JOHN WICK de Chad Stahelski (2014)

JOHN WICK

Titre Original : John Wick
2014 – Etats Unis
Genre : Action
Durée : 1h41
Réalisation : Chad Stahelski
Musique : Tyler Bates et Joel J. Richard
Scénario : Derek Kolstad

Avec Keanu Reeves, Michael Nyqvist, Alfie Allen, Adrianne Palicki, Bridget Moynahan, Dean Winters, Ian McShane, John Leguizamo et Willem Dafoe

Synopsis : John Wick, ancien tueur à gage réputé et craint de tous, surnommé Baba Yaga chez les Russes, est rangé. Mais les choses ne sont pas roses, et après la mort de sa femme, alors qu’il est seul avec son chien et sa voiture, un gang Russe débarque, l’agresse, vole sa voiture et tue son chien. Wick reprend les armes pour venger son amour canin !

John Wick ne m’avait jamais vraiment intéressé. Oui, ça a déjà 7 ans maintenant, et il aura fallut attendre l’annonce d’un quatrième opus avec Donnie Yen pour que je me penche enfin sur cette saga. Plus pour tenter de comprendre l’engouement du grand public dessus en réalité. Car j’avais bel et bien du voir ses 10 ou 15 premières minutes, et il y a bien plus palpitant pour donner envie de voir une saga. Car malgré sa mise en scène classe et la présence de néon, ce qui donne normalement immédiatement un capital sympathie pour moi, John Wick débute sur ni plus ni moins qu’une avalanche de clichés énormes. Imaginez un peu, le tueur rangé pour avoir une vie de famille, qui parle peu, est hyper doué dans son boulot, mais qui perds sa femme, et se rend à l’enterrement, forcément sous la pluie, pendant qu’un ancien collègue observe au loin la cérémonie et cette avalanche de parapluies noirs, avant qu’un soir, un gang ne pénètre chez notre héros, le tabasse, fasse l’erreur de lui voler sa voiture, ce qui fait péter une durite à notre ancien tueur, qui va reprendre les armes pour éliminer tout seul une armée de Russes. Le tueur immortel qui reprend du service, on connaît. Les clichés sont tous là, au scénario, mais également dans l’aspect visuel sombre du titre, avec la pluie, les plongées et autres contre plongées, ces nuits éclairées aux néons, sans oublier ce tueur peu bavard qui fait la gueule. Sur le papier, dans les grandes lignes, et mêmes dans les ambitions affichées par le scénariste et les deux réalisateurs, même si un seul d’entre eux est crédité, John Wick ne ressemble qu’à un best of, une accumulation de tout ce que le genre nous a offert depuis qu’il existe. Et quand le scénario tente de surprendre, en ne mettant pas en scène la vengeance sur la femme morte (elle meurt immédiatement, de maladie), c’est pour faire péter un câble au personnage pour la mort de son chien. Et comme ce premier John Wick semble souvent très premier degré, il y a de quoi en rire. Jaune. J’imaginerais presque un trailer avec en voix off la VF de Schwarzenegger nous lançant un « ils ont tué son chien, monumentale erreur ».

Et pourtant, ce premier opus d’une désormais trilogie, qui devrait bientôt se voir enrichir d’un quatrième et cinquième opus, et bien il n’est pas si mauvais que ça. Inférieur aux suites, clairement, notamment pour son point de départ (le chien bordel) et à cause d’un certain côté bien trop sérieux (qui sera partiellement abandonné dans les suites), mais qui néanmoins parvient, passé cette longue ouverture pleine de clichés, à faire le boulot. Car John Wick est violent, John Wick est blindé d’action, John Wick a beau être classique, il tente de bâtir un univers derrière lui qui ajoute quelques éléments bienvenus. Car John Wick est réalisé par Chad Stahelski et David Leitch, deux cascadeurs qui connaissent leur boulot et aiment l’action. Chad Stahelski, responsable de tous les opus, aura même été acteur dans des rôles musclés, parfois à côté de Keanu Reeves, dans Constantine par exemple, ou aura été dans Ghosts of Mars ou Die Hard 4, ou aura même remplacé Brandon Lee après son décès sur The Crow, en 1994, oui ça date. Ils savent donc ce qu’ils font. Et puis, John Wick, c’est Keanu Reeves, et si l’acteur est toujours aussi inexpressif, il faut dire que ça correspond plutôt bien à l’image que son personnage renvoie, comme le prouve les dires de nombreux autres personnages dans le film. Et puis comme je le disais, il y a ces quelques éléments en fond qui donnent à John Wick un univers bien à lui, avec cet hôtel pour tueurs, qui fonctionne donc à un niveau différent, a ses propres règles. C’est intéressant tout ça, et ça permet de donner un minimum de profondeur à un film qui au départ ne parle que d’une vengeance, sèche. Bien évidemment, en plus, il y a l’action, sympathique, sans pour autant être exceptionnelle ici, mais qui fait le taf la plupart du temps, car John Wick est un film compétent, bien qu’ayant un budget limité pour ses ambitions. Vouloir buter toute la mafia à lui tout seul, John Wick a un arsenal pour l’aider, même si quelques tueurs sont aussi à ses trousses, et que pour buter tout ce bon monde, il n’a que 1h41 devant lui (une durée risible pour un film d’action de nos jours), et un budget estimé entre 20 et 30 millions, tout aussi risible donc.

