Titre Original : Project Hail Mary
2026 – Etats Unis
Genre : Science Fiction
Durée : 2h36
Réalisation : Phil Lord et Christopher Miller
Musique : Daniel Pemberton
Scénario : Drew Goddard d’après le livre de Andy Weir
Avec Ryan Gosling, Sandra Hüller, James Ortiz, Lionel Boyce, Milana Vayntrub, Ken Leung, Priya Kansara et Mia Soteriou
Synopsis : Ryland Grace, professeur de sciences, se réveille seul à bord d’un vaisseau spatial, à des années-lumière de la Terre, sans aucun souvenir de son identité ni des raisons de sa présence à bord. Peu à peu, sa mémoire lui revient, et il comprend l’enjeu de sa mission : résoudre l’énigme de la mystérieuse substance qui cause l’extinction du Soleil. Pour tenter de sauver l’humanité, il va devoir faire appel à ses connaissances scientifiques et à des idées peu conventionnelles … Mais une amitié inattendue pourrait bien l’aider à ne pas affronter cette mission tout seul.
Comme quoi, quand ils veulent bien, il y a encore un peu d’espoir à Hollywood. Pas de cynisme, pas de message politique, pas d’inclusivité partout sans raison, pas de photographie grisâtre et triste, et si le film adapte bien un roman, il ne s’agît ni d’une suite, ni d’une préquelle, ni d’un spin-of d’une franchise. Et pourtant, oui, MGM, et donc Amazon, aura crut au projet, y aura injecté un budget plus que confortable, et aura donné leur chance à deux réalisateurs qui s’étaient tout simplement fait virer de leur précédent essai dans la science-fiction avec le film Solo chez Disney. Project Dernière Chance, ou Project Hail Mary, ça adapte donc un roman d’Andy Weir, pas étranger aux adaptations, et pas étranger à la science-fiction, vu qu’on lui devait déjà le roman Seul sur Mars adapté en 2015 par Ridley Scott et scénarisé par Drew Goddard, qui revient d’ailleurs ici pour encore une fois signer le scénario. Seul sur Mars d’ailleurs en 2015, c’était sans doute le dernier film de Ridley Scott que j’avais beaucoup aimé. Un film de science-fiction qui déjà lorgnait plus du côté du feel good movie et de l’humain plutôt que des clichés Hollywoodien habituels. Des éléments que le métrage partage avec Projet Dernière Chance, qui a en prime pour lui une vision plutôt originale de l’espace, du cosmique, et donc, de la grandeur et du divertissement. Pourtant dans les grandes lignes, l’histoire n’a rien de nouvelle, avec ce professeur qui se réveille seul, amnésique, dans l’espace, et qui comprend vite qu’il est dans un vaisseau très éloigné de la Terre pour comprendre un phénomène qui doucement est en train de tuer ls étoiles de différents systèmes, sauf une. Et donc, il comprend surtout bien vite que bien que son aventure se déroule seul, loin de tout, dans le silence de l’espace, la survie de l’humanité dépend donc de lui. Il y a un peu d’Interstellar ici, mais aussi un peu de Sunshine, et par la suite même un peu de Premier Contact alors que Ryan Gosling ne se retrouvera plus seul et devra apprendre à communiquer.
