THE WARPED FOREST (あさっての森) de Miki Shunichiro (2011)

THE WARPED FOREST

Titre Original : Asatte no Mori – あさっての森
2011 – Japon
Genre : Comédie
Durée : 1h22
Réalisation : Miki Shunichiro
Scénario : Miki Shunichiro et Oosumi Yuuka

Avec Kikuchi Rinko, Morishita Yoshiyuki, Nikaidô Fumi, Tanaka Yôji, Tsuda Kanji et Morioka Ryu

Synopsis : Asseyez-vous confortablement pour plonger dans un univers étrange, à la fois très familier et totalement inconnu, où une femme géante tient un magasin beaucoup trop petit, où chaque chambre à un petit pod vert et ou les forêts peuvent nous téléporter et sont peuplées de nymphes.

Nous y voilà. Après le délice que fut The Taste of Tea de Ishii Katsuhito (alors que je préfère le café), et après la grosse déception que fut Funky Forest : The First Contact, réalisé à trois, dont Ishii Katsuhito donc, et Miki Shunichiro, nous pouvons enfin plonger dans le dernier film de la salve d’Avril 2022 provenant de chez Spectrum Films avec The Warped Forest, que l’on pourrait d’ailleurs considérer comme une suite « spirituelle » à Funky Forest. C’est donc Miki Shunichiro qui coécrit et réalise le dit métrage qui veut encore jouer sur l’étrangeté en pleine forêt, mais cette fois-ci, il y a du changement. Des gros et visibles par tous, et des plus subtils. Le gros changement, c’est dans la durée du métrage, le réalisateur ne livrant ce coup-ci qu’un métrage d’1h22, générique inclus. Dans les changements, on pourrait également dire que le film a droit à une narration un peu plus claire que dans Funky Forest, sans pour autant faire dans la simplicité, en nous faisant suivre plusieurs groupes de personnages avec des buts simples, et que sa façon de mettre en avant l’étrangeté change également. Dans Funky Forest, les personnages avaient parfois conscience de l’aspect étrange des événements. Un prof qui s’énervait face au bordel de la classe d’à côté, des rêves totalement farfelus mais identifiés comme des rêves par les personnages. Dans The Warped Forest, c’est un peu plus différent, un peu dans un sens à la manière du cinéma de Dupieux. Le monde est étrange, tout comme certains éléments peuplant ce monde et certains événements s’y déroulant, mais pour la plupart des gens, c’est la norme de ce monde. Pour nous, pauvres spectateurs vivant seulement sur Terre, notre logique va être mise à rude épreuve, ce qui permet au réalisateur de se faire plaisir. On y trouvera ici certains habitants géants alors que le reste du monde ne semble pas du tout prévu pour eux, mais ça ne choque personne. Tout le monde cohabite ensemble.

La monnaie n’est pas le yen ou les dollars, mais les pocos. Mais surtout, on y trouve des super fusils… dont le bout du canon est un pénis. Et aussi d’étranges fruits verts que tout le monde semble adorer, abordant une forme très suggestive et poussant sur des femmes nues en forêt. Et aussi des personnages qui veulent tenter une expérience via leur rêve, pour fuir la réalité en quelque sorte. Alors oui, c’est encore une fois totalement barré, et on peut souvent lever un sourcil en se demandant où tout cela veut bien nous amener, mais The Warped Forest a plusieurs atouts pour lui qui finalement, rend la réponse à cette dernière question inutile. Déjà car comme dit plus haut, sa narration, moins éparpillée et bordélique sans pour autant être classique est resserrée sur une poignée de personnages, dont leurs scènes, techniquement, se suivent. Et dans le fond, c’est normal, puisque nous n’avons pas des courts métrages réalisés à trois qui sont assemblés au montage. Cette narration bien resserrée, on le remarque également donc à la durée, qui ne peut alors plus se permettre des dialogues tournant en rond pendant de longues minutes ou des scènes de danse, aussi rythmées soient-elles. Tout va plus vite, et du coup on accepte beaucoup plus facilement la folie environnante du métrage, surtout que le film est parsemé d’idées pas inintéressantes au final. C’est absurde, étrange, ça ne plaira évidemment pas à tout le monde, c’est blindé de sous-entendus sexuels voyant à 110 kilomètres, mais il se dégage quelque chose d’assez fascinant du métrage. Fascinant dans son approche, intéressant de par certaines idées, et bien évidemment, érotique également. De toute façon, il ne faut pas avoir fait Bac + 5 pour s’en rendre compte, entre les fruits affichant un vagin, les fusils pénis, ou encore les nombreux katanas présents, bien là pour mettre des formes phalliques en plus.