Dans un sens, les deux réalisateurs s’en sortent plus que bien donc vu le budget, surtout qu’ils étoffent le casting avec des acteurs bien plus expressifs, malheureusement souvent en arrière plan, comme Ian McShane, qui brillera plus dans les suites, ou John Leguizamo, malheureusement au temps limité, et Willem Dafoe, que j’ai toujours plaisir à voir à l’écran. Même si, et ce sera encore le cas dans les suites, voir même amplifié, deux éléments se posent là, immédiatement. Déjà, c’est le film de John Wick, et les autres, ils ne sont que secondaires, pour faire avancer l’intrigue ou amener une scène d’action. Le second, c’est que très rapidement, et ce dés le premier assaut dans sa maison, John Wick semble invulnérable, ce qui d’ailleurs est amplifié via les dialogues, ce que les autres pensent de lui. Du coup, on le sait par avance, même seul face à 20 opposants, John Wick s’en sortira sans trop de soucis. Enfin, dans les faits, puisque des fois, sans l’aide de personnes tierces, John Wick serait déjà mort. Mais voilà, il faut prendre le métrage pour ce qu’il est, et à ce niveau là, c’est du plutôt bon divertissement. Rythmé, maitrisé visuellement malgré tout, avec des scènes d’action plutôt variées, allant de la fusillades dans des lieux fermés, dans des rues, ou même dans des lieux bondés de public, comme dans la meilleure scène du film, la fusillade dans la boite de nuit. Keanu Reeves en tout cas, même si souvent limité en jeu d’acteur, est totalement investi dans son rôle, faisant lui même les cascades, et plutôt crédible, agile, rapide, souple. On pourra dire que parfois, c’est en effet un peu trop dansant dans les chorégraphies, mais ça a souvent une bonne classe à l’écran en tout cas. En tout cas, venant du cinéma US, oui, ça rend vraiment bien. C’est facile, pas nouveau pour le connaisseur, mais ça rempli bien son contrat de divertissement. Même si c’est à partir du second opus que la saga trouvera son rythme, son visage, à savoir de la série B violente pas prise de tête, compétente, généreuse, bourrée d’idées, et ce même si au delà de l’univers qu’il commence à dépeindre, le scénario lui ne sert que de prétexte et accumule les clichés.

Les plus

Keanu Reeves se donne à fond
Techniquement solide, il y a même du néon
Des chorégraphies sympas
Le principe de l’hôtel et son univers
Une bonne introduction…

Les moins

Alors, bon, le scénario…
Des clichés en pagaille
Un aperçu de ce que seront les suites
…Mais une introduction au budget limité

En bref : John Wick, le tout premier, c’est simpliste, souvent très cliché au point d’en rire, mais on décerne déjà quelques éléments intéressants, et l’action reste solide et correctement filmée. Un petit moment pas prise de tête, vite dépassé par ses suites.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Keanu Reeves gives everything
♥ Technically it’s well done, there’s even many neon lights
♥ The fights and action scenes are well choreographed
♥ The hotel and the world around it
♥ A good introduction…
⊗ So, the script…
⊗ So many clichés
⊗ Just a peek of what’s to come
⊗ … But a very limited introduction
The first John Wick is simple, often cliché and you can almost laugh of it, but a few things are interesting, the action is well done and filmed. It’s a nice film, but the sequels will do better.

2 réflexions sur « JOHN WICK de Chad Stahelski (2014) »

  1. Jamais vu. Comme toi, je ne me suis jamais laissé tenter par ce film de bastion. Pourtant, il a de quoi me faire passer un bon moment. Et puis j’en entznd tellement parler depuis (sans compter les suites).
    Je t’avoue que je ne suis pas plus convaincu après lecture de ton texte. Il n’y a que cette histoire de chien, prétexte assez risible, pour me faire lever un sourcil. C’est visiblement la seule originalité car le réal ne semble pas être un grand formaliste, sinon dans la pratique des arts martiaux (il jouait dans Ghost of Mars?! ) Justement, quand on veut s’aligner sur les modèles asiatiques, il faut avoir du style, il faut s’appeler John Woo, Johnnie To, Tsui Hark. J’ai bien peur qu’on soit plus près de la Cannon ici, non?
    Quant à Keanu, je l’aime bien mais je n’ai pas une folle admiration.

    1. Ce premier n’est pas désagréable du tout, mais il a pas mal de petits défauts, c’est une mise en bouche, qui devrait malgré tout te plaire. Il y a le casting, il y a du style malgré tout même si limité par moment, la musique aussi est plutôt cool. Puis après vient le 2, largement supérieur, qui s’assume, qui met le paquet niveau action, où tout est mieux en fait, et qui vaut largement le détour (le 3 est très sympa aussi, mais j’ai une préférence pour le 2). Les suites en plus mettent souvent le paquet niveau action, et niveau casting (Laurence Fishburne, Marc Dacascos, les méchants des deux The Raid, Halle Berry).

      Quand à ta remarque pour la Cannon, méchant monsieur, n’oublie pas qu’ils ont aussi produit des bons films comme Runaway Train, Barfly et j’en passe 😉 Mais on n’est pas non plus dans la Cannon, car tu sens que le réalisateur et l’équipe est sincère et honnête dans leur proposition.

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