LA SOIF DE L’OR de Gérard Oury (1993)

LA SOIF DE L’OR

Titre Original : La Soif de l’Or
1993 – France
Genre : Comédie
Durée : 1h21
Réalisation : Gérard Oury
Musique : Vladimir Cosma
Scénario : Gérard Oury, Marcel Jullian et Christian Clavier

Avec Christian Clavier, Tsilla Chelton, Catherine Jacob, Philippe Khorsand, Bernad Haller, Marine Delterme et Pascal Greggory

Synopsis : Urbain Donnadieu, PDG d’une entreprise de maisons préfabriquées, a été élevé par sa grand-mère, Zézette, dans le culte du profit. Avare de première classe, il a volé 60 000 francs par jour à son entreprise, qu’il a transformés en lingots. Il voudrait bien les faire passer en Suisse. Il décide donc de cacher les lingots dans les briques d’une des maisons qu’il doit livrer, une idée qu’il va regretter. Tout irait pour le mieux si son épouse, Fleurette, agent du fisc et son amant, Jacques, chauffeur et meilleur ami d’Urbain, ne venaient pas mettre leur nez dans ce plan…

La seconde moitié des années 90 en France, ce n’était pas très glorieux pour beaucoup de grands noms de l’industrie. Les Visiteurs 2, Les Anges Gardiens. Christian Clavier d’ailleurs lui semble avoir trouvé « sa voie », puisqu’il va s’évertuer, de films en films, à virer de plus en plus dans l’hystérie totale, se montrant souvent comme une copie sous acide de Louis de Funés. Et comme il est souvent présent au scénario ou au moins aux dialogues des films dans lesquels il joue, pas de demi-mesure, personne pour l’arrêter. C’est un peu dans ces conditions que débarque sur les écrans en 1993 La Soif de l’Or, nouvelle comédie de Gérard Oury. Oui, le réalisateur du Corniaud, de la Grande Vadrouille, La Folie des Grandeurs et tant d’autres. Quelle tristesse de voir une fin de carrière dans les années 90 comprenant La Soif de l’Or, Fantôme avec Chauffeur et Le Schpountz. On aime souvent dire, à tort ou à raison, que les metteurs en scène cultes des années 70 et 80 ont eu beaucoup de mal à franchir le cap des années 90 et 2000 en Amérique (De Palma, Ferrara), mais aussi en Europe (Argento), mais c’est également le cas en France. Parfois, il vaut mieux savoir s’arrêter avant le drame. La Soif de l’Or, en tout cas, sur le papier, c’est une histoire simple. Urbain (quel nom de merde) aime l’argent, et sa mère aussi. Il aime tellement l’argent qu’il n’aime pas dépenser, et qu’il a volé de très grosses sommes à sa propre société chaque année, et que pour échapper à sa femme, qui demande le divorce, et est d’ailleurs agent des impôts, il transforme le tout en or, cache ça dans les briques d’une maison préfabriquée, et décide de l’amener lui-même, avec sa mère, en Suisse, pour déposer tout ça sur un compte Suisse bien entendu. Pourquoi se casser la tête à faire le trajet soi-même et surtout à cacher tout ça dans une maison ? Et bien pour éviter les taux d’intérêts de la banque en amenant soi-même l’argent, en évitant la douane.

Et puis c’est tout, La Soif de l’Or ne va rien raconter d’autre. Et c’est bien là le premier de ses soucis, tant il les accumule. Déjà car, pour une comédie, il n’est que rarement drôle. Alors oui, on peut bien trouver durant les 1h21 du film quelques petits rires, mais face aux très très nombreuses tentatives du métrage, autant le dire, c’est un échec, et le plus souvent, c’est plutôt la consternation qui s’affiche sur le visage des spectateurs. On pourrait se dire que sur le papier, il y avait moyen de faire quelque chose, avec cette famille avare qui tente coûte que coûte de s’en sortir, mais le souci, c’est que s’ils aiment l’argent, que le trait est volontairement grossier, et bien c’est la même chose pour absolument tous les personnages. Tout le monde ou quasi n’est là que pour l’argent, ne pense qu’à l’argent, perds ses moyens pour un rien. Pareil pour l’hystérie si chère à Clavier durant ses années là. On pourrait facilement penser qu’en contrebalançant ça avec les autres personnages, la pilule pourrait passer, même si on peut avoir envie de lui donner des baffes dans le pire des cas, et soupirer devant une copie conforme de quelques mimiques venues des Visiteurs. Sauf que c’est l’ensemble du casting qui se prête au petit jeu de l’hystérie. Ça crie, ça gesticule, ça sautille, ça se saute dessus, ça bégaie, constamment, tout le temps, chez tout le monde, ça épuise, sans amuser. Que ce soit Clavier, ou bien Chelton (qui jouait en 1990 dans Tatie Danielle), Catherine Jacob ou bien Philippe Khorsand, rien à faire, tout le monde est dans le même ton, il faut gesticuler, parler fort et vouloir de l’or.

