LE CHIEN DES BASKERVILLE (The Hound of the Baskervilles) de Terence Fisher (1959)

LE CHIEN DES BASKERVILLE

Titre Original : The Hound of the Baskervilles
1959 – Angleterre
Genre : Thriller
Durée : 1h27
Réalisation : Terence Fisher
Musique : James Bernard
Scénario : Peter Bryan d’après Arthur Conan Doyle

Avec Peter Cushing, André Morell, Christopher Lee, Marla Landi, David Oxley, Francis De Wolff, Miles Malleson et Ewen Solon

Synopsis : 1740. Après avoir tué une paysanne, Sir Hugo Baskerville rend son dernier souffle sous les crocs d’un chien monstrueux. Le prélude à une malédiction qui, depuis, pèse sur ses descendants, tous tués dans les mêmes circonstances. Près d’un siècle et demi plus tard, la mort de Sir Charles Baskerville fait de Sir Henry l’héritier de son vaste domaine en même temps qu’elle le promet à la rage vengeresse du chien. Sa seule chance d’échapper aux foudres de l’au-delà : Sherlock Holmes, le grand détective privé qui envoie son ami et partenaire le docteur Watson en éclaireur au manoir des Baskerville, convaincu qu’il n’y a rien de surnaturel dans cette affaire.

Pour beaucoup, la Hammer, c’est Dracula, l’horreur gothique, et les années 50 et début des années 60. C’est bien entendu plus vaste que ça, et aussi plus compliqué, puisque la société elle-même existait depuis 1934, et leur toute première production fut une comédie, aujourd’hui perdue. Pour la Hammer, l’aventure horrifique et surtout la reconnaissance, elle débuta en 1957 avec Frankenstein s’est échappé, réalisé par Terence Fisher, avec la musique de James Bernard, et mettant en avant Peter Cushing et Christopher Lee. Le succès fut immense, et la Hammer trouva sa voie, en mettant au goût du jour certains monstres sacrés du cinéma Américain, notamment les monstres de la Universal donc. Après Frankenstein vint Dracula l’année suivante, avec Le Cauchemar de Dracula. Même réalisateur, même scénariste, même compositeur, même duo d’acteurs, on ne change pas une équipe qui gagne. Un autre succès qui amena en 1959 La Malédiction du Pharaon. Mais le succès amena la Hammer à tenter d’autres choses à côté de leurs succès, qui deviendront des franchises (7 films Frankenstein, 9 films Dracula, 4 films sur la momie). Il y aura eu par exemple une Comtesse Dracula en 1971 (tardivement donc), un Fantôme de l’Opéra en 1962, La Nuit du Loup-garou en 1961 ou encore les Deux Visages du Docteur Jekyll en 1960. Et en 1959, la même année que La Malédiction du Pharaon, la Hammer tenta d’enrichir son catalogue en mettant en goût du jour Le Chien des Baskerville, et donc en amenant Sherlock Holmes dans le cinéma en couleurs. Le but était de lancer une série d’adaptations sur Sherlock Holmes, mais le succès fut timide, et les projets abandonnés. Mauvais film de la Hammer ? Du tout, car si Le Chien des Baskerville n’est pas le meilleur film de la Hammer (ni le meilleur de son réalisateur, ou le meilleur Sherlock Holmes), il demeure un métrage solide, bénéficiant de l’équipe habituelle du studio, et un film de ma jeunesse que je ne ratais jamais lors de ses diffusions télé.

Je n’avais pas vu le film depuis bien 30 ans. L’heure était donc à la redécouverte, et surtout, à la découverte pour la première fois en VO. Même pas une heure et demi après, le film étant très court, oui, Le Chien des Baskerville a indéniablement vieilli, plus d’ailleurs que certains autres films de la Hammer de ces années-là. Pourtant le charme opère toujours autant, et le film se fait étonnement une adaptation plutôt fidèle de l’écrit, malgré évidemment quelques changements. Des changements dans le fond, dans la légende, et même des petits changements mineurs, mais un grand soin dans la représentation des personnages, que ce soit pour Holmes, joué avec flegme comme toujours par Peter Cushing (grand fan du personnage), ou Watson (André Morell). Et évidemment, Hammer oblige, Christopher Lee n’est jamais loin, récupérant le rôle de Henry Baskervilles, qui hérite donc d’une petite fortune familiale, et pourrait être la prochaine proie de la malédiction. Avec ses 1h27 au compteur, son histoire défilant à vitesse grand V malgré son côté assez bavard (et ça fuse vite là aussi), et sa patte clairement de l’époque, avec grands manoirs gothiques, les landes de nuit avec brume, et quelques éclairages colorés, revoir Le Chien des Baskerville est un plaisir. Peter Cushing campe donc un bon Holmes, canne à la main, pipe au bec, mais c’est surtout André Morell qui surprend, avec un Watson beaucoup plus proche des romans que de sa précédente apparition cinématographique, dans les années 30 et 40. Christopher Lee est égal à lui-même. Pour le reste, nous sommes dans une production Hammer tout ce qu’il y a de plus classique, avec tout ce que cela comporte d’ambiance gothique, de tournage en studio, ce qui pourra parfois paraitre factice pour le public plus jeune certes, mais a son charme indéniable.