Mais malgré des enjeux lourds (la survie de l’humanité), des thématiques abordées en soit pas toujours joyeuses sur le papier (se retrouver seul, la solitude, ressentir le poids de l’humanité sur les épaules), le métrage est pourtant souvent aux antipodes de cette gravité pour être là encore un métrage qui fait du bien. Léger, parfois drôle, souvent touchant, magnifique pour les yeux et les oreilles, il réussit sur quasi tous les points, alors que chacun de ses points est casse-gueule dans les faits. Grace par exemple, notre héros joué par Ryan Gosling, il parvient à être intéressant, drôle, souvent touchant, et si évidemment, la talent de Ryan Gosling, que l’on n’avait pas vu autant en forme depuis longtemps, joue, il y a aussi au final le personnage en lui-même, alors qu’il est aux antipodes des héros habituels. Vivant seul, solitaire, sans petite amie, sans famille, même pas un chien, il n’a personne de proche pour qui il fait cette mission, il le fait juste car il est qualifié, car il n’a pas le choix, car il n’y a pas de retours en arrière possible. Ce genre de choix, salvateurs, on les retrouve à tous les niveaux de la production. Avec son personnage principal, finalement attachant, mais aussi dans son visuel et avec l’autre personnage du métrage. Car Ryan Gosling trouvera malgré tout assez rapidement un compagnon, inhabituel, une forme de vie éloignée de ce que l’on considérerait comme vivant sur Terre. Le film parvient le double pari, le premier étant de rendre ce second personnage attachant et la plupart de ses interactions avec Grace amusantes, et de nous émouvoir en prime lors de nombreux passages, tout en allant à l’encontre de la production actuelle en minimisant les effets visuels au maximum pour avoir recours au final à des méthodes beaucoup plus simples pour animer ce petit compagnon. Un choix payant dans sa conception artisanale donc, mais aussi dans son design aux antipodes des créatures normalement créées dans les métrages pour vendre des jouets et donc devant être mignonnes (oui, je pense à vous Star Wars et Jurassic World). Deux personnages qui sont donc pour beaucoup dans la réussite du métrage.
Mais il y a aussi le visuel. Alors que l’heure est grave, que la Terre et l’humanité sont menacés, les deux réalisateurs ne font pas le choix de la science-fiction grise et sérieuse, mais plutôt colorée, rêveuse. Et là aussi c’est un choix payant, les images sont belles, et le film prend le temps de s’attarder sur cette immensité cosmique à de nombreuses occasions. L’on pourrait également croire qu’avec de tels enjeux, le métrage irait vite, enchainerait les scènes pour en mettre plein la vue au public, à coups de twists, de catastrophes et autres, et pourtant, le métrage ne contient qu’une seule véritable séquence impressionnante. Longue, souvent épique, aidée par la fantastique musique de Daniel Pemberton et la photographie de Greg Fraser, mais une séquence unique, assez tardive, qui pourtant ne fait pas tâche à côté du reste, et qui ne fait pas non plus du reste un film mou et ennuyeux. Non, c’est toujours intéressant, ludique, à la fois amusant, intriguant et touchant, et c’est donc un pari risqué de la part des studios, mais un pari payant. Payant car le film est très bon, a su séduire à la fois la presse et le public, et payant car malgré son budget de production de 200 millions (on aura beau dire ce qu’on veut sur Amazon, mais valider un tel budget, c’était fou), le film est plus que rentable avec pour le moment 613 millions récoltés dans le monde. Toutes les raisons du monde pour aimer le métrage et accepter de partir avec Grace aux confins de l’univers et être éblouis par ce que l’on pourrait y découvrir, à la fois dans la grandeur de l’univers, mais aussi de manière plus intime. Et ce malgré des choix narratifs déjà vus et faciles, comme l’amnésie de notre héros, permettant de révéler son passé au compte-goutte. Qu’importe, quand ça fonctionne et que c’est bien géré, on peut toujours faire les meilleurs plats avec les recettes classiques.

Les plus
Un sens du merveilleux assez rare de nos jours
Une séquence absolument épique
Un film souvent drôle, mais aussi souvent touchant
Ryan Gosling, a son meilleur dans des rôles légers
Des choix aux antipodes des gros budgets habituels
Les moins
Quelques procédés prévisibles c’est vrai
En bref : Projet Dernière Chance est un projet risqué mais payant pour la MGM et Amazon, un film de science-fiction drôle et touchant malgré sa gravité, coloré, enchanteur même.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ A sense of wonder, it’s rare lately ♥ One absolutely epic sequence ♥ A film that is both funny and touching ♥ Ryan Gosling, great as often ♥ Many choices go against the usual blockbuster’s trope |
⊗ Some easy choices, predictable ones, and double happy ending |
| Project Hail Mary was a risky project, but a win for Amazon and MGM, a science fiction flick both funny and touching despite the gravity of the situation, colorful, beautiful even at times. | |




















