HYDRA de Sonomura Kensuke (2019)

HYDRA

Titre Original : Hydra
2019 – Japon
Genre : Policier
Durée : 1h17
Réalisation : Sonomura Kensuke
Musique : Moku
Scénario : Kaneko Jiro

Avec Mimoto Masanori, Miu, Nagase Tasuku, Aoyagi Takaya, Nishina Takashi, Kibe Satoshi, Sonomura Kensuke, Uchigasaki Tsutomu, Tanaka Yoji et Taguchi Tomoro

Synopsis : Un tueur à gage gérant un petit bar nommé Hydra dans le centre de Tokyo est à son tour la cible de forces mystérieuses.

Hydra se traine derrière lui une bonne petite réputation, pour les premiers pas dans la chaise de réalisateur de Sonomura Kensuke, réalisateur de scènes d’action d’habitude. Et en général, quand un réalisateur de scènes d’action, chorégraphe ou cascadeur passe derrière la caméra, l’ambition est posée dés le départ, avec en général des films qui veulent en mettre plein la vue en limitant l’imagerie numérique, pour revenir à ce qui fait au départ la force de ces professions, à savoir donc les prouesses physiques réelles. Rien d’étonnant à cela. Hydra, même s’il contient bel et bien ce qu’on attend de lui, est pourtant un métrage bien différent, qui retarde autant qu’il le peut l’action, et concentre tout ce qu’il veut nous montrer sur une durée ultra concise de seulement 1h17. Mais un retour en arrière sur la carrière de son réalisateur s’impose. Car Sonomura, il a une carrière variée, et surtout extrêmement remplie depuis le début des années 2000. Même si au départ, il semblait clairement un peu se cherchant, enchaînant les boulots comme cascadeurs dans petits (Survive Style 5+) et gros (Godzilla Final Wars) films, tout en s’essayant aux cascades virtuelles pour des jeux vidéo, comme Demento (Haunting Ground) ou Devil May Cry 3 chez Capcom. Il gagne rapidement en grade, et enchaînera par la suite les projets, en participant à des films comme Death Trance, LoveDeath, The Machine Girl, Hard Revenge Milly, Alien VS Ninja, les films Gantz, Bushido Man, Nowhere Girl, I am a Hero, ou même encore Iceman 3D. Tout se continuant de travailler dans le monde du jeu vidéo avec Devil May Cry 4, Vanquish ou encore Metal Gear Solid 4, et en s’essayant au cinéma d’animation en s’occupant de l’action de la saga Resident Evil, de Tekken Blood Vengeance, ou encore de Gantz 0. Sans oublier qu’il fut cascadeur sur la série Alice in Borderland. Touche à tout donc, ouvert à tout budget et à tout challenge, il signe avec Hydra son premier long métrage, qui semble avoir deux éléments venant dicter sa conduite.

Le premier élément, que l’on retrouvera d’ailleurs dans les deux métrages Baby Assassins, où il s’occupe de l’action donc, c’est cette volonté de livrer une action fluide, chorégraphiée, mais extrêmement réaliste. Ce qui, sur le papier, semble paradoxal, puisqu’un combat réaliste, c’est censé être brouillon, à base d’action, de réactions, d’erreurs. Le second élément qui frappe, c’est que le métrage, bien qu’ayant bien évidemment des scènes d’action, n’est pas un métrage d’action à proprement parlé, mais plutôt un petit polar. Qui ne raconte rien de nouveau dans les faits, soyons clairs dés le départ, mais qui va chercher son inspiration, inconsciemment ou non, vers ce qui se fait de mieux. Tueur silencieux, solitaire, taciturne renvoyant à tout un tas de tueurs à gages du genre, conduite de nuit sur une musique électro très typée années 80, venant autant rappeler les scores de l’époque signés Vangelis que les errances nocturnes des métrages de Nicolas Winding Refn. Elément renforcé d’ailleurs clairement par ce générique, en voiture, musique à fond, et son générique avec police d’écriture rappelant Drive. Notre tueur souvent silencieux donc, il gère un bar, nommé Hydra, dans lequel travaille Rina, une fille qu’il a juré de protéger coûte que coûte. Et comme je l’indiquais, ce qui surprend en premier lieu, passé son ouverture, c’est le rythme posé et l’ambiance lancinante que le métrage tente de mettre en avant, en se focalisant sur le quotidien nocturne de nos personnages par exemple, en s’amusant avec les non-dits, les silences, les ellipses même parfois. On sent une réelle volonté de la part de Sonomura de soigner son emballage malgré son budget que l’on ressent faible, voire étriqué. Car la majeure partie du métrage se déroule dans un bar, et pour la partie action, ce seront souvent des petits lieux clos et délabrés. Hydra tomberait vite dans l’oubli, voire même beaucoup abandonneraient la vision si Sonomura n’était pas aussi sérieux dans sa proposition.