Et si l’on accepte de se laisser porter, le voyage passe tout seul, surtout que si on a perdu le talent d’Asano Tadanobu au casting, et la beauté de Nishikado Erica, le casting de The Warped Forest n’a pas à rougir, en affichant des gueules bien connues des amateurs de cinéma barré, mais aussi des futurs noms aujourd’hui connus. Voyez-vous-même, ça se bouscule, avec Kikuchi Rinko, femme à la vie de Sometani Shôta, et surtout actrice à la carrière oh combien variée, aussi bien au Japon (les deux autres films Spectrum d’Avril, Survive Style 5+, Assault Girls, Moteki) qu’en Amérique (Pacific Rim, 47 Ronin), mais aussi Nikaido Fumi qui sera révélée au grand public l’année suivante avec Himizu de Sono Sion, Morishita Yoshiyuki qui est capable de tourner autant pour Kitano que pour Iguchi,sans oublier Tanaka Yôji (Ju-On The Grudge, Sukiyaki Western Django, Kodoku Meatball Machine) ou le grand Tsuda Kanji, que l’on a pu voir chez Iwai (April Story), Miike (Audition), Kitano (Hana-bi, Dolls), Shimizu (Ju-On The Grudge), mais aussi chez Iguchi et Nishimura (Vampire Girl VS Frankenstein Girl, Mutant Girls Squad) ou Sono Sion (Guilty of Romance). Bref, un casting assez énorme qui semble s’éclater à évoluer dans cet univers hors norme. Casting qui est pour beaucoup dans la réussite du métrage, Un métrage certes totalement barré, hors norme, mais bien mieux maitrisé, construit et digeste, qui a même sa propre logique narrative, et se permet de se finir sur une jolie note douce. Tout aussi bourré d’idées donc, mais maitrisé, et ne laissant par le temps au spectateur de s’ennuyer en allant vite, tout en sachant ironiquement quand se poser. Bien qu’évidemment, l’expérience reste à conseiller aux amateurs de bizarreries.

Les plus

Un monde étrange et souvent fascinant
Court et mieux construit
Un casting peuplé de têtes connues
Des idées à la pelle

Les moins

Clairement pour un public sachant à quoi s’attendre
L’approche très sexualisée pourra rebuter

En bref : The Warped Forest nous propose de plonger dans un univers surréaliste et souvent barré, aux fortes connotations sexuelles, et contenant pas mal d’éléments intéressants. L’ensemble est court, l’univers travaillé et parfois fascinant, si l’on accepte ses excès, et que l’on n’attend pas du film ce qu’il n’est pas.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A strange and often fascinating world
♥ A short and well constructed film compared to Funky Forest
♥ A lot of people we know and love in the cast
♥ Many, many ideas
⊗ Clearly not for a large mainstream audience
⊗ The sexual approach of many things isn’t for everybody
The Warped Forest is an invitation, an invitation to let go and jump in a strange and surreal world, with many sexual connotation everywhere, and with many interesting things. It’s rather short, the world is fascinating, and if you accept the excess of the film, and not expect something it’s not, you’ll have a good time.

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