THE BAY de Phil Volken (2026)

THE BAY

Titre Original : The Bay
2026 – Etats Unis
Genre : Suspense
Durée : 1h27
Réalisation : Phil Volken
Musique : Gad Emile Zeitune
Scénario : Phil Volken

Avec Francesca Eastwood, Dani Oliveros, Alexander Wraith, Ta’imua, Calan Scherer et Destiny Benner

Synopsis : Emma et Lani sont invitées sur un bateau pour visiter une baie reculée abritant des requins en Thaïlande.

Si on met souvent sur le dos de Spielberg la longévité du sous-genre du film d’attaques animales, moi y compris d’ailleurs, c’est pourtant, en réfléchissant un peu, presque faux. Même s’il est vrai qu’encore aujourd’hui, de nombreux métrages reprennent la formule des Dents de la Mer, avec cette plage, le Maire et autres autorités qui refusent de la fermer malgré le danger car argent… Mais quand Spielberg lâche Les Dents de la Mer en 1975, il lâche un monstre d’efficacité, et lance il est vrai une mode, donnant des envies chez d’autres producteurs, notamment Roger Corman pour les Etats Unis avec Piranhas, mais surtout chez les producteurs Italiens, qui eux se font plaisir en multipliant les films. Si bien qu’en réalité, le sous-genre créé par Spielberg meurt presque de lui-même en même temps que le déclin du cinéma Italien. Il renait de ses cendres à la fin des années 90, début 2000, avec la société NU Image, qui pour surfer sans doute sur le succès de Peur Bleue de Renny Harlin, lance Shark Attack, puis des suites, puis tout pleins de métrages avec des animaux divers et variés (Octopus 1 et 2, Spiders 1 et 2, Rats, Crocodile 1 et 2). Des films à bas budget, des tournages souvent éloignés de la mer et plus situés très proches des côtes (le tournage en mer était niveau gestion une torture, et reproduire un environnement en studio coûtant un bras ou deux), et un mélange très souvent entre stock shots de documentaires animaliers et de l’imagerie numérique bas de gamme. Et si donc en fait, c’était NU Image, qui avait lancé la mode toujours persistante des films de requins fauchés aux effets spéciaux calamiteux, qui firent la pluie et le beau temps chez certaines sociétés comme Syfy et The Asylum ? Toujours est-il qu’en 2026, le genre continue de débarquer sur les petits et grands écrans, chaque année, on trouve bien un gros film de requin, quelques petits films, et quelques métrages fauchés souvent incroyablement stupides et lamentables. Cette année, on aura donc eu Deep Water de Renny Harlin et son budget de 40 millions pour la production prestigieuse (et son gros flop), et Sharknado s’apprête à revenir avec une préquelle pour les œuvres lamentables. Et pour la proposition du milieu, on aura eu, mais avec un hippopotame, le sympathique Hungry, Thrash sur Netflix, et The Bay.

Ce qui est aussi impressionnant de nos jours avec le genre, c’est de voir que parfois, autant les grosses que minuscules productions arrivent à avoir des acteurs qui furent, à un moment, connues et reconnues. Deep Water avait Aaron Eckart et Ben Kingsley, l’année dernière le pathétique Into the Deep avait Scout-Taylor Compton (Halloween 1 et 2), et cette année, The Bay, à ne pas confondre avec le très sympathique found footage du même nom, à droit à Francesca Eastwood, fille de Clint donc, à la carrière malheureusement bancale, mais parcouru parfois d’œuvres intéressantes, comme MFA en 2017, un minuscule rôle dans Twin Peaks the Return, et un rôle peu présent mais clé dans le dernier film de son père, Juré n°2. On oubliera sa participation à Old de Shyamalan. Et The Bay ? Petit métrage fauché, The Bay tente quelque chose de presque nouveau pour le genre, à savoir de ne jamais diaboliser les requins. Pour le reste, du classique de chez classique, avec deux amies en vacances en Thaïlande pour le mariage d’une autre amie, une proposition de tourisme en pleine mer pour voir des requins, quelques complications, et de la survie en milieu inhospitalier. Oui, dans les grandes lignes, on connait déjà la formule de The Bay, on sait déjà aussi qu’un seul personnage s’en sortira, et qu’il s’agira donc d’Emma, Francesca Eastwood donc. Mais pourquoi pas, car on fait parfois des films bien plus efficaces en restant classique et donc sans vouloir jouer au petit malin. Le souci, c’est que la bonne idée du film, son envie de réalisme, elle se retourne rapidement contre le métrage comme un énorme retour de bâton qui serait venu lui fracturer cash le nez. Violent donc. Car The Bay refuse de diaboliser les requins, indiquant clairement qu’ils sont juste territoriaux, et attaquent uniquement ce qui ressemble, dès le départ, à une proie, et donc, un repas. Pas de requin unique qui va donc attendre pendant 1h30 que l’ensemble du casting lui tombe dans la gueule, ou s’énerver contre vents et marées contre un seul et unique personnage par vengeance (coucou Jaws 4 et sa vengeance).

