Mass Effect 2 – Legendary Edition (2021 – Action RPG – Playstation 4 Pro)

MASS EFFECT 2

Sortie : 30 Avril 2021
Genre: Remaster utile
Studio : Bioware
Éditeur : Electronic Arts
Joué et testé sur : Playstation 4 Pro
Existe sur : PlayStation 4, Xbox One, Xbox Series X et Series S, PC

Synopsis : le SSV Normandy est en patrouille à la recherche des Geths. Mais cette patrouille se termine en tragédie après une attaque d’un vaisseau inconnu. Lors de cette attaque, le SSV Normandy est entièrement détruit et le commandant Shepard perd la vie par asphyxie, son corps est attiré dans l’orbite d’une planète voisine. Deux ans après cet évènement, le corps de Shepard est ramené à la vie par une organisation suprémaciste humaine appelée Cerberus grâce à leur « Lazarus Project », dont le seul but est la résurrection de Shepard. Une fois rétabli, Shepard se réveille à bord d’une station assiégée, et s’échappe avec l’aide des agents de Cerberus Taylor Jacob et Miranda Lawson. Ensuite, Shepard parle avec l’homme Trouble, chef de Cerberus, qui l’informe que des populations entières de colonies humaines disparaissent partout dans la galaxie : il estime que les Moissonneurs en sont responsables, et qu’ils exploitent une espèce extra-terrestre appelée les Récolteurs.

J’ai découvert Mass Effect via la Legendary Edition, tout récemment. Si le premier jeu a été à la hauteur de sa réputation, c’était avant tout pour son univers, son écriture, son ambiance visuelle et musicale. Car niveau gameplay, si on n’ira pas jusqu’à dire que c’était nul, et bien, c’était bancal, parfois frustrant. Les idées étaient là, mais fragiles, parfois mal amenées. Il était donc, en toute logique, temps de se frotter à Mass Effect 2. Soit le jeu à la réputation fort glorieuse, souvent cité comme étant le meilleur de la trilogie, le meilleur jeu développé par le studio BioWare, mais également l’un des meilleurs jeux tout court. Et même si le premier n’était pas parfait, il était assez prenant pour que j’enchaîne directement sur cette suite. Alors, après avoir sauvé la Citadelle de la menace d’un Moissonneur, après avoir sauvé (ou non) le conseil, bref, après être devenu un héros, que va-t-il se passer ? Et bien, notre héros, ce cher Shepard… meurt, dans les premières minutes de jeu. Niveau introduction, ça fait fort, surtout que d’entrée de jeu, ça met le paquet, visuellement. Si la qualité de cette Legendary Edition aura quelque peu égalisé visuellement les différents opus pour avoir une expérience cohérente, il faut dire que Mass Effect 2 se montre malgré tout bien au-dessus, remaster ou pas. Bref, le Normandy est détruit, notre équipage sauvé in-extremis, et nous, le joueur, nous périssons, dans le vide interstellaire. C’était court non ?… Sauf que l’instant d’après, nous ouvrons de nouveau les yeux. Non, ce n’était pas un rêve, mais nous avons été ramené à la vie par l’agence Cerberus, dirigée par L’Homme Trouble (oui, en VF ça sonne vraiment con). En à peine quelques minutes, Mass Effect 2 interroge, dans le bon sens du terme, en met plein la vue, et corrige d’emblée les défauts de son ainé.

Nous l’avons déjà vu, visuellement, le jeu met le paquet. Effets de lumières, diversité des environnements, planètes variées et gigantesques. Musicalement, c’est du même acabit, c’est souvent magnifique, et souvent épique, mention à la dernière mission, mais on y reviendra. Mais surtout, en seulement quelques minutes, les questions fourmillent. Cerberus nous a ramené à la vie, mais pour qui a fait le premier jeu en profondeur, jusqu’à ces quêtes annexes, en lisant bien tous les textes, on tique. Cerberus, agence pro-humanité, aux méthodes douteuses et illégales, que l’on pourrait considérer tout simplement comme des terroristes. Bref, un de nos ennemis, qui nous ramène à la vie, et pour qui l’on va devoir bosser. Mais surtout, d’entrée de jeu, Mass Effect 2 réinitialise tout. Car entre la destruction du Normandy et la fin de notre « première » vie, et notre retour miraculeux bien que mouvementé puisqu’à peine debout, la base est attaquée, il s’est écoulé deux ans. En deux ans, forcément, notre équipage est parti à ses occupations, et il va donc falloir se recruter un nouvel équipage. C’est d’ailleurs là le cœur du jeu, recruter une équipe pour être prêt pour une mission suicide. Un pari extrêmement risqué, puisqu’en mettant cette intrigue au cœur du second jeu d’une trilogie, et surtout, pour oser en faire un jeu tout entier, il faut réellement une qualité d’écriture exceptionnelle.

