas forcément gore. Alors rassurez vous, vous verrez bien des corps éclatés, écrasés, des corps découpés et j’en passe, mais la saga semble vouloir arrêter de vouloir aller toujours plus loin dans ce domaine. Mais ça ne fait pas de Spirale un bon film pour autant. Oui, la photographie est jolie, ça ne dure que 1h33 et donc ça se suit plutôt presque bien, le montage est la plupart du temps plus calme que d’habitude (même si le caméraman a toujours parkinson des fois), quelques acteurs s’en sortent. Mais bon, c’est malgré tout encore un peu toujours la même chose, toujours tiré par les cheveux, toujours prévisible. N’aimant pas la saga de base, j’ai envie de dire que Spirale n’est pas le pire en tout cas, mais la concurrence est rude à ce niveau, entre les opus 4, 5, 6 et 7. Mais la saga aurait bel et bien du en rester au premier film, thriller violent mais pas un film gore, avec un scénario qui se tenait.

Les plus

Une photographie propre et même jolie parfois
Quelques bons acteurs
Les pièges sont sadiques
Assez court, et rythmé

Les moins

Toujours la même chose
Le montage, il y a encore beaucoup à redire
Pas si gore, le fan pourrait être déçu
Pourquoi faire revenir Bousman ?
Chris Rock, totalement à la ramasse
Scénario cliché, tiré par les cheveux, ultra prévisible

En bref : Certaines sagas refusent de mourir, même si aucun opus n’atteint la qualité du premier. Ce fut le cas pour Halloween, et c’est encore plus le cas pour Saw. Ce dernier opus, Spirale, ressemble énormément aux précédents, jusqu’à ces twists. Cependant, il se montre bien plus pro visuellement, et c’est déjà un miracle non ?

2 réflexions sur « SPIRALE : L’HÉRITAGE DE SAW (Spiral: From the Book of saw) de Darren Lynn Bousman (2021) »

  1. Alors avant de donner mon avis sur le film. Moi j’adore cette saga, après le 1er (et SUPER film), je prends le reste comme des films d’horreur et de torture qui poussent le bouchon toujours plus loin en dépit du bon sens. Tous ces films sont vraiment divertissants pour moi, et j’adore Costas Mandylor (oui contrairement à toi ahah).

    Cette suite est effectivement quelconque. Moi j’aimais bien l’esthétique crade des films de la série originelle (toi non), ici c’est fade, y’a rien, la photo est quelconque c’est presque trop « propre ». L’interprétation est parfois cata (Rock mon dieu, affreux). Le « twist » est impardonnable car super simple à voir venir pour n’importe quel spectateur connaissant un peu les ficelles des films d’horreur. Bon, après, je dois avouer ne pas m’être vraiment ennuyé, mais ce n’est pas suffisant pour en faire un bon film.

    1. Et donc finalement, malgré des avis forcément très différents sur toute la saga (je sauve le premier, evidemment, mais aussi le 3 qui aurait pu – du boucler la boucle, et le Jigsaw car ENFIN un film filmé proprement haha), ce SPIRALE met tout le monde d’accord, c’est pas bon.

      Le twist, je l’avais grillé très vite, à la fois par logique, et par élimination, ça ne pouvait qu’être ça. Pire, j’avais aussi le mobile et limite la narration même du film déjà grillée. Et quand le scénario joue au petit malin malgré ça, ben… ça la fou mal. Parfois, il faut juste laisser les sagas mourir, car à ce stade, le meilleur opus depuis le 3… c’est quand même le premier jeu vidéo SAW, alors que dieu sait qu’il en a des défauts 😀

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