C’est épuisant, encore plus car ça ne semble pas vouloir se poser, pas à un seul instant. Même lorsque le scénario met quelques bâtons dans les roues de nos personnages, ça ne s’arrête pas. Une pluie torrentielle, et voilà que pendant qu’ils ne regardent pas et qu’ils sont à l’arrêt sur le bord de la route qu’une armée d’enfants gueulards trouve refuge dans la maison abritant l’or. Notre vieille mère qui décide de faire une petite sieste tranquille en attendant le retour de son fils, et voilà qu’au réveil, la maison est accrochée à un hélicoptère et transportée dans les airs, avec le personnage pendu au-dessus du vide et qui se met à crier. Les « antagonistes » du film qui ne retrouvent pas la bonne maison dans un jardin plein de maisons témoins, et les voilà en train de tout détruire avec un bulldozer. L’hystérie peut en soit faire rire, c’est le cas dans les premières œuvres de Dupontel, mais quand elle est finalement au service d’un message, que le film a quelque chose à dire, et que la caméra parvient néanmoins à se poser lors de quelques moments plus calmes. La Soif de l’Or n’a jamais ses quelques moments calmes pour lui, le film n’a pas de fond, il ne veut qu’être une comédie populaire et échoue lamentablement. Même si, encore une fois, à de très rares occasions, quelques gags parviennent à faire mouche, le film demeure dans les grandes lignes un échec. Et ce même s’il faut l’avouer, c’est court et que l’hystérie générale parvient à rythmer l’ensemble. Pas de quoi en faire un bon film, ou à le conseiller, même à un public plutôt facile sur ce genre de spectacles made in France, mais quitte à voir objectivement un film pas très bon, mais généreux, foutraque, autant revoir Les Anges Gardiens.

Les plus

Quelques rares moments amusants
Court

Les moins

Hystérique tout le temps, épuisant, répétitif
Pas très drôle
Christian Clavier, énervant ici
Jamais intéressant, subtil, drôle, rien

En bref : Peut-être le film qui caractérise le mieux le déclin des années 90 du cinéma Français, tant les acteurs sont en roue libre, que Clavier semble se caricaturer lui-même et que tout respire l’hystérie collective qui ne prend jamais.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A (very) few jokes are funny
♥ Short
⊗ Always hysterical, repetitive, boring
⊗ Not very funny
⊗ Christian Clavier, you want to punch him here
⊗ Never interesting, funny, subtil, nothing
Maybe the film that really shows how French cinema went down during the 90s, with bad actors doing whatever they want, Clavier doing again and again the same thing, and everything is just hysterical all the time.

5 réflexions sur « LA SOIF DE L’OR de Gérard Oury (1993) »

    1. J’attendais cette réaction ! Je regardais la liste des écrits en stock, vu que je me débarrasse des très mauvais films en ce moment, et en tombant sur La Soif de l’Or, je me suis dis « tiens, ça pourrait en surprendre certains ». Mais ouais, Clavier passé 1992, c’est compliqué. Comme je le dis, il y a encore Les Anges Gardiens, bien que pas bon en soit, qui arrive à me divertir dans son côté « hommage débile au ciné HK » par moment, mais tout le reste, pfiou.

        1. Étant donné que le long métrage m’a totalement laissé de marbre, j’ai absolument tout oublié. Ceci dit il me semble qu’il nous ressortait encore le même jeu non ?

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