Juste des personnages au mauvais endroit, avec quelques complications qui les empêche de rejoindre la terre ferme. Ça aurait pu fonctionner, le film aurait pu jouer sur le suspense, sur la peur de l’inconnu, sur la chaleur au-dessus des personnages, sur le danger de rester toute une nuit dans l’eau de mer. Sauf que non, rien de tout ça, et on se retrouve devant un film qui ne dure même pas 1h30, mais qui a aucun moment n’arrive à poser le moindre suspense. Soit ce qui était en réalité essentiel pour un film se voulant plus réaliste, et donc ne pouvant pas compter sur des attaques multiples et un rythme soutenu. Sans ce suspense, c’est souvent l’ennui qui pointe le bout de son nez. Francesca Eastwood a beau être plutôt bonne actrice ici aussi, les décors naturels ainsi que la photographie ont beau être soignées, rien ne marche si on s’ennuie. Et pour s’ennuyer, oh oui on s’ennuie clairement devant The Bay. Tout est prévisible, tout est lent, le film conserve les grandes lignes dominantes du genre en question, sans en avoir les retournements de situations ou la multiplication des attaques. The Bay échoue ou d’autres films, bien moins réalistes, n’oublient pas justement que tout cela reste du cinéma, et qu’en tournant le dos au cinéma, beaucoup de ces histoires ne seraient finalement pas si intéressantes que ça. Oui, Instinct de Survie avait son requin qui ne lâchait pas prise, mais s’avérait diablement efficace, même cas de figure pour 47 Meters Down, ou The Reef, qui jouait sur la suggestion et donc cachait son requin, sans pour autant le retirer de son intrigue, et donc sans annuler le suspense voulu par le genre. The Bay lui a fait un choix, radical, intéressant certes sur le papier, mais si peu convaincant à l’écran. Phil Voken, réalisateur et scénariste du film, semble en tout cas beaucoup aimer l’eau, puisque son précédent métrage, Dead Sea, se déroulait déjà en mer, mais en ayant un cadre plus « humain » (un méchant psychopathe sur son bateau), il ne diluait par son attrait cinématographique, même si ce n’était pas exceptionnel. The Bay lui, on l’oubliera très certainement, comme beaucoup d’autres métrages du genre.

Les plus

Un film sérieux
Une envie de réalisme sur son sujet
Les acteurs sont convaincants

Les moins

Il ne se passe pas grand-chose
Aucun suspense
Malgré tout, une structure et finalité prévisibles

En bref : The Bay est un énième film de requin, qui se veut plus réaliste que d’habitude dans sa manière de dépeindre les squales, mais qui du coup oublie tout suspense, rendant le visionnage ennuyeux.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A seriously made film
♥ It wants to be realistic
♥ The actors are not bad in fact
⊗ Nothing really happens
⊗ No suspense
⊗ Despite everything, the narration and the finale are predictable
The Bay is another shark movie, but it wants to be more realistic than usual about the sharks… too bad it forgot the tension, making the film often boring.

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