C’est un peu fauché mais méticuleusement filmé, c’est un peu limité et le réalisateur n’abuse donc pas du médium en livrant un film très court, et il donne un look professionnel à son film, en plus d’avoir, mine de rien, un casting plutôt solide dans le genre. Le tueur principal, c’est Mimoto Masanori, à la carrière tout aussi pleine que celle de son réalisateur, qui avait déjà travaillé avec lui sur petits et gros films, d’Alien VS Ninja à Baby Assassins, en passant par l’immonde Kunoichi à Bushido Man (et au passage, il jouait la grenouille dans le bien mauvais Yakuza Apocalypse de Miike). Bref, il a de la carrière, il connait son boulot, il est crédible dans son rôle. A ses côtés, on reconnaitra pas mal de têtes bien connues, avec Tanaka Yôji, Taguchi Tomoro (l’inoubliable Tetsuo) ou encore Nishina Takashi. Un casting donc plutôt solide qui va aider le réalisateur à matérialiser sa vision. Et donc, à côté de tout ça, de ces efforts certains malgré un scénario sentant un peu (beaucoup ?) le réchauffé, il y a l’action. Rare mais fortement réussie. Vive, fluide, rapide, elle parvient à sembler réaliste et vraie en enchaînant les mouvements réalistes, les hésitations de la part des personnages, et surtout en privilégiant les échanges courts et rapides, et en misant énormément sur les choppes, sur les contres, les prises en tout genre, évitant ainsi un aspect trop dansant ou technique (pourtant bien présente évidemment), où l’on sent que chaque erreur pourrait être fatale pour les personnages, et donc où la survie est un réel enjeu. Evidemment, l’ensemble n’est qu’un simple petit film, et en plus, un premier film en tant que réalisateur à part entière, mais l’effort est louable et intéressant, en plus d’être divertissant.

Les plus

L’action, réaliste et technique
Un côté néo noir très plaisant
L’ambiance, soignée
Le casting, entre têtes connues et pro de l’action

Les moins

Cela reste un petit budget limité
Un côté très classique, peu surprenant
Manque de développement sur certains points

En bref : Sonomura surprend avec son premier film, délaissant l’action pour la dernière partie, et préférant emprunter la voie du polar avec son tueur taciturne et silencieux gérant un bar. Pas parfait, un peu facile et cliché, mais très correctement emballé et avec de bonnes scènes d’action.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Action scenes are technical and feel real
♥ A neo noir style
♥ Good atmosphere
♥ The casting, between known actors and action professionals
⊗ A very limited budget
⊗ It’s the kind of film you know the story already
⊗ Lack of development on some sides
Sonomura delivers a first surprising film, the action is here but only for the final part, and he prefers delivering a strong but predictable neo noire thriller. Not perfect, a bit cliché, but well made with good action scenes.

2 réflexions sur « HYDRA de Sonomura Kensuke (2019) »

  1. Oui Sonomura s’en sort vraiment bien pour son premier long.

    Mimoto en grenouille dans YAKUZA APOCALYPSE ?! Je vais être obligé de voir ce film aïe, aïe, aïe…

    1. Pour un premier long c’est du bon boulot oui surtout avec un tout petit budget et les attentes de la part des connaisseurs.
      Non mais non YAKUZA APOCALYPSE ne te sent pas obligé ! Quand je pense que je l’ai vu au cinéma…

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