AO ONI (青鬼) de Nibayashi Daisuke (2014)

AO ONI

Titre original : Ao Oni – 青鬼
2014 – Japon
Genre : Horreur
Durée : 1h09
Réalisation : Nibayashi Daisuke
Musique : Kida Shunsuke

Scénario : Kozuru Noriko

Avec Iriyama Anna, Suga Kenta, Furuhata Seika, Jinnai Sho, Seita et Ozeki Riku

Synopsis : Anna et Shun sont amis. Alors que Shun lui montre le petit jeu horrifique qu’il a créé, Anna remarque des cicatrices bien voyantes sur Shun, qui évite le sujet. Il est en réalité maltraité par des jeunes de son âge. Alors que Shun, Anna et le reste de la bande pénétre dans une maison réputée hantée, ils se retrouvent coincés à l’intérieur, la porte refusant de s’ouvrir, et la présence de quelqu’un ou quelque chose se fait sentir dans la maison, alors que leurs téléphones, n’ayant pourtant plus de réseau, se mettent tous à sonner en même temps.

Ao Oni, Blue Demon, il était temps que je me penche dessus, le film adaptant le petit jeu vidéo gratuit datant déjà de 2014, et une suite ayant même vu le jour en 2015. Pas étonnant si je vous dis que le film, ayant eu droit à une sortie dans des salles de cinéma au Japon, fut massacré par la critique et une partie du public, mais se retrouva avec un succès d’estime, parvenant en tout cas à attirer dans les salles obscures un public connaisseur du jeu, ou friand d’horreur, ou amateur de petits films fauchés, voir les trois à la fois. D’ailleurs, il suffit de voir encore une fois les avis du grand public sur des sites comme imdb pour voir que le film n’a pas eu gain de cause chez les amateurs de bons goûts, ce grand public fan de blockbusters et autres Marvel, puisque le film se retrouve avec une moyenne de 3,9. Une moyenne totalement injustifiée, puisque si le film est loin, très loin du film du siècle (voir du vrai bon film ?), mais ça on s’en doutait, et bien ce fut un très bon moment. Mieux, compte tenu qu’il s’agît très probablement d’un très petit budget (dur de trouver des informations), et bien le film tient la route, visuellement, parvenant à camoufler son manque de moyen par un lieu quasi unique, une intrigue allant à l’essentiel pour un film court (1h09 générique inclus), une photographie plutôt léchée, et un monstre qui a de la gueule. Le fameux Ao Oni du titre, et bien, il est bien entendu l’intérêt principal du métrage, son attraction principale même, et dés qu’il apparaît à l’écran, on ne voit plus que lui.

Il faut dire que chez les personnages, peu nombreux, et bien, ça ne respire pas toujours le talent. Notamment dans les deux principaux, car sans vouloir jeter la pierre sur l’un ou l’autre, même si un rapide coup d’œil à leur CV pourra donner un indice, et bien ça fait mal. Mais bon, comme un certain drama horrifique datant presque de la même année le disait clairement : le cinéma horrifique est la porte d’entrée vers le cinéma pour les idoles. Ce qui est ironique dans le fond, car si c’est le cas depuis bien des années voir décennies et pas qu’au Japon, et bien la peur reste encore un des sentiments qui n’est pas le plus simple à jouer. Mais passons. Ao Oni donc, c’est l’histoire d’une groupe de jeunes qui se retrouve bloqué à l’intérieur d’une maison, dans laquelle se balade une créature difforme et bleue, totalement grotesque, au design autant amusant que répugnant, et finalement, et bien que j’aurais trouvé plutôt bien fichu techniquement parlant. Bien évidemment, ce n’est pas parfait, mais il se dégage vraiment quelque chose de la créature, quelque chose à la fois d’amusant et de dérangeant. Et dans le contexte du film et dans son ambiance, ça fonctionne parfaitement. Nos jeunes personnages vont donc devoir survivre face à cette créature, imitant parfois des voix humaines et les pourchassant dans les couloirs malgré sa carrure, comme dans le jeu vidéo indépendant que le film adapte, et auquel je n’ai pas touché. Oui, il est pourtant gratuit, mais que voulez-vous, je suis sur Mac, et j’en ai marre de galérer à chaque fois pour tester des jeux, voilà. Apparemment, le jeu est plutôt sympathique, et le film est plutôt fidèle. La différence majeure étant qu’évidemment, ici, nos personnages ne tomberont pas forcément sur des énigmes trop tordues pour avancer. Bien qu’il y ai un mystère dans le métrage, celui d’une étrange boite un peu lourde.

Mystère qui, une fois élucidé lors du final, et bien, est plutôt pas mal du tout, et fonctionne bien dans le récit et avec les personnages établis. Dommage donc juste que la qualité d’interprétation soit parfois si chaotique. Bon, après, l’intrigue n’est pas non plus excellente ou nouvelle, avec nos personnages bloqués, dont nos deux héros, Shun et Anna, se rendent comptent que les événements sont comme ceux du jeu, et ils vont donc se servir de leur connaissance pour avancer dans les lieux et trouver des clés. Le réalisateur en tout cas s’en sort bien pour détailler les personnages comme il faut dés le départ et nous intéresser dans cette courte intrigue, tout en, finalement, nous cachant la vérité sur le pourquoi du comment depuis le début, assez habilement au final. Mais il y a le revers de médaille, pas seulement avec le jeu des acteurs parfois moyen (pour ne pas dire mauvais), mais également quelques petits points qui peuvent faire tiquer, notamment le fait que cette bande de personnages traine ensemble dés le départ, vu les circonstances (abus, maltraitance), ça fait bizarre. Un petit détail qui lance l’intrigue mais sur lequel il faut fermer les yeux. Car au-delà de ça, on a un film d’horreur avec un monstre original et bien fichu, quelques moments bien saignants, et quelques idées de mise en scène bien agréables, notamment l’utilisation des caméra GoPro pour des scènes de fuite, donnant un aspect dynamique mais totalement lisible à l’action. Beaucoup de positif malgré tout donc, pour un film qui ne révolutionne rien, mais n’avait pas l’ambition de le faire, et qui s’avère donc un honnête petit divertissement qui amusera pendant 1h10 l’amateur du genre.

Les plus

Une mise en scène qui tente des choses
Parfois ça saigne bien
Le monstre, Ao Oni, réussite du métrage
Le mystère bien entretenu

Les moins

Des acteurs inégaux
Quelques éléments dur à croire

En bref : Ao Oni, c’est de l’honnête série B, qui fait bien les choses, va à l’essentiel, le tout avec en prime un monstre original et quelques moments bien sanglants. Ça a quelques défauts presque inhérents au genre (facilités, acteurs), mais on passe un bon moment.

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