MAY THE DEVIL TAKE YOU TOO (Sebelum Iblis Menjemput Ayat 2) de Timo Tjahjanto (2020)

MAY THE DEVIL TAKE YOU TOO

Titre original : Sebelum Iblis Menjemput Ayat 2
2020 – Indonésie
Genre : Fantastique
Durée : 1h50
Réalisation : Timo Tjahjanto
Musique : Fooftop Sound

Scénario : Timo Tjahjanto

Avec Chelsea Islan, Widika Sidmore, Hadijah Shahab, Baskara Mahendra, Shareefa Daanish, Lutesha, Karina Saiim et Arya Vasco

Synopsis : Deux ans après les terribles événements qui ont emporté sa famille, Alfie et la jeune Nara essayent tant bien que mal de poursuivre leur vie. Alfie est toujours hantée par tout ce qu’il s’est passé. Mais le pire est à venir, quand un groupe vient les kidnapper, persuadé qu’Alfie a le pouvoir de régler leurs soucis : la présence démoniaque d’un ancien directeur d’orphelinat bien décidé à emporter leur âme !

May the Devil Take You a du avoir un bon petit succès lors de sa sortie à l’international sur Netflix, qui ne faisait que distribuer la bête. Hommage évident et non dissimulé à Evil Dead de Sam Raimi, le métrage ne surprenait pas réellement, mais se montrait efficace, parfois bien sanglant, et montrait comme souvent avec le réalisateur Timo Tjahjanto une belle maitrise visuelle malgré un budget limité. Mon plus grand regret ? Alors qu’il y a clairement un grand public pour ce genre de films (après tout, voyez les succès de The Raid 1 et 2, les sorties de Killers et Headshot en Blu-Ray chez nous), voir les derniers métrages de Tjahjanto ne pas avoir de sorties physiques pour se limiter à du streaming via la plateforme N, je trouve ça dommage. Une belle édition de The Night Comes for Us dans ma collection, ça aurait été classe, pareil pour May the Devil Take You, ils auraient rejoints mes éditions Françaises de Headshot et Killers, et mon édition Allemande de Macabre, le premier film du réalisateur en duo avec Kimo Stamboel donc. Et ne me dites pas que je suis le seul ! En tout cas, pour revenir à ma première phrase, oui, le film a du avoir un bon succès, car immédiatement, une suite est mise en chantier, et voilà que May the Devil Take You Too débarque début 2020 en Indonésie. Et alors qu’à l’international, on s’attend à ce que Netflix se jette dessus, et bien non, le film sort en Amérique, en exclusivité streaming chez Shudder. Chez nous ? Rien du tout. C’est comme ça, alors qu’un troisième opus est déjà annoncé et que l’on peut espérer voir la bête l’année prochaine. Donc, May the Devil Take You Too, était-ce utile ? Non, bien évidemment. Tout comme Evil Dead 2 n’était pas utile sur le papier. Et justement, la comparaison est juste, puisque sans aller dans l’humour totalement, cette suite prend clairement le chemin d’Evil Dead 2. Encore une cabane isolée, bien plus de personnages, plus de gore, plus d’effets, plus d’ambitions aussi même si par moment ça implique plus de CGI discutables, plus de cris, plus de larmes, plus de sang, plus de bruits.

