ANGEL’S PROJECT (天使狂龍) de Cheung Ho-Tak (1993)

ANGEL’S PROJECT

Titre Original : 天使狂龍
1993 – Hong Kong
Genre : Action
Durée : 1h29
Réalisation : Cheung Ho-Tak
Musique : Tang Siu-Lam
Scénario : Lo Kin et Garry Chan

Avec Sibelle Hu, Moon Lee, Benny Lai, Cheung Ho-Tak, Lung Fong, Cheng Chu-Fung, Cliff Lok, Sin Bo-Ming et Chun Kwai-Bo

Synopsis : Deux flics de Hong Kong se rendent en Malaisie pour amener Susana, une criminelle, mais elle s’échappe avec une disquette contenant des informations importantes liant un chef de Triade avec le chef de la police.

Après Angel 1, 2 et 3, après Angel Terminators 1 et 2, après Killer Angels, bref, après tout un paquet de films estampillés Angel suite au succès d’Angel en 1987, il est fou de voir qu’à l’international, des films continuent d’utiliser cette mode en 1993. Oui, en 1993, il y avait Angel Terminators 2, mais même si fausse suite, dans le nom, ça reste la suite d’un film connu. Et dans le cas de ce Angel’s Project ? C’est simple, quand on a Moon Lee et Sibelle Hu au casting, et qu’on a une intrigue policière pouvant permettre quelques kicks et fusillades, et bien voilà, on fou Angel dans le titre pour attirer le fan. Moralité ? Ça a marché, j’ai vu le film. Et ce n’était pas très bon. Et quand en plus on regarde l’intrigue, on se dit que l’originalité, qui n’a jamais été le point fort des intrigues du genre, est définitivement morte. Oui, exactement comme dans Dreaming the Reality (1991) ou dans le futur Yes Madam 5 (1995), on amène le casting à l’étranger pour un tournage peu couteux, et on les fait rechercher une disquette contenant des informations sensibles sur un syndicat du crime, tout ça tout ça. Le souci n’est pas vraiment que ce n’est pas original, mais qu’à l’écran, c’est souvent peu palpitant, loin d’être très convaincant, et que ça manque clairement de peps. Et parfois de noirceur, l’humour étant bien évidemment de la partie. Alors au début, lors de la scène d’introduction, on y croit encore, malgré de grosses fautes de goût. Il faut dire que ça démarre cash par une opération de police au port, qui tourne mal forcément, nous donnant du coup de rapides combats (les chorégraphies sont sympathiques), des poursuites, tout ça tout ça. Mais d’emblée, il y a l’humour, ridicule, avec ce gwello qui pousse des cris insupportables et se voit obligé de porter un pantalon aux couleur du drapeau Américain… Mais si le film continue sur cette lancée, on veut y croire, et ce même si ni Sibelle Hu, ni Moon Lee ne sont dans la dite scène.

Malheureusement, on va vite déchanter. Et en plus, la qualité du DVD étant assez exécrable, avec des sous titres anglais souvent camouflés par un fond blanc, le confort de vision n’est clairement pas optimal et n’aide pas à s’investir dans cette histoire peu palpitante. Bon, et donc, Sibelle Hu et Moon Lee ? Oui, elles sont là, même si pour le coup, il faut attendre un bon 20 minutes avant de voir le bout d’une mèche de cheveux apparaître. Et malheureusement, quand elles apparaissent, ça se traîne alors un peu en longueur, en jouant sur des gags sur les différences de cultures qui ne sont pas s’en rappeler un certain Angel 2, déjà avec Moon Lee, cinq ans plus tôt (oui, en Malaisie, on mange avec les mains). Trop d’humour, trop de longueurs, une intrigue déjà vue… Et pourtant, malgré tous ces défauts, je n’arrive pas à détester Angel’s Project. Non pas pour sa mise en scène, c’est d’ailleurs le seul métrage du réalisateur, mais car malgré ses nombreux défauts, son intrigue interchangeable avec énormément de métrages du genre, et bien… l’action n’est pas si mal que ça. Alors évidemment, les chorégraphies ne vont pas nous scotcher à notre écran, il faudra parfois se taper de bien trop longues discussions dans des bureaux, quelques twists prévisibles, et une pseudo scène de torture ridicule au possible à base de gros blocs de glace… En fait, c’est un bon 20 minutes au centre du film qui s’avère presque pathétique, à coup de tortures à base de glace, de karaoké, de bons repas et de Moon Lee portant un T-shirt Garfield. Même la poursuite en voiture mi-parcours, elle aura du mal à convaincre. Je ne suis pas fan du procédé d’accéléré des plans, mais là c’est l’opposé, on a l’impression que tout va à deux à l’heure. Ce qui me permet d’ailleurs d’en placer une sur les musiques du film, pas glorieuses, et hors combats, parfois insupportables, allant bien finalement avec les passages lourdingues, comme avec Sibelle Hu perdue dans la jungle à faire des grimaces.

Oh oui, dans le fond et dans la forme, il y a beaucoup à redire sur le film. Surtout sur ce long passage dans la jungle, où Sibelle Hu est menottée à Benny Lai. Que c’est lourdingue ! Et donc, il y a l’action, hors poursuites en véhicules ratées. Et les combats, eux, ils sont plutôt bons. Pas le top dans le genre, loin de là, mais tout à fait potables, avec même quelques petites idées sympathiques, comme ce combat dans la rue à deux contre deux, où Moon Lee et Sibelle Hu s’échangent leur combattant en fonction des coups donnés. Ce qui est vraiment dommage, outre le fait que l’action soit plutôt rare, c’est en réalité qu’il y a comme un décalage entre l’action, qui n’hésite pas à placer des coups violents, voir parfois des exécutions bien violentes à coups de couteaux, et le reste du film, beaucoup plus léger, à base de blagues potaches, de grimaces, de pipi même. Et évidemment, c’est Sibelle Hu qui se tape tous ces passages plutôt embarrassants. Niveau action, Moon Lee se donne comme souvent à fond, et c’est d’autant plus dommage de la voir en retrait pendant une bonne partie du métrage. Ce qui donne un film sympathique par instant, dés qu’il met l’accent sur les bonnes choses, mais qui se plante littéralement le reste du temps. Le fan pur et dur pourra y trouver par moment son compte, tandis que le spectateur normal devrait fuir cette bobine tardive.

Les plus

La scène d’ouverture, hyper sympa
Les combats

Les moins

L’humour lourdingue
Le milieu du film mettant Sibelle Hu en avant

En bref : Angel’s Project est un film qui, lorsqu’il se concentre sur l’action, s’en sort bien. Mais lorsqu’il se concentre sur Sibelle Hu et l’humour, il se plante plutôt lamentablement.

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