Ce qui abaisse un poil le verdict selon moi, c’est clairement d’un côté que le Chien des Baskerville manque un peu de folie. Autant visuellement parlant que dans son contenu, soft évidemment comme souvent à l’époque, mais qui, prisonnier entre les autres films de la Hammer réalisés par Cushing comme Le Cauchemar de Dracula et La Malédiction des Pharaons, se remarque bien plus facilement ici. Ça a beau être visuellement très beau, j’en attendais sans doute un peu plus de la part d’un film qui avait marqué ma jeunesse. Fait amusant par contre, le salon de la maison des Baskerville est le même décor que pour Le Cauchemar de Dracula réalisé l’année précédente. De même au final, le mystère fonctionne parfaitement, mais là aussi on aurait apprécié un peu plus de folie. Evidemment, si l’on ne connait pas l’œuvre originale, l’identité du tueur, et donc la vérité derrière la malédiction s’avère surprenante, mais j’aurais apprécié en réalité que le film laisse plus d’éléments derrière lui pouvant permettre aux spectateurs eux aussi de deviner l’issue du métrage. Au moins, on pourra dire que le film évite d’en faire trop à ce niveau-là, et donc reste tout à fait crédible malgré les années. Et bien entendu, pour un film de 1959, Le Chien des Baskerville a quelque peu vieilli. Pas forcément dans sa direction artistique donc, resplendissante et pleine de charme, mais plutôt dans les petits détails, comme ces rares poursuites manquant un poil de peps (mais encore une fois, en 1959, les techniques filmiques n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui, et le bas budget du film ne permettait pas tout), ou tout simplement le fameux chien, révélé lors du final, et qui paraît aujourd’hui un peu cheap, presque ridicule. Un petit détail, mais oui, la bête est loin d’être effrayante. Malgré tout, je n’ai pas boudé mon plaisir de revoir le film, et cela m’a bien rappelé pourquoi j’aimais tant les films de la Hammer. Cela devrait m’encourager à en découvrir d’autres prochainement, inédits dans ma cinéphilie eux.

Les plus

Peter Cushing fait un bon Sherlock Holmes
Un mystère efficace
Le style visuel habituel des productions Hammer
Un bon Watson

Les moins

Manque un peu de folie
Aujourd’hui, un brin cheap

En bref : Terence Fisher et la Hammer adaptent Le Chien des Baskerville, et sans surprise, c’est conforme aux films de la Hammer de ces années-là. Solide techniquement, avec un casting d’habitués, court et prenant. Pas parfait, loin d’être leur meilleure production, mais forcément attachant et bien rodé.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Peter Cushing was a great Sherlock Holmes
♥ The mystery works
♥ The usual visual style for a Hammer production
♥ A good Watson
⊗ It could have gone further
⊗ Yes, for modern audience, a bit old
Terence Fisher and the Hammer studio made The Hound of the Baskervilles, and no surprise, it’s clearly a Hammer films from those days. Strong technically, with a great cast, short and entertaining. Not perfect, far from the best Hammer films, but clearly well made.

4 réflexions sur « LE CHIEN DES BASKERVILLE (The Hound of the Baskervilles) de Terence Fisher (1959) »

    1. Le roman je l’ai aussi (très vieille édition, dans un état piteux), j’adore. Je pense préférer le roman. Deux oeuvres de ma jeunesse de toute façon, livre comme film, et ça fait du bien d’y retourner de temps en temps 🙂

  1. La Hammer, surtout cette première période, j’adore. Ce sont des souvenirs d’enfance devant la télé qui remontent et rien que les captures que tu proposes donnent envie de se perdre à nouveau dans ces brumes de studio. Mais avant ça, relire la nouvelle de Doyle !
    Super article Rick. 🙏

    1. Je pense qu’on sera tous d’accord pour dire que la Hammer a eu son âge d’or, sa meilleure période, du milieu des années 50 à, allez, milieu des années 60, malgré quelques bons coups encore après, notamment avec le charme justement du tournage en studio donnant un visuel parfaitement identifiable à tous leurs films. Leurs premiers Dracula, La Malédiction du Pharaon, ce Chien des Baskerville, pareil, des films de mon enfance que je voyais et revoyais à la TV (je me demande du coup si je ne les avais pas enregistrés sur VHS tout simplement). J’essaue de m’en refaire de temps en temps, même si celui-là, pas revu en HD (j’ai fais avec ce que j’avais hein). Si ça te donne envie d’en revoir certains, missions accomplie 🙂

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