Alfie et Nara sont donc les seules survivantes du premier film. Mais il faut déjà survivre à l’excellente scène d’ouverture pour les retrouver. Car dés l’ouverture, durant bien 10 bonnes minutes, Timo Tjahjanto montre ce qu’il a dans le ventre. Mise en scène réussie, photographie léchée, ambiance tendue tout en se refusant le moindre jumpscare, gore à l’ancienne bienvenu. Ça fait fort, et je dois avouer que ça m’a grandement fait plaisir. Puis voilà qu’Alfie et Nara sont toutes les deux kidnappées et amenées par un groupe dans une cabane en forêt, en réalité, un ancien orphelinat isolé, afin d’affronter un nouveau démon, l’ancien directeur, décédé depuis bien des années, mais qui a décidé qu’il était temps de revenir s’occuper de ses « enfants », qui ont donc grandis. Ce sont ces enfants, maintenant des adultes, qui kidnappent notre héroïne, persuadé qu’elle pourra les aider voir les sauver, vu ce qu’elle a vécu dans le précédent film. Alors oui, ça m’a fait lever un sourcil tant le prétexte scénaristique est assez énorme, peu crédible dans le fond. Mais il ne faut pas s’arrêter à ça, car si la formule reste dans les faits plutôt inchangée, bien que dopée et allant à 100 à l’heure, toute l’équipe, devant comme derrière la caméra, se donne à fond pour livrer un film tout aussi solide, encore plus rythmé, plus généreux, et même un peu plus diversifié dans ses situations, même s’il n’évite donc pas des moments où l’écriture du scénario montre ses limites. Pas seulement lors de sa situation initiale, mais aussi lors de quelques éléments dans sa dernière partie, qui versent donc beaucoup plus du côté de la magie noire et qui ne recule devant rien. Et ce côté à la frontière du risible par moment, il a beau être nouveau (le premier était beaucoup plus simple et donc moins sujet à ses éléments), et donc dommage, et bien il ne m’a pas empêché de m’éclater devant le film, et même de le préférer au premier. La multiplication des personnages, et donc, des morts, fait bien plaisir. Les trouvailles visuelles du réalisateur pour faire monter la sauce, sans avoir forcément recourt à des jumpscares (même s’il y en a) font plaisir également.

Et puis, il y a ces scènes sanglantes, ces moments hyper tendus comme de longues poursuites entre les personnages et des esprits vraiment pas contents à travers toute la maison, qui osent aller à la fois dans des effets sanglants réjouissants par moment, avant d’aller dans un moment assez over the top qui fait sourire, sans pour autant que l’on se moque du film, mais plutôt que l’on s’amuse avec lui, que l’on s’amuse de ce jeu de massacre. Le rythme est bien plus soutenu que le premier film donc, pas de longue introduction, et les acteurs font le boulot, autant les nouveaux que ceux qui reviennent, même si Chelsea Islan dans le rôle d’Alfie en fait parfois un peu trop au début, et ce malgré ce que son personnage a vécu. Par contre, par la suite, ça devient plus jouissif, on sent la jeune femme à bout, qui crie, court, frappe, et n’hésite pas à défoncer des crânes avec un tube en métal. Les hommages à ce que le réalisateur aime sont toujours présents, Evil Dead et sa suite en tête (ce coup-ci, on a même la présence d’un livre maudit, de la cave), et le plus amusant, c’est que l’on remarquera même un moment qui semble être un hommage au remake d’Evil Dead, tout en se permettant d’aller encore plus loin dans l’horreur graphique, alors que le remake allait lui-même déjà loin. Le film se permet même vers la fin quelques visions d’horreur clairement réussies et assez inattendues. Dommage que dans ce carnage assez viscéral, une vraie ombre se profile à l’horizon, et ce sont les CGI, vraiment bien voyants et pas toujours fin, que ce soit pour quelques apparitions maudites, ou pour des effets de flammes franchement bien discutables, trahissant ainsi le budget du film, et sa sans doute trop grande ambition. Mais pour autant, le film délivre la marchandise, se fait ultra généreux, assez énervé et gore, il plaira aux amateurs et se montre sur certains points supérieur à l’original.

Les plus

Toujours très appliqué visuellement
De beaux décors
Plus sanglant que le premier
Plus diversifié également
Hyper généreux et rythmé

Les moins

Malgré tout encore assez prévisible
Les CGI, vraiment pas top

En bref : Une suite qui reprend la même formule, mais multiplie les situations, les personnages, les meurtres, les apparitions, les idées. Si on passe outre quelques facilités de scénario et ses effets spéciaux numériques discutables, on passe un très bon moment.

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