Titre Original : Disclosure Day
2026 – Etats Unis
Genre : Thriller de Science-Fiction
Durée : 2h25
Réalisation : Steven Spielberg
Musique : John Williams
Scénario : David Koepp
Avec Emily Blunt, Josh O’Connor, Colin Firth, Eve Hewson, Colman Domingo, Wyatt Russell, Henry Lloyd-Hughes, Elizabeth Marvel, Hettienne Park et Tommy Martinez
Synopsis : Si tu découvrais que nous ne sommes pas seuls ? Si on te le montrait, te le prouvait, ça te ferait peur ? Les gens ont droit à la vérité. Elle appartient à sept milliards de personnes. Chaque seconde nous rapproche de l’inévitable… Disclosure Day.
Même si depuis quelques années le cinéma de Spielberg est devenu moins fréquent sur les écrans, les succès plus rares, et la qualité souvent un peu moins au rendez-vous, un nouveau film du réalisateur reste malgré tout un événement, tant son œuvre reste aujourd’hui au cœur de la pop culture, que ce soit finalement avec ou sans lui (voir les suites de Jurassic Park, sortant toujours aujourd’hui, la tentative d’un cinquième Indiana Jones aussi). Alors quand on nous annonçait un retour de Spielberg au cinéma, dans un film parlant une nouvelle fois d’aliens, avec des thématiques allant de pair avec le génial Rencontres du Troisième Type, avec toujours John Williams à la musique, le fidèle collaborateur David Koepp au scénario, et en prime, avec Emily Blunt dans le premier rôle et Colin Firth en antagoniste principal, évidemment qu’on l’attendait de pied ferme. Car le film d’aliens, Spielberg n’y avait plus touché depuis La Guerre des Mondes en 2005, qui était justement aux antipodes de son approche habituelle. Alors, est-ce que c’était à la hauteur de l’attente, de son propre héritage ? Sur certains points, oui, clairement. Sur d’autres, il faudra être plus modéré. Mais Disclosure Day est clairement un film de Spielberg, et un film qui s’inscrit dans sa filmographie sans pour autant faire dans la redite. Excellent point donc dès le départ, Disclosure Day évite la redite en faisant un choix dès le départ, celui de nous faire prendre le train en marche. Pas de quête du personnage pour découvrir la vérité sur une possible vie en dehors de notre petite planète bleue, le mystère est en réalité évincé rapidement. Il n’y a pas de vérité à découvrir, mais juste une vérité à révéler au public, à l’humain. Les aliens existent-ils ? Oui, et ils sont déjà venus, après tout, Disclosure Day fait suite thématiquement à ce que Spielberg a déjà fait depuis ses débuts. L’intérêt de Disclosure Day, c’est la révélation de ce que l’on sait déjà de manière large.
Les révélations sont là et doivent être dévoilées, et il y a alors deux camps. Ceux qui veulent dévoiler la vérité au public, car nous avons le droit de savoir, et ceux qui ne veulent rien révéler, garder tout sous scellé, par peur de la réaction du public, par peur de la panique qui pourrait en découler. Alors oui, de ce fait, l’on pourrait dire que les personnages peuplant l’aventure sont des archétypes purs et durs, entre les gentils vraiment très gentils et qui ne doutent jamais de ce qu’ils veulent accomplir, avec Emily Blunt, magistrale d’ailleurs dans son rôle, Josh O’Connor à ses côtés, et Colman Domingo à la tête de ce beau monde, personnage optimiste au possible, pouvant être vu comme une extension de Spielberg même, et des méchants au gouvernement qui veulent cacher la vérité coûte que coûte, avec Colin Firth, très bon certes malgré les stéréotypes. Entre les deux camps, Eve Hawen dans le rôle de Jane, prise dans la course contre la montre un peu malgré elle, et personnage assez passionnant thématiquement, croyante, ancienne nonne qui a perdu foi non pas en ses croyances, mais doutant surtout des humains. Et ça c’est beau en vérité, car ça pointe du doigt quelque chose de tellement vrai sur l’humanité. Peu importe ce que l’on croit, ce qui nous manque le plus, c’est de croire aux autres, en l’humain. En ce sens Spielberg, bien que retournant à ses obsessions de toujours, et donc des obsessions présentes depuis les années 70, livre un récit clairement moderne, et clairement important aujourd’hui. Là où certains voient déjà en réalité un propos daté car parlant de religion chrétienne (ce qui n’est pas un crime, rappelons que les Etats Unis depuis sa colonisation est un pays surtout Chrétien, où est donc le problème ?), Spielberg en réalité nous parle de l’humanité dans son ensemble. Des thématiques passionnantes donc, un casting plus que réussi, Emily Blunt en tête (voir la scène dans le wagon, magnifique), Disclosure Day serait donc un grand Spielberg ? Par moment, oui.
Car le réalisateur livre toujours une mise en scène qui paraît simple et académique sur le papier, mais qui en réalité montre toujours l’amour du réalisateur pour la narration visuelle. Ses plans et son montage sont toujours d’une précision redoutable. De plus, bien que le mystère soit en réalité rapidement évincé, le réalisateur livre une première heure sous forme de grande course-poursuite, lorgnant donc vers le thriller, qui reste hautement efficace. Quelques scènes sont bien tendues, notamment grâce à la mise en scène, notamment ce duel presque psychologique entre Colin Firth et Eve Hawen dans la maison. Des courses poursuites en voiture, il y en aura, mais Spielberg ne les allonge pas pour le spectacle, il les tourne comme de réelles poursuites, courtes et réalistes. Mais Disclosure Day n’est pas non plus parfait, loin de là, et on pourra déjà citer l’évidence avec quelques CGI peu naturels, notamment en ce qui concerne les animaux, éléments importants de l’intrigue notamment dans la seconde partie du récit. Et justement, cette seconde partie du récit possède alors ses petits coups de mou, lorsque le scénario et la mise en scène de Spielberg se posent un peu, parfois un peu trop, notamment avec la maison d’enfance du personnage d’Emily Blunt. De même, pour certains, le final, coupant pourtant, à mon sens, pile au bon moment, pourra paraitre énervant en ne prenant pas de risques. Mais si en effet, ça ne prend pas de risques, c’est car Spielberg, mais aussi David Koepp, ils ont foi en l’humanité. Et ça dans le fond, c’est beau, même si je ne partage pas forcément leur point de vue. Mais leur conviction aura suffit à me convaincre, le temps du film (non car dans la vraie vie, on est fichu).

Les plus
Une mise en scène millimétrée, comme toujours
Emily Blunt, parfaite
Un récit hautement optimiste
Le côté thriller de la première heure
Des thématiques toujours passionnantes
Les moins
Des CGI inégaux parfois
Oui, des méchants très méchants
Quelques moments de flottements dans la 2ème heure
En bref : Evidemment, oui, le dernier né de Spielberg n’est pas parfait, et certains défauts sont voyants de loin, comme les CGI lorsqu’il s’agît d’animaux. Pour autant, son récit, optimiste, et sa maitrise formelle de la narration visuelle font toujours de son métrage une pièce de choix.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ Spielberg’s visual work is still perfect ♥ Emily Blunt, amazing as often ♥ An optimistic tale ♥ The thriller part of the first hour ♥ Some very interesting themes |
⊗ The CGI are uneven, especially for animals ⊗ Yes, the bad guys are very very bad ⊗ The second hour is way less convincing |
| Of course, the last film from Spielberg is far from perfection, and some flaws are noticeable from afar, like the CGI. Still, the story, optimistic, and the technical work (camera, editing) still make the film a good and interesting one. | |






