Et Mass Effect 2 y parvient de manière quasi miraculeuse. Pour le coup, plus que l’intrigue, ce sont les personnages qui sont au cœur du récit. Des personnages variés, comme Kasumi la voleuse, Zeed le mercenaire, Samara l’Asari qui ne plaisante pas, Jack une biotique un brin psychopathe, Grunt, un Krogane né dans une cuve, Miranda, bras droit de l’homme trouble, ainsi que quelques têtes qui reviennent, comme Garrus ou Tali. Bref, un gros casting. Le premier bon point, c’est qu’à l’exception de quelques rares personnages (Jacob, peu attachant), l’écriture des personnages est aux petits oignons. Le second bon point, c’est que niveau voix, là aussi on a du casting. Keith David (The Thing, Invasion Los Angeles) prête toujours sa voix à notre ami le commandant Anderson, Seth Green (Buffy contre les Vampires) est toujours notre fidèle pilote, Carrie-Anne Moss (Matrix) prête sa voix à Aria, une Asari gérant Omega, gigantesque ville aux milles et un vices que l’on explorera, tandis que l’homme trouble est délicieusement interprété par Martin Sheen (Apocalypse Now), Lance Henriksen est l’amiral Hacket et que la belle Miranda se retrouve avec la voix et la ressemblance faciale d’Yvonne Strahovski (Dexter, Chuck). Ce ne sont que quelques noms parmi tant d’autres. Et donc, Mass Effect 2, dans les faits, consiste à une longue mission de recrutement avant que les choses sérieuses ne commencent. Ça aurait pu rapidement tourner en rond, être redondant, mais non, ça fonctionne car la plupart des personnages s’avèrent attachants. Mieux, passé la moitié du jeu, quand les choses sérieuses commencent, le joueur se voit alors clairement face à un (faux) choix. Avancer dans le jeu bêtement, où se rapprocher de ses coéquipiers pour augmenter leur loyauté, connaître leurs troubles, leurs peines, et donc, pour le joueur, le jeu nous offre la possibilité de nous investir encore plus. Ces missions, appelées Loyalty Mission, sont toutes facultatives, mais pourtant, les personnages étant au cœur même des mécaniques du jeu, obligatoires. Ou plutôt, le joueur plongé dans l’aventure ne passera pas à côté.

Ce qui prouve la finesse d’écriture du soft, car les scénaristes de chez BioWare vont brasser des sujets vastes et surtout graves. La maladie avec le personnage de Thane, les êtres créés intégralement génétiquement avec Miranda, Jack ou même Grunt, l’intelligence artificielle, l’âme, la famille avec Jacob, tout ceci sera au cœur des différents récits, souvent poignants. Même Jacob, personnage le moins attachant du jeu, trouvera grâce à mes yeux grâce à sa mission explorant les liens avec son père dans une mission au fond plus qu’intéressant thématiquement. Cerise sur le gâteau, le remaster incluant tous les DLC des différents jeux, Liara viendra le temps d’une mission de 2 ou 3 heures nous faire coucou pour une mission fort sympathique, avec course poursuite en voiture volante semblant issue du Cinquième Elément (ou de l’Attaque des Clones) et assaut de base dans les nuages avec une direction à tomber par terre, et apporter encore plus de lore et de continuité entre les deux jeux, et ainsi ne pas laisser quelques intrigues en plan (le courtier de l’ombre). Bref, c’est très solide, très prenant, parfois même touchant, et ce n’était pas gagné. Et qui dit Mass Effect dit bien entendu romance. Je n’ai pas résisté longtemps aux charmes d’Yvonne S…. je veux dire de Miranda ! Liara n’avait qu’à rester dans mon équipe, d’abord ! Bref, dans le fond, dans ses personnages et dans son écriture, Mass Effect 2 parvient à surpasser le premier jeu, alors que cela était déjà son gros point fort. Les équipes de BioWare n’avaient qu’à corriger les défauts du premier jeu pour véritablement faire un jeu en or. Et si ce n’est pas parfait encore une fois, on remarque pourtant dés le tutorial du jeu que oui, ils se sont bougés. Un bouton sert à présent à se mettre à couvert, et à en sortir. Mieux, Shepard peut passer par-dessus les obstacles. Miracle !

