DANS LA BRUME de Daniel Roby (2018)

DANS LA BRUME

Titre Original : Dans la Brume
2018 – France
Genre : Fantastique
Durée : 1h29
Réalisation : Daniel Roby
Musique : Michel Corriveau
Scénario : Guillaume Lemans, Jimmy Bemon et Mathieu Delozier

Avec Romain Duris, Olga Kurylenko, Fantine Harduin, Michel Robin, Anna Gaylor, Réphaël Ghrenassia et Erja Malatier

Synopsis : Le jour où une étrange brume mortelle submerge Paris, des survivants trouvent refuge dans les derniers étages des immeubles et sur les toits de la capitale. Sans informations, sans électricité, sans eau ni nourriture, une petite famille tente de survivre à cette catastrophe… Mais les heures passent et un constat s’impose : les secours ne viendront pas et il faudra, pour espérer s’en sortir, tenter sa chance dans la brume…

Le cinéma de genre en France, c’est souvent compliqué. Mais depuis quelques années, on essaye, à la fois avec des propositions bien bis, et parfois des propositions plus d’auteurs. On pourrait citer par exemple le cas Julia Ducournau, avec Grave, Titane et Alpha, des films qui ont divisés le public de plus en plus au fur et à mesure de ses propositions. Guillaume Lemans est un scénariste qui semble aller dans cette direction, puisqu’on lui doit le scénario de La Nuit qui a Dévoré le Monde et de ce Dans la Brume, tous les deux sortis en 2018, et tous les deux décidant d’envahir les rues de Paris, d’un côté avec des zombies, de l’autre avec une brume. Et je ne vais pas mentir, je n’avais jamais entendu parler du métrage à l’époque, malgré son casting. C’est d’ailleurs ce casting qui m’aura attiré. Romain Duris et Olga Kurylenko, ce n’est pas rien, et j’aime bien les deux. Et au final, malgré des facilités d’écriture énormes et un genre un peu trop respecté à la lettre, Dans la Brume fut une plutôt belle surprise. Du jour au lendemain, après un tremblement de terre, une brume étrange apparaît et envahit les rues de Paris. Nos héros ? Un couple formé par nos deux acteurs, ainsi que leur fille, jouée par Fantine Harduin, malade et passant sa vie dans une bulle stérilisée. La brume monte, le couple se réfugie au dernier étage de l’immeuble, et maintenant, il va falloir tenter de survivre, trouver des survivants, trouver un moyen de sauver leur fille restée dans sa bulle, à l’abri de la brume donc forcément, mais dépendant clairement des batteries à changer régulièrement. Le côté fantastique du métrage, on le doit donc à cette brume, dont on ne saura au final jamais rien. Et c’est au final tout, puisque le métrage est en réalité plus un film de survie, un film centré sur ses personnages.

Des personnages très simples d’ailleurs dans les faits, qui ont la chance d’avoir donc de grands acteurs pour leur donner vie. Car oui, au final, nous avons là un couple qui va tout tenter pour sauver leur enfant en temps de catastrophe, du grand classique, mais made in France, là où le genre et ses clichés appartiennent de base plutôt au cinéma Hollywoodien. La transposition dans le Paris de nos jours fonctionne d’ailleurs plutôt bien. Surtout que le métrage dure 1h30 et pas une minute de plus pour raconter son histoire aussi classique que simpliste. Le scénario ne s’embarrasse en effet jamais de gros détails. Un tremblement de terre et une brume mystérieuse ? On ne saura rien de son origine, de ce qu’elle est véritablement, pas de blabla scientifique, d’explications, rien. Juste une catastrophe à laquelle il faut s’adapter. Pour le reste, c’est un peu la même chose. Des hasards parfois grands, des facilités, tout ça pour miser sur l’efficacité avant tout. Les personnages ont ainsi immédiatement la logique de monter au dernier étage par reflexe, la brume qui monte petit à petit, de quelques centimètres par heures, sans que cela en réalité ne change rien tout le long du film et ne vienne même pas mettre du bâton dans les roues des personnages, ou encore on aura ce chien qui lui parvient à vivre dans la brume pour poursuivre nos personnages sans que l’on sache pourquoi la brume n’a aucun effet sur les animaux. Ce manque de réponses, d’explications, ça a dérangé pas mal de monde. Pour ma part, j’y vois beaucoup plus une envie de réalisme pour raconter simplement une histoire à taille humaine. L’histoire épouse le point de vue des parents, et ne les quittera jamais, et du coup, évidemment, les seules informations disponibles pour le spectateur sont les informations également disponibles pour les personnages. Ça donne un côté simple, mais réaliste, un peu comme si nous nous trouvions dans une telle situation.

Visuellement, le film tient plutôt la route, et les rues de Paris envahies par la brume sont crédibles. Bon point donc, pour un genre normalement plutôt fauché en France. Et bien que reprenant les archétypes clés du genre tels qu’on les connait, Dans la Brume ne se lâche pas intégralement dans le sensationnel. La brume est installée mais ne bougera pas, et le plus grand danger sera donc les autres survivants que le couple pourra croiser sur leur chemin pour sauver leur fille, comme un méchant chien donc, ou encore quelques survivants peu enclins à aider les autres. Pour le reste, ce sont des éléments également attendus qui viennent relancer la machine, comme des bouteilles d’oxygènes quasi vides (même si elles tiennent sacrément longtemps en soit), des choix à faire, des sacrifices. Le film n’invente rien, mais pour un film Français s’aventurant dans le genre du film catastrophe, il s’en sort plutôt bien sans en faire des caisses, mais sans trop oser s’éloigner de ce qu’on pourrait attendre de lui. A la fois sa force donc, puisque bien rodé, bien filmé, bien interprété, mais aussi sa limite, face au manque de grosses vraies surprises, ainsi que son côté terre-à-terre poussé à l’extrême faisant que rien ne sera jamais expliqué, ce qui laissera beaucoup de monde sur sa faim. Pour ma part, rien de honteux, rien d’exceptionnel, mais un petit divertissement qui tient la route.

Les plus

Romain Duris et Olga Kurylenko, des valeurs sûres
Un film sobre
1h30 seulement, pas de détours
Un film catastrophe classique mais bien fichu

Les moins

Aucune explication sur rien, ça pourra déplaire
Respecte trop le cahier de charge, peu de surprises

En bref : Dans la Brume se tient tout du long à sa ligne de conduite. Une catastrophe, aucune explication, le point de vue de nos deux personnages et de la survie. Rien de novateur ou d’exceptionnel, mais un bon petit film.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Romain Duris and Olga Kurylenko, two great actors
♥ A simple film
♥ 90 minutes only
♥ A classical film about some catastrophic event, but made seriously
⊗ No explanations about anything, some will not like this
⊗ It follows the genre, so no real surprise
Just a Breath Away stays true to what it’s trying to do. A big event, no explanation, the point of view of the two main characters, and the survival. Nothing new, but a good little film.

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