Il faut dire que le studio a revu l’aspect RPG du titre, en changeant intégralement les arbres de compétences, en les simplifiant quelque peu, et donc Mass Effect 2 voit son côté TPS prendre le dessus, sans que cela ne soit gênant puisqu’il le fait plutôt bien. Le feeling des armes est amélioré même si encore perfectible, et le level design bien pensé pour ce genre de gameplay. L’aspect RPG n’est pas pour autant oublié, avec toujours de lourds choix et leurs conséquences à accepter, et l’ajout d’action rapide à effectuer durant certains dialogues pour faire avancer les situations plus rapidement, soit en étant un Shepard droit dans ses bottes, ou au contraire plus violent et cash. Ça fonctionne très bien. C’est plus dans l’arbre de compétences que l’aspect RPG a été réellement revu à la baisse finalement. Autre élément qui a intégralement été revu, l’exploration des planètes. Là où le premier jeu nous faisait explorer des planètes en nous mettant dans l’horrible MAKO, véhicule terrestre à conduire sans aucune sensation, Mass Effect 2 a comprit l’erreur, et ne recommence pas. C’est éviter de se tirer une balle dans le pied, et c’est très bien, même si à la place de fouler les planètes de nos petits pieds et de nos petites roues, on devra scanner des planètes pour envoyer des sondes et trouver des ressources, et que tout cela n’est guère passionnant, voire pas du tout en réalité. Mais face à tout ce que le jeu parvient à faire, on a envie de lui pardonner cette tâche, surtout que les ressources, elles sont utiles pour améliorer nos armes, mais surtout pour améliorer notre vaisseau, ce qui est plus qu’utile pour accomplir notre mission, et ça, le jeu nous laisse le découvrir.

A ce stade, on pourrait dire que Mass Effect 2 est la digne suite du premier jeu, qu’il en corrige les défauts, parfois maladroitement (le scan de planètes), parfois de belle manière (le gameplay affiné), mais qu’il ne parvient pas non plus à s’élever trop haut, pour un jeu avec une telle réputation. Solide, prenant, mais le premier l’était déjà. Mais clairement plus plaisant manette en mains. Et c’est là que débarque la dernière ou plutôt les deux dernières heures de jeu, et surtout la dernière mission, portant bien son nom. LA mission qui a fait la renommée de Mass Effect 2. Et là, arrivé au bout de cette mission suicide, un constant s’impose. Oui, Mass Effect 2 est épique, parvient à nous faire vibrer et parfois à nous émouvoir, et est un grand jeu. Il parvient à nous passionner et surtout à nous faire nous sentir proches de personnages qui peuvent mourir (pour de vrai, une mort définitive), ce qui est marquant pour un RPG, mais surtout pour un jeu avec une telle narration, et encore plus pour un second épisode d’une trilogie. Il y parvient à tout ça, alors qu’il n’est qu’un opus intermédiaire, et qu’avec sa nouvelle menace, les récolteurs, il retarde encore l’arrivée de la grande menace de la galaxie, les moissonneurs, il pourrait presque passer pour une histoire secondaire, un filer. Mais un filer de cette qualité-là, je dis oui, sans aucun souci. Sa réputation n’est pas mensongère.

Les plus

Une suite qui sait améliorer les bases de l’original
Un univers encore plus développé
Les personnages, pour beaucoup, inoubliables
Un gameplay clairement amélioré
La partie TPS plus solide
La partie RPG simplifiée
Les choix, impactant et difficiles
Une direction artistique qui fait mouche
Les musiques souvent épiques

Les moins

Le scan des planètes
L’histoire dans sa globalité évolue peu

En bref : Mass Effect 2, même en le découvrant 13 ans après sa sortie, reste un grand jeu à découvrir, grâce à sa finesse d’écriture, à sa galerie de personnages travaillés, sans oublier son gameplay affiné et surtout son final tendu et épique.

2 réflexions sur « Mass Effect 2 – Legendary Edition (2021 – Action RPG – Playstation 4 Pro) »

  1. Bon. Je me prendrai sans doute la compile cette année. Le côté épique, space opera, les musiques… Ça va me plaire.

    1. Je savais bien que je finirais par te convaincre haha 😉 Honnêtement, passé le côté vieillot de quelques mécaniques (mais bon, trilogie de 2007 à 2012, donc on l’accepte), c’est hyper prenant, et de mémoire, assez unique dans le jeu vidéo, une trilogie pensée comme telle, ou tes choix amènent des trucs différents au fur et à mesure des épisodes, des personnages en plus (ou en moins). Je me suis surpris à retrouver dans le 3 des PNJ que j’avais sauvé dans le premier jeu, ou bien à recevoir des messages de remerciements dans le 2 de PNJ pour une action banale faite au tout début du premier. J’ose pas imaginer le bordel que ça a dû être pour l’équipe de scénaristes pour organiser tout ça et les nombreuses variantes parfois. Et les musiques… j’ai été chopper une version d’une heure du thème du menu du premier jeu, qui tourne chez moi le matin pour se réveiller en douceur, ambiance façon BLADE RUNNER.

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